Hyundai Palisade Hybrid Ultimate Calligraphy 2026 : essai hivernal

Introduction
Premier manufacturier à cibler à la fois les deuxextrémités du lucratif marché des VUS compacts en matière de formats, Hyundai a complété son tiercé il y a quelques années en introduisant le Palisade à trois rangs. Vu que le Santa Fe allongé cartonne dans la niche grand public, le géant coréen revoit sa copie et lance un nouveau Palisade encore plus grand, encore plus luxueux et livrable en version hybride de surcroît. Pris dans le blizzard, comme moi pendant cet essai, les concurrents ne l’ont pas vu venir, le nouveau « Range Rover » de Séoul semblant déjà affirmer une belle poigne sur le marché. Alors que notre collègue Daniel Rufiange vous a déjà présenté la livrée XRT Pro à moteur V6 sous des cieux plus cléments, votre humble serviteur se lance dans le vortex polaire avec l’hybride de sommet de gamme.
Hyundai Palisade Hybride 2026

Design 8,5/10
La nostalgie n’a pas d’emprise dans les studios de design chez Hyundai. D’une génération à l’autre, on efface et on recommence, et aucune école de style ne vient lier tous les modèles de la marque. C’est ainsi que le premier Palisade troque chromes clinquants pour modernité épurée dans cette refonte avec pour signature ce traitement architectural de l’éclairage à l’avant. Ces immenses blocs optiques à DEL sont en fait décoratifs, les vrais phares étant dissimulés dans les zones sombres qui encadrent la massive calandre verticale. Avec les piliers « D » habillés d’inox du Calligraphy et ses massives jantes de 21 pouces aux détails minutieux, le Palisade a la prestance des utilitaires de Sa Majesté, et il fend l’air avec un cx de 0,31. L’habitacle n’est pas en reste, drapé de cuirs d’un brun quasi noir et habillé par un éclairage d’appoint qui rappelle encore l’architecture. « Oh, c’est chic! » me dit un voisin en montant à bord. La planche de bord enveloppante est d’un plus bel effet et intègre à merveille les froids écrans, qui dominent moins ici qu’à l’habitude pour Hyundai. Beau travail.
Puissance 8/10
D’offre restreinte aux livrées Luxury et Ultimate Calligraphy (en échange d’un déboursé additionnel d’un peu plus de 3 000 $), la version hybride vient remplacer le moteur V6 de 3,5-litres de 287 chevaux par un quatre cylindres de 2,5-litres de cylindrée doté de la turbocompression, de deux arbres à cames en tête et de l’injection directe, bon pour 258 chevaux à lui seul, et secondé par un duo de moteurs électriques, un de 17 chevaux affecté aux fonctions techniques et un autre de 72 chevaux qui vient contribuer aux 329 chevaux combinés offerts au conducteur. Pas de CVT ici, mais la boîte automatique comporte six rapports au lieu des huit de celle des versions thermiques. L’énergie est stockée dans une batterie dont la capacité est estimée à 1,65kWh, cette dernière logeant sous le plancher. Ce groupe propulseur semble avant tout conçu pour remplacer le V6, le volet électrique venant adoucir les démarrages et reprises, la puissance étant livrée de façon ferme et soutenue, mais sans vous plaquer au baquet – là n’est pas sa mission. À noter que malgré sa puissance et son couple supérieurs au V6, le groupe hybride ne peut tracter que 1 814 kg (4000 livres), soit 454 kg (1 000 livres) de moins que la version V6.
Agrément de conduite 7,5/10
Les photos prises pour cet article vous révèleront que l’auteur de ces lignes ne vous parlera pas ici des subtilités du comportement routier de ce grand VUS, mais plutôt de sa dégaine en hiver. Doté d’une architecture traction avec moteur transversal, le Palisade hybride possède une traction intégrale réactive purement mécanique, contrairement à celle électrique du Toyota Grand Highlander, et sa motricité n’a jamais été prise en défaut sur nos routes enneigées. On peut parvenir à faire glisser un peu le train arrière, si on insiste, mais ce grand gaillard préfère de loin une conduite rangée en tout confort et sans stress. On dénote les faibles sensations transmises par la pédale de frein, laquelle doit être apprivoisée sur chaussée glissante. Autrement, vous enverrez promener le bonhomme hiver, le Palisade se faufilant dans les petites rues enneigées comme s’il était plus svelte, bonne position de conduite s’alliant au rayon de braquage intéressant. En cet hiver olympique, on ne décèle ici aucun athlétisme, mais on y ressent la prestance et le pouvoir du juge.
Convivialité 8/10
Monter à bord cette semaine m’a demandé de retirer mes gants. C’est que la paire adaptée aux températures en vigueur semble avoir un isolant ou une épaisseur qui trompe le capteur de déverrouillage sans clé (allez savoir pourquoi, aucun problème avec la touche de verrouillage avec les mêmes gants). Une fois monté, on cherche d’abord le bouton de démarrage, lequel est apposé au levier de changement de rapport qui loge derrière le volant – on s’y fait rapidement. Puis on apprécie l’excellente position de conduite, et le mode antifatigue du siège du conducteur, qui offre de plus divers massages. La vaste console offre rangement et plateau de recharge pour appareil intelligent, ainsi qu’un plateau en dessous pour déposer un sac à main, bien au sec. Dommage qu’on doive à nouveau se déganter pour activer sièges et volant chauffant, les touches à effleurement répondant mal aux doigts bien emballés. On s’étonnera aussi du mécanisme électrique très lent utilisé pour libérer l’accès à la troisième rangée, une électrification qu’on va davantage apprécier au moment de transformer le coffre depuis l’arrière, sans effort avec un panneau de contrôle situé dans ce dernier.
Sécurité 9/10
Cette cage dorée vous protège également, le Palisade s’étant vu accorder la médaille d’argent de l’IIHS, soit un « Top Safety Pick », en raison de ses excellents résultats aux essais de collision et de sa suite d’aides à la conduite, cette dernière ayant un bulletin tout au vert. Hyundai se débrouille drôlement bien avec ces systèmes, le Calligraphy bénéficiant de l’évitement de collision automatique avec détection de piétons et cyclistes en marche avant, et aux collisions dans les angles morts et en marche arrière. En plus des radars de stationnement, le Palisade peut être déplacé de l’extérieur avec la clé intelligente, un gadget pratique si votre grand VUS a été pris en sandwich entre deux véhicules. Le Palisade prend soin aussi de ses passagers en surveillant l’état d’attention du conducteur, la présence d’occupants à l’arrière et de circulation conflictuelle à l’ouverture des portières. On retrouve également ici d’autres commodités tels la surveillance de la circulation transversale arrière, un régulateur de vitesse adaptatif avec fonction arrêt-départ et le contrôle de louvoiement de remorque. Tous ces systèmes se sont bien comportés sous ma gouverne.
Caractéristiques 9/10
En choisissant la mécanique hybride, on se limite à deux livrées : Luxury et Ultimate Calligraphy. La première comprend des jantes de 20 pouces, du verre acoustique partout, des pare-soleils arrière, des buses de lave-glace chauffantes et un lave-caméra de recul pratique en hiver, des rails de toit avec capacité de 220 kg, un attelage de remorque camouflé, un éclairage complet à DEL, un infodivertissement à écran de 12,3 pouces et audio Bose à 14 haut-parleurs avec SiriusXM et la projection / recharge sans fil d’appareil intelligent (de très belle facture avec de riches basses), un interphone, la climatisation bizone avec ioniseur d’air, deux baquets avant à huit réglages électriques chauffants et ventilés, des rangées centrales et arrière à déplacement électriques, une sellerie de cuir, un toit ouvrant simple, des caméras de périphérie, le démarreur à distance sur clé et un hayon mains libres. Le second fait passer les jantes à 21 pouces, ajoute rétroviseur central numérique, lave-glaces à détection de pluie, caméras de sécurité intégrées (« dashcam ») avant/arrière, affichage tête haute, cuir Nappa avec fonctions de massage pour le conducteur et toit panoramique à deux panneaux. Les Palisade hybrides n’ont pas de roue de secours – et vous aurez compris que c’est bien la seule chose qui leur manque!
Habitabilité 8/10
Malgré son gabarit, pour remplir ses trois rangées de sièges, le Palisade demande un traité de paix entre ceux tout à l’arrière et ceux du centre, question de ménager équitablement l’espace pour les jambes. Surtout, gare aux gamins alors que chaque passager peut faire glisser électriquement le baquet devant soi, et ce, même pour celui du passager avant! Les 1,80m de votre humble serviteur peuvent se caser tout au fond, mais pour un usage plus régulier par des adultes, on préférera une minifourgonnette. En largeur, personne ne jouera du coude et tous sièges relevés, le coffre reste petit, mais utilisable. Parmi les rivaux hybrides, le Mazda CX-90 souffre de la comparaison en raison de son architecture à propulsion nettement moins logeable, mais le Grand Highlander mérite pleinement son préfixe et supplante le chic Palisade. À noter : la livrée Luxury offre huit places assises avec la banquette centrale qui est de série; la configuration sept places y est optionnelle, mais de série sur l’Ultimate Calligraphy.
Confort 9/10
Si sa silhouette l’annonce, sur la route le véhicule rend bien le confort et le luxe anticipés. Le Palisade essayé possédait d’ailleurs une première pour moi : une troisième rangée chauffante! Les passagers du centre ne sont pas en reste, avec des baquets chauffés et ventilés comme ceux du devant. Très insonorisé, notre modèle de sommet de gamme gommait tant les bruits éoliens que ceux du roulement des pneus d’hiver Continental, tandis que la boîte de vitesse gardait le moteur thermique à 2 000 tours/minute à 100 km/h, et 2 400 tours à 119 km/h. Ce quatre cylindres, on l’entend surtout au démarrage et sur les premiers kilomètres à froid, le temps que le volet électrifié se dégêne. Et quand ce dernier coupe l’essence, à basse vitesse, on perçoit tout juste de l’intérieur cet avertisseur sonore destiné aux usagers vulnérables. Les nids de poule et autres icebergs qui défigurent nos chaussées en janvier sont franchis sans drame, les suspensions et pneumatiques faisant un excellent travail d’équipe pour vous gommer toutes ces vulgarités. En Palisade, on n’est pas loin des sensations d’un Cadillac Escalade ou autre utilitaire pleine grandeur.
Économie de carburant 6,5/10
Avec des températures oscillant généralement entre -14°C et -27°C pour cet essai, le groupe hybride devait démontrer de quel bois il se chauffe. Et justement, il mettait près de 40 minutes à se réchauffer suffisamment pour désengager le moteur thermique, avec pour résultat une moyenne observée de 13,7 L/100 km, peu reluisante pour une mécanique hybride, malgré le mode ECO employé pour la totalité de l’essai. La journée de prise en main s’était terminée dans les 8 litres affichés, mais le Palisade avait été bien réchauffé au préalable. Comme pour le Toyota Grand Highlander avec le groupe Hybride MAX, il semble qu’on a plus affaire ici à un hybride de puissance qu’à un hybride de frugalité. Parions qu’il ferait mieux sous une météo plus clémente, ce que semblent annoncer les cotes RNCan.
Valeur 8/10
La gamme Palisade débute à 53 699 $, mais les deux versions hybrides commandent 60 499 $ (Luxury) et 65 699 $ (Ultimate Calligraphy). Ces tarifs sont compétitifs avec les versions plus huppées des Grand Highlander hybride (62 870 $ à 67 130 $) et Mazda CX-90 (55 700 $ à 69 650 $), mais ce dernier offre l’option de l’hybride branchable, tandis que le Toyota, dont la réputation n’est plus à faire, se décline en version moins luxueuse pour un peu plus de 55 000 $. Et si vous ne souhaitez que trois rangées de sièges avec un contenu très basique autour d’une hybridation légère, le Mazda s’offre à compter de seulement 47 100 $, ce qui explique son grand succès chez nous (tous ces tarifs sont avant frais). Mais, le Palisade vous caresse le subjectif avec son ambiance cossue et rendu gratifiant de véhicule de grand luxe, et se compare difficilement avec des concurrents moins huppés. On favorisera ici la livrée Luxury pour 5 200 $ de moins que notre sujet d’essai.
Conclusion
Au terme de cet essai, on comprend mieux comment Hyundai a su déferler avec autant de succès sur le marché des grands utilitaires à trois rangées de sièges. La distribution limitée du Telluride au pays aidant, le Palisade s’est taillé une place de choix, avec sa dégaine d’un chic hollywoodien, ses dimensions plus contenues que celles du Grand Highlander et son habitacle beaucoup plus logeable que celui du CX-90. Si le prix demandé s’inscrit au niveau de ses concurrents, en montant à bord l’ambiance singe plus les Range Rover de ce monde que les véhicules de grande diffusion. Si certains gadgets en font trop, dans l’ensemble c’est très réussi et on comprend pourquoi la concurrence s’est fait prendre par le blizzard. Il restera à Hyundai à parfaire l’efficacité de son groupe hybride par grand froid pour obtenir encore plus d’accolades.
Autre info
Fabricant, Modèle, Version, Année
Hyundai Palisade Ultimate Calligraphy Hybride 2026
Prix de base*
65 699 $
Équipement en option
250 $ (Peinture Bourgogne galaxie)
Taxe climatiseur
100 $
Frais transport et préparation
2 100 $
Prix tel qu’essayé
68 149 $
Cylindrée
2,5 L
Nb. de cylindres
L4
Puissance
329 chevaux @ 5 800 tr/min
Couple
339 lb-pi @ 1 800 - 5 000 tr/min
Consommation de carburant
8,3 / 7,9 / 8,1 L/100 km ville/route/comb
Volume de chargement (L, sièges en place/rabattus)
540 L / 1 310 L / 2 455 L
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