Hyundai Ioniq 9 2026 : essai routier

Hyundai Ioniq 9 2026

Lorsque les premiers modèles électriques se sont pointés, ceux qui étaient prêts à faire le saut ont acheté ce qu’on leur offrait. Avec le temps, il est devenu clair que les constructeurs devaient développer des créneaux, c’est-à-dire livrer aux consommateurs des modèles qui répondent davantage à leurs besoins quotidiens qu’à leur simple soif de mettre la main sur un véhicule électrique.
Une des catégories qui a tardé à nous faire voir des modèles électriques, c’est le segment des VUS intermédiaires à trois rangées. On y est maintenant alors que les offres se multiplient depuis deux ans. Peu sont dans la fourchette jugée « abordables », cependant, mais le Hyundai Ioniq 9, ainsi que le cousin EV9 chez Kia, sont un peu plus accessibles, au grand plaisir des familles qui les attendaient.
Nous avons pris le volant d’un Ioniq 9 lors du dernier congé de Noël. Voici ce qui est ressorti de ce contact prolongé (deux semaines).
Design 7,5/10
En 2018, le directeur du design à ce moment chez Hyundai, SangYup Lee, avait mentionné que la marque ne voulait plus d’une approche « poupées russes » en matière de design. Autrement dit, terminé la signature unique accolée à chaque modèle. Plutôt, un langage stylistique reconnaissable, mais une personnalité propre pour chaque produit.
L’idée a été poussée plus loin par Luc Donckerwolke, qui lui a succédé à la tête du design de Hyundai. Elle est toujours appliquée avec la conception des modèles de la marque et ça se reflète bien à la vue des trois VUS les plus récents de la compagnie, le Santa Fe, le Palisade et l’Ioniq 9. On note une signature similaire, mais chaque modèle a sa propre identité.
Que l’on aime ou n’aime pas, c’est distinct, voire provocateur. Il faut aimer la signature pixelisée, elle qui est utilisée à outrance. C’est intense, disons.
Outre cette signature, ce qu’il faut noter, c’est l’effort aérodynamique réalisé avec un modèle qui demeure massif. On parle d’une grille avec des volets actifs à l’avant et des poignées de porte affleurantes, entre autres. C’est bien sûr fait pour maximiser l’autonomie, ce qui a été réussi.
Habitabilité 9/10
Évidemment, en venant proposer un VUS électrique à trois rangées, Hyundai s’adresse aux familles qui ont besoin d’espace; de beaucoup d’espace. À ce titre, l’Ioniq 9 leur en livre à la tonne. En plus du dégagement pour les occupants, notable à la deuxième rangée, on profite d’un volume de chargement de 620 litres derrière la troisième rangée. Ça passe à 1323 litres une fois cette dernière couchée, alors qu’avec les rangées deux et trois rabattues, la capacité totale grimpe à 2462 litres.
À moins de partir pour deux mois sur la route, vous ne manquerez jamais d’espace avec un Hyundai Ioniq 9.
Même à l’avant, on a une grande impression de dégagement en raison du design de la console centrale. Cette dernière, contrairement aux normes établies, ne vient pas diviser les places avant. La console offre du rangement, tout comme une partie face à elle, intégrée au tableau de bord.
S’il y a un bémol, il concerne le dégagement pour la tête à la troisième rangée. Un simple coup d’œil au design arrière du véhicule vous aidera à comprendre pourquoi.
Convivialité 8/10
Pour ce qui est de la vie à bord, il est clair que lorsqu’on profite d’un véhicule très spacieux, l’expérience est toujours un peu plus agréable. Disons qu’on y prend goût, à cet espace. Avec la version essayée, la Calligraphy, les occupants arrière profitent de tout le nécessaire en matière de confort, que ce soit avec des sièges de type capitaine à la deuxième rangée, avec fonction chauffante et ventilée, ainsi que la présence d’un repose-pied. Le toit panoramique pour une injection de lumière, les écrans pare-soleil latéraux pour se protéger des rayons éblouissants et de la chaleur, bref, le confort ultime.
Devant, les sièges offrent le massage et le niveau de confort est excellent.
Pour ce qui est des commandes, là, il y a place à la critique. En fait, on retrouve un mélange de contrôles physiques et tactiles. Qu’on se branche ! Au volant, les touches sont faciles à repérer et conviviales. Idem pour la série de boutons à la planche de bord. Sous cette dernière, on retrouve toutefois des commandes tactiles qui ne fournissent pas le même effet de convivialité.
Et que dire de ce sélecteur de rapports placé sur une tige reliée au volant ? Compliqué pour rien. Pour passer en mode D, on fait pivoter vers l’avant. Pour la marche arrière, l’inverse. Ça, ça va. Pour le mode P (Parking), on doit appuyer sur le bout de la tige. À plusieurs reprises lors de mon essai, après avoir appuyé, quelle ne fut pas ma surprise de voir le véhicule avancer ou reculer, car la fonction n’avait pas bien enregistré ! Frustrant.
Pourrait-on simplifier le tout ?
Caractéristiques 8,5/10
Nous avons touché un peu ce qui concernait les caractéristiques de la version essayée. Il faut comprendre qu’avec le modèle Calligraphy, on se retrouve au sommet de la famille, et qu’on a droit au nec plus ultra.
Par exemple aux sièges offrant le massage ou encore à la configuration à six places plutôt que de sept, avec les sièges de type capitaine à la deuxième rangée.
Le modèle Calligraphy propose également des jantes de 21 pouces au design exclusif (reproduisant l’effet d’une turbine), d’un volant bicolore, d’une signature extérieure distinctive, et de l’affichage tête-haute, entre autres.
Il est important de comprendre que la liste d’équipement est généreuse d’office avec ce modèle, que ce soit avec le branchement sans fil aux applications Apple CarPlay et Android Auto, le chargeur sans fil pour cellulaires, la présence de sept ports USB-C répartis sur les trois rangées, un point d’accès Wi-Fi, ainsi que l’accès aux services connectés Bluelink de Hyundai. Les mises à jour par voies hertziennes sont également comprises.
Puissance 9/10
La puissance du Hyundai Ioniq 9 varie grandement selon la version choisie. En entrée de gamme, avec la variante à propulsion, vous avez droit à une prestation plus modeste à 215 chevaux et 258 livres-pieds de couple. Ça passe à 303 chevaux et 446 livres-pieds en milieu de gamme, ce qui est plus respectable considérant que l’on doit déplacer une masse qui fait plus de 2600 kg.
Avec le modèle Calligraphy, ainsi que la variante Preferred +, la cavalerie s’annonce à 422 chevaux, le couple à 516 livres-pieds. Ça permet d’effacer le 0-100 km/h en seulement 5,2 secondes. Ça rend l’expérience plus agréable, mais ce n’est en aucun cas une nécessité, surtout que ça vient amputer l’autonomie.
Cette dernière peut être, au maximum, de 539 kilomètres avec le modèle à propulsion. Ça chute à 515 km et à 500 km avec le surplus de puissance. Cela dit, ça demeure intéressant en fait de liberté électrique.
Évidemment, l’hiver, on voit ça chuter, mais le fait que la capacité initiale est de 500 km fait que par temps froid, notre modèle indiquait une possibilité de 391 km. La façon de conduire et le type de route empruntée vont faire en sorte que vous allez en faire un peu moins ou un peu plus.
Note intéressante : la capacité de remorquage est de 5000 livres avec les modèles à rouage intégral (3500 livres avec la propulsion).
Pour recharger la batterie de 110,3 kWh, grâce à son architecture de 800 volts, l’Ioniq 9 peut voir son niveau d’énergie passer de 10 % à 80 % en seulement 24 minutes, à condition de profiter d’une borne offrant la capacité maximale du véhicule, soit 350 kW.
Le VUS est livré avec un port de recharge NACS (North American Charging Standard) qui donne accès au réseau de Tesla. Un adaptateur est inclus pour les prises CCS (Combined Charging Standard), ce que nous avons souvent à domicile.
Confort 9/10
Vous l’avez constaté à la lecture des points précédents, rien ne manque au Hyundai Ioniq 9 pour offrir tout le confort nécessaire, notamment avec les fonctions chauffantes et ventilées aux deux premières rangées et le massage à l’avant avec cette version Calligraphy.
Hyundai a poussé la note pour offrir la totale, avec entre autres des prises d’air à la troisième rangée, un système d’atténuation actif des bruits, des pneus plus silencieux, une étanchéité plus grande à la hauteur des portières, un éclairage d’ambiance intérieur à DEL, ainsi qu’une chaîne audio Bose offrant 14 haut-parleurs.
Combinez tout cela à une douceur de roulement tout à fait remarquable et vous retrouvez là une expérience au volant marquée par la douceur et la quiétude.
Agrément de conduite 7/10
Attention, toutefois, car douceur de roulement et confort ne riment pas avec agrément de conduite. Malheureusement, avec tous les véhicules électriques, et la grande majorité des véhicules utilitaires, il faut être franc, ceux qui aiment ressentir quelque chose derrière le volant d’un modèle doivent tranquillement faire leur deuil de la chose.
On se plaît au volant de l’Ioniq 9, à condition de ne pas avoir d’attentes en ce qui a trait à la notion de plaisir. De toute manière, on ne vous apprend rien en vous disant que ce n’est pas ce que l’on recherche avec ce type de modèle.
Sécurité 8/10
Parler de sécurité avec les véhicules d’aujourd’hui, c’est comme si l’on prenait le temps de vous mentionner que les modèles des années 80 étaient équipés de ceintures de sécurité; c’est attendu.
En fait, on sait aujourd’hui qu’un modèle va offrir le freinage d’urgence automatique, le régulateur de vitesse adaptatif, l’avertissement de collision, etc.
Ce sur quoi l’on doit s’attarder, c’est là où il se démarque et, à ce titre, l’Ioniq 9 réussit à le faire avec quelques caractéristiques intéressantes. C’est le cas de la surveillance des angles morts qui nous montre au bloc d’instruments, lorsqu’on active le clignotant, l’image captée par les caméras latérales. C’est très efficace, mais ça demande une période d’adaptation, car le réflexe n’est pas de fixer l’écran devant nous lorsqu’on veut changer de voie.
Le modèle propose aussi un avertisseur de somnolence, ce qui peut être aussi agaçant qu’utile lorsqu’on est vraiment fatigué. L’avertisseur de sortie, qui nous indique si la voie est obstruée au moment où l’on veut ouvrir la porte, est aussi un bidule qui peut être fort pratique.
Bref, c’est complet.
Consommation 6,5/10
Selon Ressources naturelles Canada, les cotes de consommation du Hyundai Ioniq 9 Calligraphy sont de 2,6 Le/100 km pour la ville, 3,0 Le/100 km pour l’autoroute, pour un combiné de 3,0 Le/100.
En termes plus concrets, la variante essayée affiche une moyenne officielle de 23,2 kWh en ville, 26,5 kWh sur l’autoroute.
C’est bien sûr avec des conditions optimales, l’été. La moyenne que nous avons enregistrée lors de notre essai a été de 36,9 kWh. Un deuxième compteur journalier montrait une consommation de 34,8 kWh pour les 1370 derniers km.
Valeur 7/10
À l’achat de n’importe quel véhicule, on cherche à en avoir pour son argent. La valeur d’un modèle peut se mesurer là, mais il faut aussi tenir compte de la dépréciation. Et voilà où l’on nage en eaux troubles avec quantité de véhicules électriques, car leur valeur est difficile à évaluer à long terme sur le marché.
Si le modèle se montre fiable au fil du temps et qu’il conserve une bonne autonomie, il devrait bien se revendre en raison de son aspect pratique. Cela va cependant dépendre de l’offre sur le marché à ce moment (disons dans cinq ans), des prix qui seront en vigueur, de l’autonomie et de la technologie disponible, etc.
Si vous considérez l’achat de ce modèle, pensez à très long terme pour éviter les risques.
Conclusion
Les consommateurs réclamaient des véhicules électriques à trois rangées. Les constructeurs commencent à leur en donner et, à ce chapitre, Hyundai a répondu à une commande, soit celle de la demande du marché. L’Ioniq 9 est fait sur mesure pour une clientèle bien précise.
Le produit livre ce que l’on attend de lui, sans décevoir. Sa facture demeure importante, mais bon, votre facture d’essence va fondre de 80 % à 90 % avec ce modèle.
À vous de voir et de faire le calcul.
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