Nissan Kicks SV AWD 2026 : essai routier
Lors de notre essai initial du Kicks de première génération, la mission d’entrée de gamme du petit multisegment urbain de Nissan était bien apparente. Au fil des kilomètres, la jolie frimousse et la vivacité de ce Kicks, renommé Kicks Play l’an dernier, s’effaçait avec les kilomètres, les sièges durs et le niveau sonore l’emportant. Reste que ce p’tit fripon, dans ses versions plus modestes, répondait bien aux attentes et au budget de la clientèle, d’où un franc succès chez nous. Voilà donc pourquoi Nissan a joué de prudence en 2025 en chevauchant deux générations de Kicks dans les salles de montre, le temps que le p’tit dernier fasse sa place. Et pour 2026, il prend d’ailleurs toute la place, le Play et la Versa n’étant pas reconduits. Un véhicule sous-compact peut-il faire le boulot de trois? On clôture décembre en Kicks SV 2026 pour le découvrir.
Design 8,5/10
Les designers automobiles ont souvent un point de départ pour ancrer leur inspiration, et pour le Kicks « 2.0 » cette muse était…une chaussure de sport. Et oui. Voilà qui explique peut-être ce parement gris aux impressions géométriques en base de caisse, lui qui rappelle une semelle de chaussure! La verticalité du profil peut aussi rappeler des baskets, mais pour qui a passé du temps en Europe récemment, on voit beaucoup de Français dans ce Nippon, Nissan étant toujours lié à Renault. Le Kicks présente en effet une ligne moderne qui évite les excès trop « tendance du jour » des Coréens, et la peinture deux tons de notre SV d’essai ajoute une touche personnelle à l’ensemble. Mais c’est l’habitacle qui fait un grand bon en avant, avec sa belle planche de bord rembourrée sur laquelle loge la dalle technique, le tout relevé par des agencements de textures et matériaux fort réussis pour un modèle de mi-gamme.
Puissance 7,5/10
Le nouveau Kicks progresse également au chapitre mécanique, le 1,6 L de la Versa faisant place ici au 2,0 L de la Sentra et ce pour toutes les livrées. La boîte CVT est également la seule offerte, assortie de série à la traction avant tandis que l’intégrale est livrable (de série pour le SR). Ce moteur atmosphérique à double arbres à cames en tête et 16 soupapes a fait ses preuves depuis un bout chez Nissan, et réglé ici pour 141 chevaux sans turbo ni système d’arrêt-départ, ce bloc ne sera nullement stressé – lire qu’il va durer longtemps. Malgré le gain de poids face à l’ancien Kicks, on sent celui-ci plus souple grâce à son rehaussement moteur et l’habile programmation de la CVT qui exploite bien le couple disponible. Le Kicks n’est pas une bombe, loin de là, mais il semble moins en peine à l’arraché que le Honda HR-V de mécanique similaire. On ne retrouvera pas ici le plaisir qu’on aurait au volant d’un Mazda CX-30, mais le p’tit Nissan affiche une belle compétence en milieux urbains et suburbains, là où évolue le plus souvent cette catégorie de véhicule. À noter que Nissan ne recommande pas de remorquer avec un Kicks.
Agrément de conduite 7,5/10
On a poussé la note sur un trajet autoroutier un peu plus long, question de voir ce que ce Kicks a pris en maturité, et comme attendu il a effacé les mauvais souvenirs de son prédécesseur. On peut maintenant prendre le large en Kicks sans verser dans le masochisme! Un peu comme les petites européennes qu’on loue en voyage, le Kicks affiche une belle compétence, étant à la fois maniable et de comportement sûr. Seul un sautillement sur les autoroutes de béton rappelle que son empattement est très court. Notez que les versions à traction intégrale disposent d’une suspension arrière multibras plus sophistiquée que la poutre de torsion des modèles à traction avant. Il en ressort – jeu de mots – une belle assiette en virage bosselé, le véhicule se guidant avec plaisir avec le joli volant à méplat. Notez qu’il s’agit ici de convivialité, et non de sportivité – ce trait loge toujours chez Mazda.
Convivialité 7/10
L’ancien Kicks offrait aux grands conducteurs la désagréable sensation d’être assis sur le véhicule, plutôt que dedans. On est maintenant mieux installé à hauteur neutre, avec vue sur un capot galbé. Les petits conducteurs auront toutefois remarqué avec tristesse le départ du capot plongeant, le nouveau logeant trop haut pour leur offrir une bonne perspective vers l’avant. Ma propre progéniture a rejeté le Kicks au profit du CX-30 (encore lui) pour cette exacte raison. Et notre jeune voisin a saisi une aubaine en se procurant un Kicks quasi-neuf, l’acheteur initial ne s’étant pas habitué à ce capot … avant de repartir avec un Play. Fermons le capot pour regarder d’autres atouts, comme cette belle planche de bord aux commandes de chauffages analogues simples à utiliser, tout comme l’ordinateur de bord qu’on consulte avec les touches sur la gauche du volant. Tout à l’arrière, on apprécie que les parois du coffre soient recouvertes d’une feutrine, laquelle résistera mieux aux éraflures que les cloisons de plastique rigide de moults concurrents. Mais ce design vertical se termine par un dernier affront ergonomique : une poignée de coffre beaucoup trop haute qui force à saisir le hayon par le bas pour le relever – salissant en hiver!
Sécurité 6/10
L’institut des assureurs américains n’offre aucune palme au Kicks, la lecture du bulletin exposant une note marginale au système automatisé de prévention des collisions, et quelques « acceptable » liés au nouvel essai de collision latérale, plus sévère. Au niveau de la NHTSA, si le Kicks se sort bien des essais latéraux, c’est plutôt sa performance moyenne en collision frontale qui abaisse sa note globale à 4/5. Si la suite Nissan Safety Shield (freinage d’urgence intelligent avec détection des piétons, freinage automatique en marche arrière, détection de sortie de voie, monitoring des angles morts et de la circulation transversale arrière, régulateur de vitesse intelligent) équipe d’office tous les Kicks, seul le SR bénéficie de l’assistance ProPILOT avec direction pilotée, l’assistance aux intersections et un rehaussement des interventions sur la dynamique du véhicule. Des atouts que la concurrence offre souvent de série sur toute la gamme.
Caractéristiques 8/10
On retrouve dans la gamme Kicks les livrées usuelles de Nissan, à savoir les S, SV et SR. La base offre des jantes en acier de 16 po, des essuie-glaces et rétroviseurs chauffants, l’éclairage à DEL avec feux de route automatiques, une sellerie en tissu, un infodivertissement de 12,3 po avec sonorisation à quatre haut-parleurs ainsi qu’Android Auto / Apple CarPlay sans fil et la clé intelligente. En passant au SV d’essai, on gagne des jantes d’acier de 17 po (alliage avec l’intégrale), le démarrage à distance, un rehaussement des garnitures intérieurs et extérieures, des glaces teintes foncées à l’arrière, un volant chauffant gainé de cuir, des sièges avant chauffants, un rehaussement de qualité épatante de la sonorisation avec six haut-parleurs et la radio satellite, la climatisation automatique et l’accès à des options tels le toit panoramique et la peinture deux tons. Le SR ajoute principalement des caméras périphériques, le similicuir, des garnitures façon fibre de carbone et un accoudoir central à l’arrière. Il offre aussi en exclusivité l’option d’une sonorisation Bose à 10 haut-parleurs, incluant des unités dans l’appui-tête du conducteur. À l’exception des aides à la conduite, le contenu est compétitif face aux livrées équivalentes des concurrents, et on souligne la belle présentation de notre SV d’essai qui lui donnait un air plus cossu qu’un simple mi-gamme. Le seul bémol est l’absence d’un cache-bagage, optionnel même sur le SR.
Habitabilité 7,5/10
La verticalité du Kicks offre un excellent dégagement pour la tête à l’avant comme à l’arrière, la hauteur du toit rendant l’habitacle plus lumineux que chez le trapu CX-30. Toutefois, on ne peut échapper à la modestie de l’empattement et l’espace pour les genoux et les jambes à l’arrière est un peu juste. Ajoutez un siège d’appoint pour enfant et ce dernier aura ses bottes dans votre dossier, contrairement au Honda HR-V! Aussi, malgré un ajustement de siège pour mes 1,80 m, l’accoudoir central est trop reculé pour être utilisable. À noter : avec leur différentiel et suspension arrière plus sophistiquée, les modèles à traction intégrale perdent jusqu’à 239 litres de volume cargo. De plus, les modèles SV à traction avant offrent un plancher à hauteur ajustable, selon qu’on souhaite un plancher plat (dossiers rabattus) ou un maximum de hauteur. Reste que notre SV à TI a bien réussi le « test Costco » et a avalé trois bacs et nos sacs sans problème.
Confort 7,5/10
Les collègues américains ont beau se plaindre du niveau sonore du Kicks, notre sujet d’essai était passablement plus silencieux que l’ancien modèle, voire même qu’une Crosstrek toute neuve en circulation urbaine. Sur la route, la CVT garde le moteur à environ 1 900 tours/minute sur le plat à 100 km/h, le régime grimpant tout juste à 2 200-2 300 tours à 119 km/h. Malgré les grands vents pendant notre semaine d’essai, les bruits éoliens étaient assez bien contenus pour cette catégorie, tandis que les bruits de roulement des Michelin d’hiver étaient très raisonnables. Outre une mécanique assez discrète, les sièges « zéro gravité » de Nissan offrent un confort raisonnable, mais ces baquets n’étaient pas à la hauteur de ceux du Rogue récemment conduit. On déplore aussi des accoudoirs de portière passablement durs. À l’arrière, seuls les passagers d’un SR auront droit à un accoudoir central.
Économie de carburant 8/10
C’est à la pompe que les CVT de Nissan démontrent leur utilité, avec des consommations généralement plus frugales que chez la concurrence. Notre propre moyenne observée de 9,1 l/100 km est passablement meilleure que celle obtenue avec le Honda HR-V, mais reste nettement supérieure aux cotes NRCan. La faute? Les pneus d’hiver, de la neige et une semaine très froide ponctuée de nombreux courts déplacements. Notre voisin avec son S à traction avant nous rapporte une moyenne long terme de 7,5 l/100 km qui démontre que sur un usage plus régulier le Kicks peut « accoter » ses cotes officielles. De plus, il se contente d’essence ordinaire, et sans remords vu l’absence de turbocompression.
Valeur 8,5/10
Avant l’ajout des incompressibles frais divers, le Kicks S à traction avant ouvre les enchères à 27 198 $, mais pour seulement 1 550 $ de plus nous vous recommandons chaudement le passage au SV dont la présentation et le contenu en font la meilleure affaire de la gamme. La traction intégrale se facture à 2 300 $ pour les S et SV alors qu’elle fait partie de l’équipement de série du SR, tarifé à hauteur de 33 548 $. Le SV à TI offre pour 800 $ un groupe Premium qui inclut le toit ouvrant panoramique et les rails de toit, un tarif très raisonnable pour un tel accessoire. Chez le SR, le même groupe commande 1 650 $ mais s’adjoint les services d’une chaîne audio Bose et les sévices de jantes de 19 po aussi spectaculaires que difficiles à vivre sur bitume balafré. Si le Kicks fait figure d’aubaine auprès du coûteux Honda HR-V, un Mazda CX-30 en livrée GX ou GS serait une alternative intéressante.
Conclusion
Si le premier Kicks s’était mérité mon coup de pied de l’année en 2022, le p’tit dernier a vraiment pris du galon et s’est révélé un très agréable compagnon du quotidien. Son habitacle rappelle les voyages en Europe, et sa sonorisation rend tout aussi bien les notes que la chaîne griffée de ma voiture personnelle, avec de belles basses en prime. Certes, le Kicks ne brûle pas le bitume, là n’est pas sa mission, et son train arrière ne voudra pas se plier à des dérapes ludiques dans la neige, mais il offre une belle maniabilité, un confort louable et un coffre fort pratique. Offert à des tarifs compétitifs, on choisira le SV pour chauffer mains et popotins en hiver, et de bons pneus pourront se supplanter à l’intégrale en échange d’une facture moindre et d’un coffre plus généreux. Pensez à acheter le cache-bagage en accessoires et vous aurez un petit multisegment urbain frugal et doux pour votre budget, doublé d’une mécanique simple sur laquelle vous pourrez compter. Voilà qui devrait assurer son succès, même s’il joue seul le rôle que trois assuraient jusqu’à fin 2025.
Autre info
Fabricant, Modèle, Version, Année
Nissan Kicks SV TI 2026
Prix de base*
31 048 $
Équipement en option
795 $ (Peinture deux tons)
Taxe climatiseur
100 $
Frais transport et préparation
2 030 $
Prix tel qu’essayé
33 973 $
Cylindrée
2,0 L
Nb. de cylindres
L4
Puissance
141 ch @ 6 000 tr/min
Couple
140 lb-pi @ 4 000 tr/min
Consommation de carburant
8,5 / 6,9 / 7,8 L/100 km ville/route/comb
Volume de chargement (L, sièges en place/rabattus)
677 / 1 419 L
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