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Motos et VTTs

Honda VFR800: le grand retour - Essai routier de Jacob Black

Honda VFR800: le grand retour

Cela faisait déjà une demi-décennie que la VFR800 n’était plus au menu sur le marché canadien. En effet, cette moto de sport-tourisme avait progressivement été reléguée dans l’ombre de sa grande soeur de 1200 cc, qui se démarquait par son plus grand confort.

La VFR1200 était clairement le modèle mis en vedette par Honda, alors que la 800 se contentait du rôle de faire-valoir. Malgré tout, la VFR800 comptait tout de même sur une clientèle fidèle. Ainsi, dès l’arrêt de sa mise en marché au Canada, de voix envieuses des consommateurs européens et d’ailleurs dans le monde se sont fait entendre pour implorer le retour du modèle, souvent vanté pour son équilibre parfait.

En effet, il s’agit d’une de ces motos qui procurent un grand sentiment de liberté grâce à sa grande polyvalence d’utilisation. Moto confortable au long cours, bien entendu, elle ne concède toutefois que peu de compromis en matière de conduite sportive. Sur les grandes sections droites d’autoroute, la VFR procure tout le confort dont on s’attend d’une moto de grand tourisme: guidon légèrement surélevé, bracelets relevés, pare-brise de bonne hauteur et siège réglable en hauteur. Mais ne vous y détrompez pas: la VFR800 permet d’attaquer les sections sinueuses avec plus de virilité, si c’est ce que vous recherchez.

La nouvelle VFR800 reprend à son compte certains des ingrédients qui ont fait recette sur sa devancière: monobras oscillant, profil anguleux et l’emblématique poignée de selle du passager. Parmi les nouveautés, on retrouve des poignées chauffantes et un embrayage semi-automatique QuickShifter.

Motorisation unique sur le marché

Malheureusement, ou pas (certains ne s’en désolent pas), les radiateurs latéraux et l’échappement 4-dans-2-dans-1 se terminant sous la selle ont disparu, laissant la place à des radiateurs conventionnels et à un 4-dans-1 en position basse. De plus, les aficionados de la VFR remarquent immédiatement sa largeur amincie. Alors que l’on pouvait qualifier les formes de l’ancienne VFR de généreuses et utilitaires, la nouvelle est décidément svelte et agile, au grand bonheur des pilotes de plus petit gabarit. Non seulement la VFR800 est-elle plus étroite, mais elle est aussi plus légère, faisant osciller la balance à 239 kg (526 lb), tous pleins faits, soit une réduction de 10 kg sur la génération précédente.

Toutefois, une constante demeure: la VFR800 reprend le même doux et linéaire moteur en V à 90 degrés à distribution variable VTEC. Ce moulin est associé à un système de contrôle de la traction de dernière génération, qui peut toutefois être désactivé à la simple pression d’un bouton sur la poignée gauche, car on ne sait jamais, un wheelie est parfois une nécessité...

La génération précédente du VFR800 VTEC obligeait à un certain respect: une inattention prolongée risquait de vous arracher les poignées des mains, une situation périlleuse à moto s’il en est une. Cette mouture est nettement plus raffinée et douce que l’ancienne. On remarque aussi que l’harmonique du moteur est plus étouffée, il faut y porter une bonne attention pour en apprécier chacune des notes. Malgré tout, ce bloc en aluminium livre un couple constant jusqu’à sa limite de 12 000 tours/minute.

Honda n’indique pas la puissance du moteur en Amérique du Nord, mais on peut se fier à la mesure sur dynamomètre effectuée par Cycleworld.com, qui a révélé une pointe de puissance à 94 hp et de couple à 53 lb-pi. La limite autoroutière de 100 km/h s’atteint en un clin d’oeil et il reste toujours assez de puissance pour imposer sa présence dans la circulation plus lourde, même à deux occupants. Le sélecteur à six vitesses est un véritable plaisir à exploiter; il est difficile d’imaginer ce que l’option QuickShifter peut lui ajouter.

Agilité

L’essai de la VFR800 suivait immédiatement celui de la Honda CBR650F: nous avons été impressionnés par l’agilité de cette machine de tourisme nettement plus imposante. En effet, ses amortisseurs ajustables en pré-charge de 43 mm ne peinaient nullement à conserver son pneu 120/70 ZR 17 bien accrochés à la route, alors que le monoamortisseur ajustable Pro-Link HMAS s’occupait du confort de roulement à l’arrière.

Ainsi, une sortie de courbe plus appuyée entraîne un accroupissement de la suspension arrière, mais sans perte de traction, alors que les inscriptions en courbe sont précises et rapides. L’amortisseur arrière s’ajuste grâce à une poignée déportée qui ne nécessite aucun outil, ce qui permet de rapidement sélectionner le taux d’amortissement le plus approprié, notamment lors d’un déplacement à deux.

En fait, la présence d’un passager améliore même la tenue de route de la VFR, puisqu’elle permet d’exploiter toute la friction générée par le boudin arrière, ce qui est par exemple très agréable en entrée d’autoroute. La suspension absorbe bien toutes les bosses et tous les creux, même à deux. Je suspecte qu’il est possible d’atténuer le caractère nerveux de la suspension démontré en conduite solo en portant une plus grande attention à ses divers réglages.

Puissance de freinage

Dieu merci, Honda n’a pas équipé la VFR800 d’un système de freinage intégral, même si l’antiblocage demeure offert de série. Les deux disques flottants de 310 mm avec étriers radiaux à 4 pistons génèrent une phénoménale puissance d’arrêt si vous en avez besoin, même si ce type de moto n’incite pas nécessairement à une conduite aussi virile. La VFR m’a plutôt convié à la conduire de façon légèrement appuyée, mais toujours en douceur, soit un bon compromis entre la vitesse pure et une conduite tourisme plus passive.

Une résurrection?

La VFR800, offerte en rouge victoire Honda ou en blanc perlé, constitue à la fois un retour aux sources pour Honda en Amérique du Nord, tout en ouvrant toutes grandes les portes sur l’avenir. Particulièrement dans sa livrée blanche, la VFR800 fait tourner les têtes. Elle intéresse les conducteurs moins expérimentés ainsi que les pilotes qui reviennent à leurs amours de jeunesse et qui sont à la recherche d’une monture compétente dans les deux aspects sport et tourisme, que ce soit pour se rendre au chalet la fin de semaine ou pour transporter un ami.