Le modèle « juste en-dessous » essaye tant bien que mal d’offrir un brin de sportivité pour les conducteurs plus exigeants.
POSITIFS
  • Design convaincant
  • Un véhicule agile en ville
  • Rouage intégral
NÉGATIFS
  • Le prix demandé
  • Une connexion avec la route pas si convaincante
  • Pas de palettes derrière le volant

Ça change très vite dans l’automobile. Lorsque Hyundai a introduit le Kona pour l’année-modèle 2018, le petit multisegment urbain a bousculé les standards de cette catégorie de plus en plus courue. Depuis, plusieurs joueurs sont venus à leur tour chambouler le créneau utilitaire de poche, notamment le Kia Seltos ou le Chevrolet Trailblazer pour ne nommer que ceux-là.

Le populaire Kona se devait donc de contrattaquer avec une refonte de mi-parcours. Et c’est exactement ce qui se produit pour 2022 avec le multisegment habillé d’une robe toujours aussi singulière. Le Kona, on aime ou on déteste, tout simplement… bref tout le contraire d’une berline effacée des années 2000 finalement!

On peut également soulever l’hypothèse que le constructeur veut rapidement balayer la poussière sous le tapis depuis le rappel mondial des blocs de batteries de la version électrique du véhicule. Peu importe la raison, pour 2022 donc, Hyundai change son approche en simplifiant sa gamme quelque peu, la version turbo qui est désormais disponible uniquement avec l’écusson N-Line, une appellation moins « extrême » que le nouveau Kona N avec sa mécanique endiablée, ses jantes surdimensionnées et son échappement qui pétarade à chaque changement de rapport, j’exagère à peine!

J’ai donc repris contact avec cet exemplaire couleur « Plongée à Jeju » – oui, c’est le nom de la couleur –, question de voir si le Kona a encore cette étincelle qui m’avait séduit il y a un peu plus de trois ans déjà. Voici ce que j’ai retenu de cet essai réalisé avec des pneus d’hiver et une mince couche de neige.

Design : 8,5/10

Contrairement aux autres livrées du véhicule qui essaient tant bien que mal d’avoir ce look utilitaire avec des bas de caisse en plastique noir, la livrée N-Line s’approche de ce que le modèle N tente de faire avec sa carrosserie monochrome, son bouclier aéré et ses jantes au design complexe. Franchement, même si ces trois ouvertures au bout du capot ne sont pas authentiques, elles ajoutent au spectacle, tout comme les appendices aérodynamiques à l’avant, sur les flancs et à l’arrière où le pot d’échappement double fait sentir sa présence avec ses deux embouts chromés. C’est vrai, je l’avoue, certains traits de design du Kona sont assez complexes, mais c’est justement ce qui fait son charme.

Sécurité : 7,5/10

La version essayée n’était pas équipée de l’ensemble optionnel Ultimate (d’une valeur de 5 600 $), ce qui veut dire que l’arsenal de dispositifs de sécurité n’était pas complet. Peu importe, le premier élément de sécurité porte les lettres « AWD » et même s’il existe des systèmes de traction intégrale plus poussés, celui du Kona fait la différence lorsque la saison froide s’installe. Mais bon, de nos jours, tout bon véhicule qui se respecte se doit d’avoir une liste assez étoffée de systèmes conçus pour « sécuriser » les occupants. On compte parmi les systèmes embarqués l’assistance de sortie sécuritaire, l’assistance au maintien de voie, l’assistance en montée et contrôle du freinage en descente, l’alerte de baisse d’attention du conducteur, l’alerte d’occupant arrière, l’assistance à l’évitement de collision dans les angles morts, l’assistance à l’évitement de collision transversale arrière.

Habitabilité : 7/10

À ce chapitre, puisqu’il s’agit d’une refonte partielle, le volume intérieur du Kona est le même qu’en 2018. Et j’ai pu m’en rendre compte lors d’une visite au Costco pour préparer le temps des Fêtes : l’espace dans le coffre est vraiment compté et on ne parle pas d’un volume de minifourgonnette lorsque la banquette est repliée non plus. En fait, il n’aurait fallu que quelques boîtes supplémentaires à cette commande en prévision des vacances de Noël et du Jour de l’An pour que je doive demander à mon épouse de transporter sur ses genoux la marchandise restante. Non, le Kona n’est pas aussi volumineux que certains rivaux, tenez-le-vous pour dit!

Convivialité : 7,5/10

De nos jours, plus l’écran est large, mieux c’est! Cette livrée N-Line profitait tout de même d’un écran tactile de huit pouces de largeur, ce dernier qui n’occupait pas tout le panneau central logé au-dessus des buses de ventilation centrales. De plus, je me dois de mentionner que la réactivité de cet écran n’est pas aussi rapide que pour l’écran de 10,25 pouces livré avec l’ensemble Ultimate.

En revanche, j’ai bien aimé ces bonnes vieilles molettes pour la climatisation. C’est simple à utiliser et c’est tant mieux ainsi! Les autres commandes sont distribuées de part et d’autre du levier de la boîte de vitesses, pour les sièges chauffants, le volant chauffant, mais aussi les modes de conduite (Normal, Sport et Smart) grâce à cette petite molette judicieusement placée.

Confort : 7/10

Sur nos routes québécoises, le multisegment juché sur ses jantes de 18 pouces n’a pas aussi bien paru que sur l’île de Vancouver, la suspension qui avait du mal à garder le véhicule en contrôle sur les surfaces usées par le temps. De plus, l’insonorisation n’est pas la plus grande qualité du Kona, surtout quand on pousse un peu plus fort sur la pédale de droite.

En revanche, les sièges de la première rangée sont dans la bonne moyenne du segment en ce qui a trait au confort.

Agrément de conduite : 7,5/10

À son arrivée sur le marché, le Kona est venu chauffer le Mazda CX-3 à ce niveau. Le Kona, surtout avec la mécanique turbocompressée et cette boîte de vitesses à double embrayage, constituait une option amusante à conduire. L’ennui, c’est que depuis, le CX-30 est venu rectifier le tir avec son format plus intéressant et ses trois options mécaniques.

Bien entendu, pour les sensations fortes, c’est le Kona N qu’il faut viser, le hot rod de la famille qui reprend la mécanique 2,0-litres de la Veloster N et de la nouvelle Elantra N. Toutefois, le Kona N-Line possède un avantage sur son cousin survitaminé : quatre roues motrices. Eh oui, le bolide développé par les ingénieurs de la division N n’offre pas de traction intégrale, contrairement au Kona bleu que vous apercevez en ce moment.

Au risque de me répéter, le rouage intégral du véhicule n’est pas le plus performant sur le marché, mais le simple fait qu’il puisse compter sur cette béquille technologique lorsque les conditions météorologiques se détériorent est une bonne nouvelle pour ceux et celles à la recherche d’un peu plus de motricité.

Le Kona N-Line est même un peu plus vif que la version turbocompressée de l’an dernier, le moteur 4-cylindres turbo de 1,6-litre de cylindrée qui gagne 20 chevaux supplémentaires pour un total de 195, le couple maximal qui demeure à 195 lb-pi. Il manque tout de même cette cohésion ressentie au volant du Mazda CX-30 par exemple. La direction pourrait être un peu plus précise, tandis que la boîte de vitesses à double embrayage gagnerait à être plus rapide dans ses changements de rapport. Même constat au niveau de la suspension qui rappelle les origines modestes du Kona; cette dernière a du mal à filtrer les routes usées.

Cette version médiane du Kona est sans contredit plus énergique que le modèle de base, mais force est d’admettre que même ces améliorations pour 2022 n’arrivent pas à déloger le CX-30 pour l’expérience de conduite.

Puissance : 8,5/10

Le gain en puissance est intéressant, Hyundai qui offre vraiment une gamme équilibrée de motorisations 4-cylindres. Avec près de 200 chevaux, le moulin du Kona N-Line est amplement suffisant pour les aléas du quotidien. L’amateur de performances en moi aurait aimé une sonorité un peu plus rauque, mais bon, il semble que cette facette soit réservée au modèle superformant.

Économie de carburant : 7,5/10

L’ÉnerGuide canadien annonce une moyenne en ville de 8,8 L/100 km et de 7,4 L/100 km sur route. Il faut toutefois éviter d’utiliser le mode de conduite Sport pour enregistrer une économie de carburant exemplaire. Dans mon cas, j’ai plutôt flirté avec les 9 litres aux 100 km durant ma semaine d’essai. Les allez et venus en ville n’ont certainement pas aidé. Mais bon, n’oublions pas que nous avons affaire à un multisegment de près de 200 chevaux équipé d’une traction intégrale, des chiffres qui, il n’y a pas si longtemps, appartenait à la catégorie des voitures sport.

Caractéristiques : 8/10

Comme je le mentionnais plus tôt, le Kona N-Line essayé ne profitait pas de l’ensemble Ultimate assez onéreux. Il manquait donc quelques joujoux à bord du Kona régulier le plus habillé – parce que le Kona N n’a vraiment rien de « régulier ». L’assistance des phares haute intensité, l’aide au stationnement à reculons, l’assistance d’évitement de collision avec détection des piétons et des cyclistes, le régulateur de vitesse adaptatif avec fonction arrêt/démarrage, l’écran tactile de 10,25 pouces, l’écran digital derrière le volant, le toit ouvrant, les sièges ventilés ou la chaîne audio harman/kardon (pour ne nommer que ces options-là) ne faisaient pas partie de l’équipement de base de ce modèle.

Valeur : 6/10

À près de 29 000 $, le Hyundai Kona N-Line 2022 n’a vraiment rien d’une aubaine, mais de toute manière, le choix de véhicules abordables fond comme neige au soleil chaque jour. Il ne faut donc pas s’étonner que même un petit multisegment de poche dans sa version la plus vitaminée – si on exclut le monstre de puissance N – vienne flirter avec les 30 000 tomates. En ajoutant les frais de livraison et les taxes, la livrée N-Line s’approche dangereusement des 40 000 $. Ouch!

Conclusion

Ce troisième contact avec le Hyundai Kona – et mon premier avec la livrée N-Line – confirme ce que je craignais : ça change très vite dans cette industrie. En 2018, j’étais tombé en amour avec ce véhicule pour son homogénéité, son look électrisant et même son agrément de conduite. Force est d’admettre que le look est encore l’une de ses forces, tout comme pour l’équipement relativement complet, sans oublier l’homogénéité. Mais, en ce qui a trait à l’agrément de conduite, cette version médiane n’est plus une première de classe.

Heureusement pour Hyundai – et les autres constructeurs par le fait même –, la majorité des acheteurs intéressés par ces petits véhicules se moquent plus souvent qu’autrement de cet aspect.

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée 1,6L   Modèle à l'essai Hyundai Kona N-Line 2022
Nb. de cylindres L4   Prix de base 28 099 $
Puissance 195 ch   Taxe climatiseur 100 $
Couple 195 lb-pi   Frais transport et préparation 1 825 $
Consommation de carburant 8,8 / 7,4 / 8,2 L/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 30 224 $
Volume de chargement 544 / 1,297 L  
Équipement en option
200 $ – Peinture Bleu « Plongée à Jeju », 200 $