Agrément de conduite 101
POSITIFS
  • Confort grandement amélioré
  • Tenue de route impressionnante
  • Un habitacle plus invitant
NÉGATIFS
  • Design discutable
  • Visibilité arrière réduite
  • Espace limité pour la tête des occupants à l’arrière
Nissan Sentra SR 2021 : essai routier

Le raz-de-marée utilitaire fait rage en ce moment. Les constructeurs multiplient les campagnes de séduction dans tous les créneaux inimaginables – et surélevés – auprès du public et Nissan ne fait certainement pas exception avec pas moins de sept modèles tous aussi différents les uns des autres. Permettez-moi tout de même de lancer tout de suite quelques fleurs aux stratèges de la marque canadienne, Nissan Canada qui persiste à aligner une gamme de berlines au lieu de faire comme d’autres divisions qui abandonnent carrément la voiture telle qu’on la connaît depuis plusieurs décennies.

Si les jours de la Maxima sont probablement comptés, l’Altima renouvelée il y a deux ans demeure une belle option avec son rouage intégral, tandis que la nouvelle Versa ira certainement chercher quelques ventes auprès de ceux et celles qui veulent une voiture facile à garer et sans histoire. Et la Sentra elle? Quelle est sa place au sein d’une gamme déjà bien étalée?

Jusqu’à l’an dernier, la berline compacte – elle n’est plus si compacte au cas où vous ne l’auriez pas remarqué – était considérée par plusieurs comme l’option « confortable », la Sentra qui a perdu son âme sportive quelque part entre le milieu des années 2000 et l’an dernier, année où Nissan lui a réservé une refonte fortement méritée.

Or, pour 2021, l’aile canadienne en rajoute avec l’introduction d’une livrée SR munie d’une boîte manuelle à six rapports. Oui, vous avez bien lu, Nissan ose offrir un niveau de finition supérieur avec une bonne vieille transmission à trois pédales. J’ai pu découvrir si la nouvelle Sentra a ce qu’il faut pour plaire à un auditoire de plus en plus mince, celui qui croit encore à la pertinence d’une telle boîte de vitesses.

Agrément de conduite : 8,5/10

Je fais exception à la règle cette fois-ci en abordant tout de suite cet aspect de la berline compacte. Au risque de me répéter, les mots Sentra et agrément de conduite n’ont pas été aperçus souvent au sein de la même phrase au fil des dernières années. Au mieux, quelques livrées SE-R Spec V et possiblement la plus récente Sentra Nismo ont certainement accroché un petit sourire à mon visage, mais rien pour écrire à ma mère.

Pourtant, cette nouvelle version de la berline m’a rapidement fait oublier toutes ces versions du passé après quelques kilomètres passés derrière son volant à base aplatie. Et ce n’est même pas grâce à cette boîte manuelle qui, sans être désagréable – loin de là même –, ne passera pas à l’histoire pour la précision de son levier de vitesses. Non, c’est tout le reste qui m’a séduit, notamment le fait que la suspension arrière soit désormais indépendante ou la rigidité accrue du châssis par exemple. Je pourrais également aborder la direction qui, jumelée aux jantes de 18 pouces, s’occupe de livrer un maximum d’information au conducteur sur l’état de la chaussée. On sent vraiment que la voiture pourrait facilement prendre une cinquantaine de chevaux additionnels sous le pied droit. Oui, elle est à ce point plaisante à conduire celle-là!

Puissance : 7,5/10

Avec 149 chevaux et 145 lb-pi de couple, la Nissan Sentra n’est pas une foudre de guerre. Plusieurs berlines de la catégorie offrent sensiblement le même niveau de puissance. Toutefois, la boîte manuelle sauve la mise ici et permet d’exploiter un peu plus la souplesse du moteur 4-cylindres de 2,0-litres de cylindrée. Certes, l’unité CVT fera mieux à la pompe, mais pour les conducteurs qui apprécient une voiture avec un minimum de sportivité, la Sentra livre la marchandise.

Design : 8/10

Cela fait déjà quelques années que le département de design de Nissan nous sert cette formule avec cette imposante calandre en « V » à l’avant, les blocs optiques affûtés et ce toit flottant qui peut, comme dans ce cas-ci, être peint dans une couleur contrastante. Dans le cas de la livrée SR, l’ajout d’un becquet sur le bout du coffre, de ce pot d’échappement bien en évidence et de ces jantes noires de 18 pouces qui remplissent plutôt bien les arches de roues, tous ces petits détails lui confèrent une silhouette plus attrayante que par le passé. Certains lui préfèreront le design haut de gamme de la Mazda3 ou le côté excentrique de la Hyundai Elantra, mais pour l’ensemble de l’œuvre, la Nissan Sentra SR n’est pas vilaine à regarder.

Sécurité : 9/10

L’histoire se répète : l’automobile moderne est de plus en plus équipée pour sécuriser les occupants et la Sentra respecte en tous points cette réalité. D’ailleurs, nul besoin de repartir au volant d’une livrée SR pour avoir droit à toute cette technologie, car même la Sentra S de base vient d’office avec un régulateur de vitesse intelligent, l’avertissement de risque de collision frontale intelligent, le système de freinage d’urgence intelligent, le système de détection de sortie de voie, le système d’avertissement sur l’angle mort, le système d’alerte de trafic transversal, la caméra de recul, le système de sonar arrière, le système de freinage d’urgence intelligent, le contrôle dynamique du véhicule avec système de traction asservie, un système de frein moteur intelligent, un contrôle actif de la suspension, un contrôle actif de la trajectoire, l’assistance au démarrage en pente, l’assistance aux feux de route et l’alerte intelligente vigilance conducteur.

Habitabilité : 8/10

La Sentra a grandi depuis 1982, année de son introduction sur le marché canadien. C’est l’histoire de toutes les compactes commercialisées chez nous depuis les années 80 d’ailleurs. À l’avant, l’espace est tout à fait dans la bonne moyenne de la catégorie, tandis qu’à l’arrière, les passagers ont également suffisamment d’espace pour les jambes. Je dois tout de même souligner que le pavillon de toit n’est pas favorable aux passagers de grande taille. Le coffre, en revanche est caverneux.

Confort : 8.5/10

Malgré ce petit côté sportif et une suspension ferme, la Sentra SR n’a fait qu’une bouchée des nids-de-poule du réseau routier québécois. Quant aux sièges Zéro Gravité intégrés à la première rangée, ils se sont avérés très confortables pendant ces quelques jours d’essai. Certes, ceux-ci n’offrent pas beaucoup de support, mais bon, la vocation de la Sentra n’est pas nécessairement de battre des records de force G en circuit fermé.

Convivialité : 8/10

Ici aussi, Nissan marque des points. Le système d’infodivertissement est plus clair au niveau de l’affichage et il est plus facile de naviguer à travers les multiples applications. Les boutons logés à la base de l’écran tactile sont également un élément digne de mention dans ce cas-ci. Même les boutons sur le volant sont faciles d’utilisation. Je dois l’avouer, cette refonte de la Sentra lui a fait le plus grand bien, surtout du point de vue conducteur.

Économie de carburant : 7/10

Le déclin de la boîte manuelle s’explique aussi par la performance supérieure des boîtes de vitesses automatisées de nos jours. Et l’unité CVT de Nissan, bien que moins amusante que la bonne vieille boîte manuelle, se veut un argument massue, surtout en ville où une Sentra SR à boîte CVT enregistre une moyenne de consommation de 8,2 L/100 km, contre 9,4 L/100 km avec la Sentra SR à boîte manuelle. C’est beaucoup, mais c’est le prix à payer pour conduire une voiture plus engageante au quotidien. Pour ma part, mon essai s’est déroulé à des températures assez froides merci – dans les alentours des -20°C –, ce qui explique en partie ma moyenne de 9,5 L/100 km (au lieu du 8,1 L/100 km prévu par RNCan). L’enthousiasme de l’essayeur est également en cause ici!

Caractéristiques : 8/10

En version SR, la Nissan Sentra ne manque de rien, si on tient compte qu’il s’agit d’une voiture économique. La sellerie en tissu sport n’est peut-être pas aussi attrayante que celle en Prima-Tex dans la livrée SR Prime, mais bon, il ne s’agit pas d’un oubli majeur à mon avis. De toute manière, les baquets de la première rangée sont chauffants, idem pour le volant. Je pourrais souligner l’absence d’un affichage tête haute, mais à la défense de Nissan, ce type d’équipement n’est pas très répandu dans la catégorie. La recharge par induction est également absente de la liste des équipements, mais en revanche, il est possible de brancher un appareil intelligent et de profiter des applications Apple CarPlay ou Android Auto via l’écran tactile. Quant aux nombreux dispositifs de sécurité livrés de série, disons seulement que la Sentra SR est bien nantie, malgré l’absence de quelques joujoux.

Valeur : 8/10

À un prix de départ de 22 898 $, la Nissan Sentra SR 2021 est nez à nez avec d’autres berlines compactes de la catégorie. On pense notamment à une Mazda3 GS à boîte manuelle ou une Toyota Corolla SE à boîte manuelle, mais ces deux nipponnes ne viennent pas avec des jantes de 18 pouces ou un habitacle un peu plus « jazzé ». Disons seulement que dans ce cas-ci, le jeu des comparaisons revient au consommateur qui doit carrément choisir parmi les rares options de berlines à boîte manuelle du segment et repartir avec celle qui lui plaît. La Sentra SR représente à mon avis une belle prise grâce à son équipement relevé.

Conclusion

Je l’avoue, cette berline Sentra SR m’a pris par surprise. Les deux dernières générations de la berline ne m’ont jamais vraiment impressionné au chapitre de l’agrément de conduite, tout le contraire de cette version remaniée de fond en comble l’an dernier. Quant à l’audace de Nissan d’offrir une boîte manuelle à bord d’une édition très bien équipée, je n’ai d’autre choix que d’applaudir l’aile canadienne, même si je doute de la popularité de cette version à moyen terme.

La Nissan Sentra SR 2021 à boîte manuelle démontre une fois de plus qu’il n’est pas nécessaire d’injecter 250 chevaux sous le capot d’une berline compacte pour avoir du plaisir au volant.

Agrément de conduite 101 2021-02-11 06:30:00

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée 2,0L   Modèle à l'essai Nissan Sentra SR (à BVM) 2021
Nb. de cylindres I4   Prix de base 22 898 $
Puissance 149 ch @ 6 400 tr/min   Taxe climatiseur 100 $
Couple 145 lb-pi @ 4 400 tr/min   Frais transport et préparation 1 670 $
Consommation de carburant 9,4 / 6,5 / 8,1 L/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 25 318 $
Volume de chargement 405 L  
Équipement en option
650 $ – Couleur carrosserie (Noir intense/Blanc d’Aspen) 650 $