C’est Chrysler qui a inventé le concept, mais la nouvelle Pinnacle repousse carrément les limites à un autre niveau.
POSITIFS
  • Le rouage intégral, un plus pour le Canada!
  • Qualité de certains matériaux (habitacle)
  • Confort
NÉGATIFS
  • Pas de Stow ’n Go!
  • Le prix demandé!
  • Consommation de carburant

En 2019, Lexus lançait la LM 300h, une fourgonnette de luxe destinée aux dirigeants d’entreprises à la recherche d’un vaste espace intérieur hyper luxueux. Ce modèle est actuellement commercialisé sur le marché chinois. L’Empire du milieu a également droit à la Buick GL8, une autre fourgonnette de luxe qui existe quant à elle depuis 1999.

Cette idée de jumeler un peu de luxe à un véhicule utilitaire au possible comme une minifourgonnette – ou fourgonnette si vous trouvez que cette catégorie de véhicule ne mérite plus son préfixe « mini » – elle existe depuis très longtemps chez nous, la division Chrysler qui a inventé le concept en 1989 en tant que modèle 1990 avec la Chrysler Town & Country.

L’appellation a disparu du paysage automobile en 2016, la livrée cossue qui tirait sa révérence au profit de la nouvelle Chrysler Pacifica. Dès son arrivée sur le marché, la Pacifica s’est positionnée comme une option assez luxueuse dans un créneau menacé par l’invasion utilitaire. Or, pour 2021, Chrysler ajoute une couche de plus avec l’édition Pinnacle dont le prix de départ est de – tenez-vous bien – 65 795 $.

C’est vrai que depuis quelques années, le prix de ces minifourgonnettes équipées des dernières technologies grimpe à un niveau démesuré, mais quand même, 65 000 tomates, ce n’est pas rien! À ce compte, sachez qu’au moment d’écrire ces lignes, je me suis permis d’aller « construire » ma propre Chrysler Pacifica Pinnacle sur le site web de la marque, et d’emblée, la plus cossue des cossues venait avec plus de 10 000 $ de rabais. C’est déjà ça de pris!

Design : 8.5/10

Je l’ai déjà mentionné dans un récent essai dans ces pages avec une certaine Honda Odyssey Touring remaniée pour 2021 : le segment des fourgonnettes est en pleine reconstruction. Avec l’Odyssey redessinée, la Toyota Sienna complètement repensée – et hybride – et la Kia Carnival qui s’en vient très prochainement, il ne manquait plus qu’une version revue et améliorée de la Chrysler Pacifica. C’est fait, l’année-modèle 2021 qui vient avec son lot de modifications esthétiques et même techniques!

On remarque rapidement le nouveau bec de la fourgonnette américaine, la grille de calandre qui occupe une superficie plus imposante et les blocs optiques qui présentent quant à eux une nouvelle signature. Ce nouveau bouclier ne brisera certainement pas les conventions, mais je dois l’avouer, il est mieux réussi que l’ancien, ou celui de la nouvelle Chrysler Grand Caravan. De profil, on remarque assez rapidement les lettres de l’édition de luxe, ainsi que ces jantes chromées de 20 pouces de diamètre qui remplissent plutôt bien les arches de roues du véhicule. Finalement, la portion arrière n’est pas en reste avec cette bande noir piano qui lie les feux de position au centre. Ah oui, et sur le coffre à droite, l’écusson « AWD » confirme la nouvelle motricité du fourgon.

Habitabilité : 9/10

En bonne représentante de la catégorie, l’habitabilité de la plus luxueuse des fourgonnettes Chrysler est aussi bonne que toutes les autres Pacifica, à l’exception d’un petit détail qui risque de limiter le nombre d’acheteurs de cette édition de luxe. En effet, le célèbre système Stow ’n Go n’est pas disponible à la deuxième rangée, contrairement à la plupart des autres livrées. L’explication vient du fait que les deux sièges capitaines sont plus confortables, donc plus épais, et ainsi, impossibles à replier dans le plancher. Chrysler a laissé les espaces de rangement sous les pieds des passagers à cet endroit, mais ceux et celles qui pensaient acheter une Pacifica Pinnacle pour les rares occasions où le vaste plancher peut accueillir une feuille de contreplaqué de 4’x8’ seront déçus d’apprendre qu’il faut plutôt enlever les sièges manuellement. C’est le prix à payer pour que vos passagers au deuxième rang soient assis sur des baquets plus confortables.

Heureusement, la banquette de troisième rangée peut se replier dans le plancher à la simple pression d’un bouton dans le coffre. Les passagers à l’arrière peuvent aussi modifier l’angle de leur dossier à l’aide d’un bouton. Le grand luxe quoi!

Pour le reste toutefois, la Pacifica Pinnacle demeure un endroit où il ne manque absolument pas d’espace pour les passagers, et ce, aux trois rangées de sièges. Y a-t-il encore des sceptiques qui croient que les multisegments intermédiaires font mieux à ce chapitre? Je le répète : les fourgonnettes sont les championnes de l’espace intérieur.

Convivialité : 9.5/10

Au centre de la planche de bord, l’excellent système d’infodivertissement UConnect 5 fait aussi bien que l’écran tactile essayé à bord du Dodge Durango R/T 2021 il y a quelques semaines à peine. Les graphiques sont superbes, la réactivité de l’écran est sans faille et la disposition des menus est simple d’utilisation. Comme on dit en anglais : « enough said »!

Richement équipée, la Chrysler Pacifica Pinnacle a plus de boutons à bord que le nombre de véhicules stationnés au centre d’achat le samedi après-midi. Sous l’écran, on retrouve la molette de la boîte de vitesses, mais également les commandes de la climatisation et les paramètres de l’aide au stationnement. Au pavillon, les commandes d’ouverture des portières latérales se mêlent aux commandes d’ouverture du hayon et du toit ouvrant. Et puis, derrière, les passagers ont droit à deux écrans intégrés aux dossiers des sièges avant, avec télécommande et écouteurs sans fil en prime!

Confort : 8.5/10

Avec des sièges confortables, un habitacle relativement bien insonorisé et une suspension calibrée pour les grands boulevards, la Pacifica Pinnacle n’a rien à envier aux autres représentantes de son groupe. C’est vrai que les jantes de 20 pouces viennent aiguiser le comportement du véhicule, mais pas au point de la rendre inconfortable. Toutefois, puisque l’Odyssey Touring est toute fraîche dans ma mémoire, je dois dire que la fourgonnette nipponne est un brin plus douillette que la représentante américaine.

Sécurité : 9/10

J’ai l’impression de me répéter, surtout lorsqu’il est question des livrées très bien équipées, mais la Pacifica Pinnacle est, à l’instar de la majorité des véhicules neufs sur la route, très bien nantie au chapitre de la sécurité. Les multiples coussins gonflables, l’assistance au départ en ascension, le régulateur de vitesse intelligent, la caméra 360 degrés, la surveillance des angles morts et la détection des objets derrière, l’assistance au stationnement, la détection de collision avant avec freinage d’urgence, l’alerte de sortie de voie avec assistance, la liste est très longue.

L’avantage de cette livrée 2021 se trouve toutefois à l’arrière où les deux roues motrices additionnelles viennent seconder celles de l’essieu avant. Aucun flocon de neige n’est tombé durant cette semaine d’essai, mais il est rassurant de savoir que cette fourgonnette peut se sortir d’un banc de neige à l’occasion.

Puissance : 8/10

Ici, pas de surprise puisque le vénérable V6 Pentastar de 3,6-litres livre toujours 287 chevaux et un couple de 262 lb-pi. C’est clair que le poids ajouté vient gommer les accélérations quelque peu, mais bon, une fourgonnette n’est pas tenue de battre des records sur le quart de mille.

Agrément de conduite : 7,5/10

Je n’étonnerai personne en affirmant qu’aucun véhicule de la catégorie a ce qu’il faut pour suivre la cadence imposée par une voiture sport en circuit fermé. La Honda Odyssey essayée il y a quelques semaines est encore selon moi la meilleure à ce niveau, mais la Pacifica est loin d’être méchante à cet égard. Il y a du roulis lorsqu’on aborde un virage à vive allure et les distances de freinage sont plus longues que celles d’un roadster ultraléger, mais les modèles concurrents sont tous coupables d’un tel comportement.

Économie de carburant : 7/10

Qu’on le veuille ou non, une fourgonnette comme la Chrysler Pacifica est principalement utilisée en ville, pour déposer les enfants à l’école, au collège, au centre sportif, alléluia! L’inverse est aussi vrai, car une fourgonnette est un incroyable véhicule pour la route des vacances. L’ennui avec une motorisation V6 et un rouage intégral, c’est que la moyenne de consommation en prend pour son rhume. Selon les calculs de l’EnerGuide, la Pacifica AWD ne peut faire mieux que 12 L/100 km, tandis que le même véhicule à deux roues motrices enregistre 10,6 L/100 km. Dans mon cas, j’ai plutôt oscillé dans les environs des 12,7 L/100 km. C’est la réalité de ces appartements sur roues. Une fourgonnette, c’est lourd et ça consomme!

Caractéristiques : 9,5/10

Quand la liste d’options est aussi courte que celle du véhicule essayé, c’est qu’on a affaire à un véhicule riche en équipement. Autant le dire tout de suite, il ne manque de rien à bord de ce salon américain, à part peut-être l’afficheur tête haute. Ça viendra vraisemblablement avec la prochaine génération du véhicule.

Valeur : 8/10

Reste maintenant l’épineuse question du prix demandé. Comme je le disais en ouverture, 65 000 $ et des poussières, c’est beaucoup d’argent pour un véhicule destiné à la famille. C’est vrai aussi que les différentes marques du défunt groupe FCA sont réputées pour leurs campagnes de rabais importants et dans ce cas-ci, obtenir de 10 000 $ de réduction, c’est presque le même montant accordé par les deux paliers de gouvernement pour la Pacifica Hybride. À ce niveau de luxe, la Pinnacle risque d’être moins répandue que les livrées populaires du modèle, ce qui devrait aider pour la valeur à long terme. À court terme toutefois, la dépréciation ne sera pas clémente avec le véhicule le plus luxueux de la gamme Chrysler.

Conclusion

La Chrysler Pacifica Pinnacle est bien plus qu’une fourgonnette ultraéquipée avec des coussins lombaires à la deuxième rangée; elle est même de loin supérieure à son ancêtre, la Chrysler Town & Country. L’équipement est complet, le confort à point et le rouage intégral ajouté est un plus pour les familles canadiennes. Reste encore à déterminer si, pour accéder au niveau supérieur, vous êtes prêts à dire adieu aux célèbres sièges Stow ’n Go ou carrément de débourser un tel montant pour un véhicule qui risque d’être malmené par la marmaille.

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée 3,6L   Modèle à l'essai Chrysler Pacifica Pinnacle 2021
Nb. de cylindres V6   Prix de base 65 795 $
Puissance 287 ch   Taxe climatiseur 100 $
Couple 262 lb-pi   Frais transport et préparation 1 895 $
Consommation de carburant 14,1 / 9,4 / 12,0 L/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 68 930 $
Volume de chargement 915 / 2 478 / 3 979 L derrière la 3e/2e/1re rangée  
Équipement en option
1 140 $ – Couleur métallisée, 245 $; Ensemble remorquage, 895 $