Sous cette silhouette très classique se cache une redoutable voiture sport.
POSITIFS
  • Voiture sport et discrète
  • Tenue de route impressionnante
  • Mécanique dynamique
NÉGATIFS
  • Espace restreint
  • Suspension sèche (pneus à affaissement limité)
  • Options coûteuses

Mercedes-AMG A 35 2021 : essai routier

Le segment des sport compactes est assez garni depuis quelques années. Du côté généraliste, on retrouve les deux rebelles que sont la Honda Civic Type R et la Hyundai Veloster N, tandis que les puristes attendent impatiemment le retour de la Volkswagen Golf R en 2022. Du côté luxueux, on peut mentionner l’Audi S3 (et même l’incroyable RS3), la BMW Série 2 Gran Coupé munie du gros moteur (M235i xDrive) et la Mercedes-AMG A 35, livrable en format berline ou bicorps.

C’est cette dernière version que j’ai pu mettre à l’épreuve sur une route sinueuse et légèrement bosselée des Laurentides, la livrée A 35 qui occupe la position médiane dans l’alignement de la Classe A entre les A 220 et A 250 et la berline-coupé CLA 45 également développée par les sorciers de l’aile sportive. En toute franchise, la CLA 45 est une bête qui ne peut qu’être exploitée à sa pleine valeur en circuit fermé, un endroit contrôlé et sécuritaire… à l’abri des forces de l’ordre!

C’est là qu’entre en scène cette A 35, une rivale avouée de la prochaine Volkswagen Golf R qui, à l’instar de la représentante de Stuttgart, se présente en version hatchback. Reste maintenant à savoir si le modèle de performance a ce qu’il faut pour inquiéter les dirigeants de Wolfsburg.

Puissance : 9/10

Réglons tout de suite la question de la puissance, le moteur 4-cylindres turbo de 2,0-litres qui livre 302 chevaux et 295 lb-pi, des chiffres suffisamment élevés pour perdre son permis de conduire en moins de temps qu’il n’en faut pour épeler Mercedes-AMG A 35 2021. La mécanique est heureusement contrôlée par le rouage maison 4MATIC. Sachez aussi que même si le moteur est familier au 2,0-litres d’ancienne génération, les ingénieurs ont passablement peaufiné le moulin afin qu’il soit à la fois plus écoénergétique et plus performant. Finalement, l’engin fait équipe avec une boîte automatique à double embrayage comptant sept rapports, l’unité qui propose bien entendu un mode manuel grâce aux palettes logées derrière le volant.

Agrément de conduite : 9/10

Je n’étonnerai personne en affirmant que l’A 35 est conçue pour accrocher un sourire au visage de son conducteur. Au diable le nombre de litres dans l’habitacle ou la consommation moyenne d’essence, l’A 35 se concentre sur un seul élément : l’agrément de conduite. À ce chapitre, la plus petite Mercedes disponible chez nous livre la marchandise.

Le châssis renforcé est plus rigide que jamais, tout comme la suspension ajustable qui se raffermit suffisamment pour rendre la conduite désagréable sur un tracé usé par le temps. Sur une belle route, c’est franchement mieux, même en mode SPORT+ où tous les paramètres sont optimisés. Ici, les pneus d’hiver à affaissement limité sont responsables de cet inconfort marquant, la portion plus sinueuse de mon tracé qui s’est transformé en un festival du sautillement. Je n’exagère même pas. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’atténuer cette rigidité avec le mode INDIVIDUAL qui permet au conducteur d’ajuster les paramètres comme bon lui semble.

Si la direction mérite un brin précision supplémentaire, le reste de l’expérience de conduite de cette A 35 est tout à fait dans le ton des meilleures voitures sport de poche. La mécanique est explosive et plaisante à entendre lors des accélérations, la tenue de route est dure à prendre en défaut (même avec des pneus d’hiver) et le plaisir croît avec l’usage, tout ce que doit être une pure survitaminée. Bon, oui c’est vrai, une boîte manuelle serait bien, mais Mercedes-Benz n’en a pas pour nous et de toute manière, l’unité à double embrayage à sept rapports n’a rien à se reprocher!

Confort : 6/10

C’est vraiment dommage que les pneus installés sur cette A 35 AMG soient à affaissement limité, car ces pneus ont la réputation d’être très rigides et ça paraît sur la route. Sans ces semelles spécifiques, le confort de l’A 35 AMG serait grandement amélioré à mon avis. Le châssis de la voiture est également à blâmer ici. C’est le prix à payer pour conduire une bombe aussi pointue.

Design : 8.5/10

Cet exemplaire de l’A 35 AMG n’était pas habillé de l’ensemble Nuit (1 000 $) ou de l’ensemble Aérodynamique AMG (1 500 $) qui, ensemble, ajoutent un brin d’agressivité à la silhouette de la Classe A. En effet, sans le massif aileron qui surplombe la lunette arrière – il y a tout de même un becquet par-dessus la lunette arrière –, l’A 35 AMG est sage comme une image.

D’ailleurs, l’absence de l’ensemble Nuit laisse en place les détails chromés à l’avant et sur les flancs de la voiture. Bref, sans ces deux groupes optionnels d’apparence, la petite sportive ressemble à toutes les autres Mercedes-Benz classiques sur la route. Oui, c’est vrai que le bouclier de l’A 35 AMG est exclusif à ce modèle, tout comme la portion arrière truffée de ces deux pots d’échappement logés de part et d’autre du diffuseur fonctionnel, mais règle générale, la petite se fond à la circulation telle un espion russe durant les folles années de la Guerre froide.

Je l’avoue, j’aime beaucoup ce petit côté « sleeper », la petite qui ne laisse rien paraître, à part peut-être la sonorité rauque de son échappement.

Sécurité : 7/10

Malgré son caractère sportif, l’A 35 AMG ne néglige pas la sécurité de ses occupants. Grâce au groupe optionnel Haut de gamme (3 200 $), la petite AMG bénéficie notamment de l’avertisseur d’angle mort, l’avertissement de sortie du véhicule et l’aide active au stationnement. Toutefois, la voiture vient d’office avec l’aide au freinage actif. Malheureusement, l’ensemble Technologie (1 600 $) ne faisait pas partie de l’équipement ajouté à cette A 35 AMG, ce dernier qui inclut l’assistance adaptative des feux de route et l’assistance de régulation de distance DISTRONIC actif.

Malgré l’absence de quelques dispositifs de sécurité – inconcevable à mon avis en 2021 –, le réel élément de sécurité se trouve derrière le volant, le conducteur qui a entre les mains une bombe très agile et très amusante à conduite. C’est donc à lui de s’assurer qu’il reste sur la route, notamment grâce au rouage intégral 4MATIC.



Convivialité : 8/10

Il semble que le tandem d’écrans soit sur son départ, du moins si on se fie à l’introduction de la nouvelle Classe S qui propose dorénavant un écran central proéminent au lieu de ce vaste rectangle dont la portion centrale est tactile. Mais bon, Mercedes-Benz ne va pas changer tous ses habitacles à cause d’une seule berline destinée à une clientèle plus huppée.

Pour naviguer à travers les nombreux menus du système infodivertissement, l’utilisateur n’a qu’à toucher l’écran pour faire défiler les applications et autres fonctions. Mais, il est aussi possible d’utiliser le pavé tactile qui, au détriment des solutions similaires employées chez Lexus ou Acura, fonctionne plutôt bien… après une période obligatoire pour apprivoiser ce dernier. Je trouve malgré tout qu’il y a beaucoup de boutons dans l’environnement du conducteur – notamment sur le volant multifonctions et au niveau de la console centrale –, ce qui force à regarder par terre à l’occasion pour trouver ce qu’on recherche.

Habitabilité : 7/10

La Classe A de Mercedes-Benz n’est pas une grande voiture. Donc, pour le côté utilitaire, il serait judicieux de regarder ailleurs. Mais, face aux rivales de son créneau, l’A 35 AMG a au moins l’avantage de venir avec un hayon, une solution plus flexible pour accueillir certains objets volumineux. La Série 2 Gran Coupé de BMW et l’Audi A3 offrent sensiblement le même nombre de litres que la Classe A à hayon, mais l’ouverture de leurs coffres respectifs est limitée. L’espace à la première rangée est raisonnable et un peu plus serré à l’arrière. Au risque de me répéter, l’A 35 AMG est une petite voiture!

Économie de carburant : 7/10

Je l’avoue, j’ai priorisé une conduite dynamique lors de cette longue journée passée derrière le volant de la Classe A vitaminée. C’est ce qui explique ma moyenne de 10,8 L/100 km, soit un peu plus d’un litre au-dessus de la moyenne officielle calculée par l’EnerGuide canadien. En effet, l’outil fourni par Ressources naturelles Canada parle d’une moyenne de 10,6 L/100 km en ville et 8,2 L/100 km sur route. Le mode SPORT a faussé la consommation de carburant de cet essai. C’est ce qui arrive quand une si petite voiture se voit confier une mécanique de 302 chevaux!

Caractéristiques : 8/10

Ne vous fiez pas à la taille, la Mercedes-AMG A 35 2021 est déjà bien nantie à la base. Certes, il faut débourser l’équivalent d’une voiture sous-compacte en options pour avoir droit à tout ce qui est disponible au carnet des options. Oui, cette voiture peut se vendre au-delà des 65 000 $.

Mais, d’emblée, la planche de bord vient d’office avec les deux écrans, le pavé tactile pour naviguer à travers les menus, la sellerie en cuir, la mémoire pour le siège du conducteur et de la colonne de direction, le système à commande vocale MBUX, l’information sur la circulation, le toit panoramique, la climatisation automatique, et bien plus encore. L’équipement pourrait sans doute être plus complet, mais pour une voiture d’entrée de gamme du côté luxueux, l’A 35 AMG en fait juste assez.

Valeur : 6/10

À un prix de départ de 49 800 $, l’A 35 AMG est déjà une voiture dispendieuse. Disons seulement que ça coûte cher du pied carré! Et les quelques groupes d’options peuvent rapidement gonfler la facture. C’est vrai qu’il y a un certain prestige à repartir au volant d’une voiture comme la Classe A de Mercedes-Benz, mais l’amateur de sensations fortes n’est peut-être pas à la recherche du prestige derrière l’étoile d’argent. Tout ce qu’il veut, c’est de conduire une bombe au quotidien, ce que peut lui fournir une Volkswagen Golf R ou même une Honda Civic Type R à moindre prix.

Conclusion

Sous cette silhouette de petite voiture compacte classique en noir et chrome se cache une belle surprise. La Mercedes-AMG A 35 2021 a tout ce qu’il faut pour accrocher un sourire au visage de son conducteur ou de sa conductrice, si lui ou elle n’a pas de réticence à supporter cette suspension sport.

Sous cette silhouette très classique se cache une redoutable voiture sport. 2021-04-01 06:25:00

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée 2,0L   Modèle à l'essai Mercedes-AMG A 35 2021
Nb. de cylindres L4   Prix de base 49 800 $
Puissance 302 ch   Taxe climatiseur 100 $
Couple 295 lb-pi   Frais transport et préparation 2 100 $
Consommation de carburant 10,6 / 8,2 / 9,5 L/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 55 200 $
Volume de chargement 370 / 1 210 L sièges rabattus  
Équipement en option
3 200 $ – Ensemble Haut de gamme, 3 200 $