Sous ce design unique se cache un VUS beaucoup moins triste que par le passé.
POSITIFS
  • Agrément de conduite
  • Consommation de carburant
  • Qualité de construction à la hausse
NÉGATIFS
  • Design polarisant
  • Espace troisième rangée très limité
  • Plus cher qu’un Nissan Rogue!

Mitsubishi Outlander 2022 : essai routier

La marque aux trois diamants est arrivée au pays en 2002 avec un alignement assez garni pour un constructeur qui débarquait officiellement en sol canadien. Vingt ans plus tard, les choses ont bien changé : le coupé Eclipse s’est transformé en multisegment (Eclipse Cross), la mythique Lancer Evolution est carrément disparue du paysage et les 4x4 robustes du début du siècle (Montero et Montero Sport) ne sont plus qu’un souvenir lointain.

Seul l’Outlander est encore en service, le VUS compact qui a progressé au fil des années, coiffant même l’industrie locale en se positionnant comme le tout premier utilitaire hybride rechargeable grand public.

Pour 2022, le Mitsubishi Outlander a droit à une première métamorphose depuis 2016, le VUS qui partage désormais son architecture avec un certain Nissan Rogue. C’est que, voyez-vous, Mitsubishi est désormais un membre à part entière de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Et comme c’est très souvent le cas, le partage de composantes permet aux constructeurs impliqués de sauver de larges sommes d’argent au niveau du développement. Il serait donc facile de déclarer que le nouvel Outlander n’est qu’un Rogue déguisé, mais ce n’est pas aussi simple. J’ai donc pris l’utilitaire compact pour un essai printanier de quelques jours afin de découvrir ses particularités. Voici ce que j’ai retenu.

Design : 7.5/10

Commençons par l’extérieur très polarisant du VUS. En premier lieu, je me dois de souligner l’énorme disparité entre le Nissan Rogue introduit sur le marché l’automne dernier et le nouveau Mitsubishi Outlander. Rien, mais absolument rien ne rappelle la silhouette du modèle Nissan. C’est vrai que le positionnement des phares à l’avant – c’est-à-dire au centre plutôt qu’en position élevée – est la même que pour le cousin de plateforme, mais le design des phares, des feux de jour et des antibrouillards est unique au Mitsubishi.

Même son de cloche à l’arrière où les feux de position amincis de l’Outlander n’ont rien à voir avec ceux du Rogue. À ce sujet, mon garçon m’a souligné que le postérieur du Mitsubishi ressemblait aux récents multisegments de BMW; il n’a pas tort, du moins si on s’en tient uniquement aux feux amincis du véhicule. De profil, les deux partagent un toit flottant, ainsi que des piliers noircis, mais là s’arrêtent les comparaisons. Le large pilier C du Mitsubishi n’est pas sans rappeler les 4x4 d’antan de la marque. Une chose est sûre, le nouvel Outlander 2022 ne ressemble vraiment à aucun autre véhicule de son créneau, un exploit de nos jours.

Mentionnons aussi le fait que mon véhicule d’essai – une livrée GT Premium – était équipé de jantes de 20 pouces, la plus grosse pointure de la catégorie et un pouce de plus que le Rogue le plus équipé (Platine). Les autres jantes de l’Outlander (sur les livrées ES et SE) ont une taille de 18 pouces, contrairement au Rogue qui doit se contenter de roues de 17 pouces.

Quant au look du véhicule, il a suscité beaucoup de commentaires négatifs, surtout à cause de son museau, mais également plusieurs pouces en l’air. Mitsubishi n’a clairement pas fini d’entendre parler de son populaire VUS.

Puissance : 7.5/10

Avec 181 chevaux et 181 lb-pi de couple, le 4-cylindres atmosphérique de 2,5-litres offre exactement les mêmes chiffres que son collègue Nissan. Le moteur fait équipe avec une boîte de vitesses à variation continue (CVT) qui, aux dires de ses concepteurs, offre un comportement plus proche de celui d’une boîte automatique que l’élasticité riche en décibels d’une CVT. Quant au rouage intégral S-AWC, il est d’office sur toutes les versions. Il est vrai que l’Outlander est un peu en retrait au niveau de la puissance face à certains concurrents, mais ce n’est pas dramatique à mon avis, surtout quand on tient compte de la vocation du modèle.

Agrément de conduite : 8/10

C’est fou ce qu’un pouce peut faire à un véhicule. Ici, la taille des jantes de 20 pouces est à l’origine de cette sportivité marquée de l’Outlander. Le Nissan Rogue essayé plus tôt cet hiver a démontré un bel aplomb, mais les sabots surdimensionnés du Mitsubishi améliorent un tantinet les réactions de la direction, un détail qui devrait être amplifié par les pneus quatre saisons. Le véhicule d’essai était muni de pneus d’hiver. L’envers de la médaille, c’est que ces immenses roues rendent le véhicule inconfortable sur une chaussée usée. Et n’oublions pas le prix exorbitant des pneus de 20 pouces dans l’équation!

La direction en donne juste assez au conducteur pour qu’il s’amuse un brin derrière le volant. Le groupe motopropulseur n’est certainement pas une foudre de guerre, mais je dois l’admettre, la boîte de vitesses offre un comportement un peu moins gommant que par le passé… et surtout moins criard! À l’instar du Rogue toutefois, le régime moteur ne redescend pas aussi bas que par le passé lorsque la vitesse de croisière est atteinte, ce qui fait en sorte qu’on entend constamment le moteur dans l’habitacle, même sur l’autoroute à 100 km/h.

L’autre point en commun avec le modèle Nissan se trouve non loin du levier de vitesses. En effet, la molette de sélection de modes de conduite, quoique celle-ci propose six modes (Eco, Normal, Tarmac, Gravel, Boue et Neige) contrairement à cinq pour le Rogue. Malheureusement, tous les kilomètres parcourus se sont déroulés sur l’asphalte. Je n’ai donc pas pu découvrir les particularités des modes « hors route », mais Mitsubishi promet que les paramètres sont différents avec ceux-ci.

Confort : 7.5/10

Je me répète, mais les jantes de 20 pouces nuisent au confort lorsque le bitume est bosselé. Et l’ennui, c’est que Mitsubishi n’offre les jantes de 18 pouces que sur les deux livrées les plus abordables. Sur une chaussée lisse toutefois, l’Outlander est doux comme un agneau.

Sécurité : 8.5/10

Puisque le VUS Mitsubishi partage sa technologie avec le Rogue, vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’il se voit également confier la suite de dispositifs de sécurité du Nissan. Rebaptisé MI-PILOT (au lieu de ProPILOT chez Nissan), le système s’occupe de garder le véhicule entre les deux lignes sur l’autoroute. Malheureusement, ce dernier s’est avéré décevant, le véhicule qui oscillait sans cesse entre les deux lignes sur l’autoroute. Ça devient agaçant au fil des kilomètres. Bref, j’ai passé la majeure partie mon temps à conduire le véhicule sans le régulateur de vitesse engagé.



En revanche, la liste des gadgets de sécurité est assez impressionnante, comme vous pouvez le constater : assistance au freinage d’urgence, assistance à la stabilité de la remorque, contrôle en descente, assistance au démarrage en côte, alerte de siège arrière, capteurs de stationnement arrière, avertisseur de sortie de voie, assistance au changement de voie, freinage d’urgence autonome en marche arrière, atténuation de collision avant, surveillance de l’état du conducteur, surveillance des angles morts, alerte de circulation transversale arrière et j’en passe.

Convivialité : 8/10

La planche de bord a beau être exclusive à chacun des modèles utilitaires, l’essentiel des commandes est disposé au même endroit. Même les écrans – celui derrière le volant et celui au centre de la planche de bord – partagent sensiblement les mêmes menus, idem pour les graphiques. À ce niveau, l’Outlander s’améliore grandement face à son prédécesseur qui devait composer avec un système vieillot et dépassé. L’écran répond bien et la grosseur des icônes est de bonne taille. J’aime aussi les boutons logés sous l’écran. Les commandes de la climatisation, quant à elles, sont regroupées sous l’écran non loin de la console centrale.

L’autre première pour le Mitsubishi le plus imposant se trouve au niveau du pare-brise, l’afficheur tête haute qui vient faciliter la vie du conducteur avec plusieurs informations utiles comme la vitesse, la navigation ou même le poste de radio syntonisé.

Habitabilité : 8/10

En bon VUS compact, l’espace aux deux premières rangées de l’Outlander est équivalent à celui de n’importe quel concurrent logeable (Chevrolet Equinox, Honda CR-V, Nissan Rogue, Toyota RAV4, etc.). Mais, là où l’Outlander se couvre de ridicule, c’est au niveau de sa troisième banquette. J’ai tenté de m’asseoir à cet endroit, mais mes pieds étaient pincés par la banquette de deuxième rangée, tandis que je devais pencher ma tête quelque peu. Autrement dit, cet avantage « sept passagers » fonctionne seulement si de jeunes enfants y prennent place. D’autant plus que la hauteur des appuie-têtes est incroyablement imposante et nuit à la vision arrière lorsque ceux-ci restent en place. C’est bien d’avoir l’option, mais n’oubliez pas que cette banquette n’est là que pour dépanner. Ce que j’essaye de vous dire, c’est que cet équipement ne devrait pas vous convaincre à lui seul d’acheter l’Outlander, car vous serez grandement déçus.

Économie de carburant : 8/10

Là-dessus, l’Outlander a bien fait, étant donné que j’ai effectué un trajet assez long sur l’autoroute et la moyenne enregistrée tournait autour des 9,4 L/100 km, soit 0,3 L de moins que la moyenne calculée en ville par l’EnerGuide canadien. Avec des accélérations plus douces, le véhicule placé en mode ECO et le régulateur de vitesse limité à 100 km/h, j’aurais certainement réussi à abaisser cette marque.

Caractéristiques : 8.5/10

En livrée GT Premium, l’Outlander ne peut être plus complet. L’équipement est très relevé, du système de navigation aux sièges en cuir, sans oublier la recharge par induction d’un appareil intelligent. L’afficheur tête haute est un autre gadget que j’adore tout comme l’alerte de siège arrière qui vous rappelle de jeter un coup d’œil aux rangées derrière avant d’abandonner votre véhicule pour quelques heures. L’ensemble Premium n’est pas obligatoire, surtout si le cuir sur la planche de bord ne vous dit rien. Mais, pour profiter de toute la technologie disponible, il faut à tout prix choisir la livrée GT.

Valeur : 7.5/10

À 42 000 $ et des poussières, le Mitsubishi Outlander 2022 n’est vraiment pas une aubaine, surtout lorsqu’on le compare à un Nissan Rogue Platine dont le prix de départ est près de 1 500 $ de moins et que l’équipement entre les deux modèles est équivalent. Bon, c’est vrai que l’Outlander a des jantes de 20 pouces, deux places additionnelles et un mode de conduite supplémentaire, mais est-ce suffisant pour vous faire passer du côté Mitsubishi? La question mérite d’être posée. Malgré tout, cette somme est celle qu’il faut prévoir pour accéder aux livrées les plus équipées de la catégorie.

Conclusion

Avec la quatrième génération du modèle, l’Outlander va-t-il enfin se mesurer aux ténors de son groupe? En adoptant le squelette et les caractéristiques de son cousin Nissan, le Mitsubishi Outlander 2022 est définitivement plus séduisant, quoique le design pourrait effrayer quelques consommateurs potentiels. Plus sportif, mieux fini et unique en son genre, l’Outlander ne laisse personne indifférent, mais est-ce assez pour supplanter des gros noms comme CR-V, RAV4, Escape, Equinox, etc.? Je ne pense pas, mais sous cette robe polarisante se cache un VUS moins triste que par le passé, c’est certain!

Sous ce design unique se cache un VUS beaucoup moins triste que par le passé. 2021-04-06 08:00:00

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée 2,5L   Modèle à l'essai Mitsubishi Outlander GT Premium 2022
Nb. de cylindres L4   Prix de base 41 678 $
Puissance 181 ch   Taxe climatiseur 100 $
Couple 181 lb-pi   Frais transport et préparation 1 650 $
Consommation de carburant 9,7 / 7,8 / 9,0 L/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 43 878 $
Volume de chargement 332 / 950 / 2 218 L derrière la 3e/2e/1re rangée  
Équipement en option
450 $ – Ensemble Premium, 450 $