Une histoire de couple
POSITIFS
  • Capacités hors routes
  • Couple hyper généreux
  • Style et conduite uniques
NÉGATIFS
  • Comportement routier parfois brouillon
  • Insonorisation perfectible
  • Gamme de prix
Jeep Wrangler EcoDiesel 2020 : essai routier

Dans l’histoire du Jeep Wrangler nord-américain, jamais une version équipée d’un moteur diesel n’a été offerte. Ceux qui attendaient ce moment avec impatience sont maintenant comblés. En effet, au catalogue de 2020 figure une version EcoDiesel, la marque de commerce adoptée par les produits FCA (Fiat Chrysler Automobiles) équipés d’une telle solution mécanique.

Pour prendre le pouls de cette nouvelle mouture, un petit détour dans le sud de l’Utah nous a été proposé par Jeep. Au programme, des séances de conduite sur route, et hors route, afin de voir ce que cette icône de la marque Jeep avait de nouveau dans le ventre, littéralement.

Design : 10/10

Rien ne ressemble à un Jeep Wranger sur le marché. Rien. Conséquemment, le modèle profite au départ d’un préjugé favorable en raison de son unicité. Attention toutefois, pas question de lui accorder un passe-droit. Le Pontiac Aztek aussi était unique, mais le regarder trop longtemps donnait la nausée. Avec le Wrangler, c’est l’inverse ; l’exécution est sans faille. Le style est singulier, respecte la tradition et est rempli de petits détails qui font toute la différence. Un exemple ? Ces crochets pour le capot. Pas nécessaire, mais juste cool. Faites le tour du véhicule et vous découvrirez ce genre d’attentions à la tonne.

Pour ce qui est la version diesel, elle n’est offerte qu’avec les déclinaisons Unlimited, les modèles à quatre portes. Une seule chose permet de la différencier, soit un petit collant apposé sur le hayon. Son design est joli, mais il a été obtenu au rabais. Au prix demandé pour le véhicule, on aurait franchement pu y aller avec quelque chose de plus solide.

Sécurité : 6,5/10

En matière de sécurité, le Wrangler sert l’essentiel et il n’y a rien de nouveau à signaler avec cette variante à moteur diesel. Soulignons qu’avec ce produit, qui n’est pas le plus agile sur la route, la sécurité débute avec le comportement de celui qui se trouve derrière le volant.

Habitabilité : 7/10

Ici, tout dépend de vos attentes. Le Wrangler n’est pas le VUS le plus logeable sur le marché ni celui qui propose l’aménagement intérieur le plus intelligent ou polyvalent. Bref, il existe mieux lorsqu’on aime voyager bien chargé. En revanche, son caractère passe-partout, son intérieur facilement nettoyable, sa capacité à sortir n’importe quel autre véhicule d’impasse, tout ça n’est pas à négliger.

En fait, vous allez trouver le Wrangler pratique si vous l’utilisez à bon escient. Si vous troquez votre Jeep Grand Cherokee pour lui, vous allez trouver le temps long.

En fait, le Wrangler appartient à une catégorie unique et, fait rare, ses acheteurs sont probablement les plus renseignés. Ils savent exactement à quoi s’attendre de leur acquisition.

Convivialité : 6/10

On ne vous racontera pas de menteries; le quotidien avec un Wrangler demande un certain nombre de sacrifices. La position de conduite n’est pas inconfortable, mais elle ne favorise pas le grand confort. Nuance. Les commandes demandent une certaine période d’adaptation. Bien installé au volant, certaines parties de l’instrumentation nous sont invisibles. Le rangement à bord n’est pas optimal, non plus. Bref, il faut seulement en être conscient et savoir qu’on ne choisit pas ce véhicule pour sa façon de nous dorloter ou de nous accommoder.

Caractéristiques : 8/10

Lors du lancement d’un produit, on a droit à une panoplie de variantes, ce qui fait qu’on doit y aller de façon plus générale ici. Le Wrangler est proposé selon trois niveaux de finition en version quatre portes Unlimited, soit Sport, Sahara et Rubicon. La nouvelle mécanique diesel peut être livrée avec chacun.

Pour ce qui est de l’équipement, les options individuelles et les groupes offerts font que la dotation est complète, mais aussi complexe. Pour vous résumer ça simplement, les modèles Sport sont plus dénudés, mais pas autant qu’on pourrait le croire. Il leur manque des trucs comme de l’éclairage d’ambiance à l’intérieur, une prise de 115 volts à l’avant, ou la deuxième zone pour la climatisation. Du reste, l’équipement demeure généreux, un minimum en raison du prix de départ exigé.

Avec les modèles Sahara et Rubicon, l’offre est complète et les groupes d’options sont tous offerts. La différence, elle se résume aux capacités hors routes de la deuxième mouture. En fait, cette dernière est conçue pour les randonnées extrêmes hors des sentiers battus. Sa fiche technique a de quoi faire saliver avec, par exemple, des barres stabilisatrices qui peuvent être déconnectées, un rapport de pont de 4,10 : 1 à l’arrière, ainsi que des différentiels qui peuvent être verrouillés, tant à la poupe qu’à la proue. Sa boîte de transfert, aussi, autorise plus de prouesses.

Et vous aurez remarqué que nous avons inclus des caractéristiques mécaniques dans la présente section, normalement réservée à l’équipement intérieur. Avec le Wrangler, ce qu’il y a dessous est aussi important que ce qu’on trouve à bord. Ce véhicule, et ce qu’il offre, est un tout.

Puissance : 10/10

D’un véhicule comme le Wrangler, on ne s’attend pas à trouver un niveau de performance ahurissant. Ce qui intéresse l’acheteur, ce sont les capacités qui découlent de la mécanique qui repose sous le capot… et de la quincaillerie qui lui est jumelée.

Le Wrangler, tant avec le 4-cylindres turbo de 2,0-litres ou le V6 de 3,6-litres Pentastar, était déjà bien pourvu. Là, on vient d’ajouter la cerise sur le gâteau. C’est comme si l’on ajoutait à la meilleure équipe de la Ligue nationale de hockey un Wayne Gretzky au sommet de son art; la pièce manquante qui permet de s’élever au-dessus de la mêlée.

Avec le moteur diesel, un V6 turbo de 3,0-litres, dont 80 % des pièces sont nouvelles par rapport aux autres versions qui œuvrent ailleurs dans la gamme, c’est ce qu’on vient de faire. Pour vous illustrer la chose, la présentation technique du véhicule s’est amorcée avec le dévoilement du couple, pas des chevaux-vapeur. C’est tout dire. Et ce couple, il s’établit à 442 livres-pieds. Ajoutez 260 chevaux et le tour est joué. On est en présence du Wrangler le plus puissant et le plus efficace de l’histoire.

Et en conduite hors route, le couple permet pratiquement au véhicule de ramper seul par-dessus les obstacles qu’il rencontre. Il suffit d’effleurer l’accélérateur et le Wrangler s’exécute sans effort, un peu comme Wayne Gretzky. Et sur le bitume, c’est tout aussi probant; le Wrangler décolle comme un sprinter.

Confort : 6,5/10

La génération actuelle du Jeep Wrangler offre un comportement plus civilisé que jamais, mais la notion de confort demeure spartiate. Une position de conduite qui manque d’ajustements, un comportement un peu sautillant, une insonorisation qui sera toujours perfectible, une visibilité réduite, voilà un peu ce qui nous attend lorsqu’on prend le volant.

La différence d’avec un autre véhicule, c’est que c’est exactement ce à quoi l’on s’attend du Wrangler. Ça fait partie de son charme. N’empêche, on pourra toujours faire mieux. Pas trop, cependant, car il ne faudrait pas que ce dernier y laisse son âme.

Un équilibre fragile.

Agrément de conduite : 9/10

En matière d’agrément, on laisse de côté la logique ici, car le Wrangler est probablement un des pires véhicules de l’industrie en matière de tenue de route et de confort. Pourtant, on arbore un large sourire lorsqu’on se trouve au volant.

C’est vrai sur la route et c’est encore plus vrai lorsqu’on sort des sentiers battus.

En fait, pour comprendre le Wrangler, il est nécessaire, ne serait-ce qu’une fois dans une vie, d’empoigner une version Rubicon et de se lancer à l’assaut des terrains les plus accidentés.

Ça et une séance chez le psy, c’est du pareil au même.

Économie de carburant : 8/10

Au moment d’écrire ces lignes, on attend les cotes officielles des autorités. Ce que l’on peut vous dire, c’est que la compagnie espère des gains de 30 à 35 % par rapport à la mécanique V6 de 3,6-litres.

Sur l’autoroute, on anticipe quelque chose autour de 7,5 litres aux 100 kilomètres, mais ça reste à voir.

Valeur : 6,5/10

Ici, ça se corse un peu. Si le moteur diesel est un match parfait pour ce véhicule, aucun cadeau ne vous est fait à l’approche de Noël. En fait, pour entendre le ronron du moteur diesel, vous vous verrez obligé d’allonger 7 395 $ de plus par rapport à une version à moteur V6.

C’est beaucoup. À cela, ajoutez le fait que dans le prix, 1 795 $ sont inclus pour la boîte automatique à huit rapports, la seule livrable avec ce moulin. Au final, voici ce que ça donne.

  • Wrangler Sport : 43 495 $
  • Wrangler Sahara : 47 495 $
  • Wrangler Rubicon : 51 245 $

Et, bien sûr, il faut ajouter les frais de transports et de préparation, désormais fixés à 1 895 $, un vol légalisé.

Conclusion

Il n’y a aucun doute, avec le moteur diesel, on se trouve en présence du Wrangler le plus intéressant à tous les points de vue. La clef, c’est le couple généreux qui transforme l’expérience, peu importe le type de surface sur laquelle on se trouve.

Le hic, c’est le prix. Sortez la calculatrice que vous voulez, une version Rubicon, avec les taxes et les frais, c’est un peu plus de 61 000 $.

Ouch !

L’espoir, voire la garantie, c’est que le modèle va conserver une bonne valeur de revente. Et si vous roulez beaucoup, oui, il y aura des économies à la pompe.

On n’achètera cependant pas cette version du Wrangler pour regarnir son petit cochon. Son acquisition demeure une affaire de tripes, surtout à ce prix. À vous de voir. Si votre budget vous le permet, vous ne serez pas déçus.

Une histoire de couple 2019-11-12 10:00:00

Caractéristiques

Cylindrée 3,0L
Nb. de cylindres V6
Puissance 260 ch
Couple 442 lb-pi
Consommation de carburant n/d
Volume de chargement 2 050 L