Même s’il n’est pas aussi pratique que le CX-5, le CX-30 est, à mon avis, le véhicule le plus intéressant de la gamme Mazda, si on ne tient pas compte de l’incroyable MX-5.
POSITIFS
  • Agrément de conduite
  • Finition de voiture de luxe (modèle GT)
  • Rouage intégral efficace
NÉGATIFS
  • Valeur de revente
  • Moteur de base un peu juste
  • Vision arrière étroite
Mazda CX-30 2021 : essai routier

Il y a un an presque jour pour jour, je prenais l’avion pour aller découvrir la plus récente addition à la gamme Mazda, le CX-30 2020. Ce nouveau CX glissé entre le très urbain CX-3 et le polyvalent CX-5 a changé la donne chez Mazda. Bon, on ne parle pas d’un succès aussi retentissant au chapitre des ventes que le CX-5, mais tout de même, pour une première année sur nos routes – n’oublions pas le contexte de pandémie dans lequel nous sommes tous plongés –, le fait que le constructeur nippon ait réussi à attirer jusqu’ici plus de 8 000 consommateurs canadiens démontre que le format intermédiaire ou « un peu plus gros que le CX-3 » est le bon.

Le constructeur nippon a encore du chemin à faire avant de supplanter les poids lourds de la catégorie comme le Hyundai Kona ou le Subaru Crosstrek, pour ne nommer que ceux-là. Même le nouveau Kia Seltos a mieux fait que le CX-30 cette année. Mais, on ne peut pas accuser Mazda de ne pas essayer. Les récents modèles sont encore mieux ficelés et l’expérience de conduite est toujours au cœur de la philosophie de la marque qu’on surnomme Jinba Ittai, ou si vous préférez l’explication imagée du cavalier qui ne fait qu’un avec sa monture.

Cette fois, c’est au Québec que s’est tenu ce deuxième essai routier au volant d’un Mazda CX-30 GT 2021, le modèle qui commande tout de même la jolie somme de 33 850 $ avant les frais de préparation et les taxes en vigueur. Voici ce que j’ai retenu.

Design : 8.5/10

Il n’y a pas à dire, la silhouette racée des véhicules Mazda ne laisse personne indifférent. On aime ou on n’aime pas, c’est à ce point tranchant. Le CX-30 s’inspire bien évidemment de ses pairs, mais plus particulièrement de la récente Mazda3, les designers du constructeur qui ont poussé un peu plus loin – ou plus haut devrais-je dire – le langage Kodo qui habille la gamme Mazda. L’élément le plus distinctif de ce CX-30 est probablement cette portion inférieure de la caisse en plastique noir, lui qui fait équipe avec ces imposantes arches de roues qui rehaussent un peu plus cette impression de hauteur. Même les jantes de 18 pouces de la livrée GT paraissent petites à l’intérieur de celles-ci.

Si la portion avant du multisegment ressemble beaucoup à celle des autres véhicules, le postérieur en revanche adopte une approche un peu plus sophistiquée avec ces feux de position aux DEL. Même si le Mazda CX-30 2021 affronte des Hyundai et des Chevrolet, sa ligne lui permettrait de se frotter aux modèles huppés de l’industrie.

Sécurité : 9/10

Cette facette de l’automobile est plus que jamais une priorité des constructeurs. Au fil des années, Mazda a bonifié son offre en ce sens. Et à bord de cette livrée GT, les dispositifs pour garder les occupants à l’abri des imprévus sont nombreux. Déjà, sur le modèle d’entrée de gamme GX, on compte la surveillance d’angle mort, l’alerte de trafic transversal arrière, la caméra de recul résolument plus claire que certains modèles Mazda plus âgés (!), le contrôle de stabilité, le contrôle de la traction et l’aide au démarrage en côte.

Plus haut dans la gamme, le CX-30 GS reçoit un régulateur de vitesse adaptatif avec fonction arrêt/démarrage, un système d’aide au freinage avant, la détection des piétons, l’assistance de reconnaissance de distance, l’avertissement d’obstruction frontale, le suivi de la voie, l’avertissement de sortie de voie, l’alerte d’attention du conducteur, notamment. Et comme si ce n’était pas assez, la livrée GT a l’aide au freinage arrière, des sonars de stationnement et l’affichage tête haute, un gadget que j’apprécie de plus en plus puisqu’il permet de garder un œil sur la route.

Habitabilité : 8/10

Comme je le dis depuis son apparition sur le marché, le Mazda CX-30 propose des dimensions beaucoup plus intéressantes que celles du petit CX-3. Disons qu’il peut jouer le rôle de véhicule familial, à condition de ne pas avoir trop de bagages. Le sac de hockey de votre ado aura du mal à rentrer dans le coffre, surtout si votre future vedette de la LNH doit prendre place à la deuxième rangée. Face aux autres multisegments « agrandis » – je pense notamment au Kia Seltos –, le Mazda CX-30 fait bonne figure aux deux rangées de sièges pour l’espace réservé aux passagers.

Convivialité : 7/10

L’écran central maintenant! Mazda a choisi son camp il y a quelques années déjà, soit celui d’installer un maximum de commandes du quotidien entre les deux occupants à l’avant. Le volume de la chaîne audio par exemple est à droite de la console centrale, ce qui permet au passager de droite de contrôle facilement le volume. Cette grosse molette, quant à elle, sert de lien entre le conducteur et les nombreuses applications du système d’infodivertissement. Franchement, c’est beaucoup plus facile de « surfer » à l’intérieur de cet écran non tactile que sur les modèles un peu plus âgés de la marque (MX-5, CX-9, etc.). La qualité des graphiques est grandement améliorée et la réactivité du système est à point. Malgré tout, je trouve qu’un écran tactile bien placé qui propose des icônes de bonne grandeur est plus facile à utiliser au quotidien.

Je ne peux nier toutefois que Mazda essaye par tous les moyens d’impliquer le conducteur. À ce niveau, la position de conduite est parfaite, un compliment qui ne surprendra probablement personne. Bravo aussi pour les commandes de la ventilation logées au centre de la planche de bord, même si certains trouveront à redire sur la taille de ceux-ci.

Confort : 8/10

Contrairement à mon premier contact avec le CX-30 2021, cet essai s’est déroulé dans la grande région de Montréal où les nids-de-poule abondent. Heureusement, malgré les jantes de 18 pouces et cette obstination de Mazda à prioriser l’agrément de conduite – ce n’est pas une critique en passant –, le multisegment a bien résisté aux imperfections du bitume. Disons que c’est beaucoup plus feutré que dans le CX-3 qui, rappelons-le, repose sur une plateforme de sous-compacte. Ajoutons également que les sièges sont assez rembourrés pour les trajets prolongés. L’insonorisation pourrait être améliorée, mais au risque de me répéter, le CX-30 est ce qui se fait de mieux au sein de Mazda en ce moment.

Agrément de conduite : 9/10

Là-dessus, le CX-30 respecte la tradition de la marque à la lettre. De la direction alourdie et précise en passant par la suspension ferme (sans trop l’être), sans oublier le groupe motopropulseur parfaitement adapté au châssis rigide du véhicule, le CX-30 implique son conducteur à chaque instant. Bien entendu, il est permis d’aborder le très attendu modèle Turbo qui arrivera au cours de l’hiver 2021, mais déjà, le moteur 4-cylindres de 2,5-litres atmosphérique accomplit de l’excellent travail avec la boîte automatique à six rapports. S’il est vrai que la concurrence propose des boîtes de vitesses à sept, huit ou neuf rapports, l’unité de Mazda n’a pas à rougir du nombre inférieur de rapports, elle qui se marie bien avec le moulin à l’avant. Même les rétrogradations sont très efficaces en mode manuel, que ce soit avec le levier ou les palettes. Bref, à part la garde au sol plus importante, le CX-30 offre presque la même expérience que dans une Mazda3!

Puissance : 8/10

Avec 186 chevaux et 186 lb-pi de couple, ce bloc de 2,5-litres en donne juste assez. C’est vrai que le moteur turbocompressé va carrément transformer le CX-30, mais pour le commun des mortels qui n’a pas besoin de 250 chevaux sous le pied droit, le moteur 2,5-litres est amplement suffisant.

Économie de carburant : 8/10

Contrairement à cette escapade californienne l’an dernier, mon essai s’est déroulé au début du mois de décembre alors que le mercure oscillait aux alentours du point de congélation. Pour 2021, la désactivation des cylindres (pour sauver quelques sous à la pompe) a été enlevée de la liste d’équipements du modèle GT. Peu importe, le CX-30 GT est capable de se maintenir sous les 10 L/100 km, à condition de ne pas abuser du mode manuel, du mode Sport (qui aiguise quelque peu les réactions de la mécanique) et des accélérations répétées en ville. J’ai pour ma part enregistré une moyenne de 9,4 L/100 km suite à un trajet où je n’ai pas ménagé la mécanique. C’est vrai qu’il existe des options plus frugales dans la catégorie, mais le CX-30 en donne plus à son conducteur, du moins en matière de plaisir.

Caractéristiques : 8/10

Bien entendu, à bord de cette livrée GT, l’équipement se fait généreux avec la sellerie en cuir, la suite interminable de dispositifs de sécurité et l’affichage tête haute, pour ne nommer que ceux-là. On peut également mentionner que les phares améliorés du CX-30 lui permettent d’obtenir la mention Top Safety Pick+ de l’IIHS américain en 2021. Mazda, comme beaucoup de constructeurs, n’essaye malheureusement pas d’imiter les deux joueurs coréens qui en donnent toujours plus au niveau de l’équipement, notamment avec une sellerie chauffante à la deuxième rangée. Ce n’est pas vraiment un reproche en soi, car le CX-30 GT est un VUS bien équipé, mais bon, il ne faut pas s’étonner de l’intérêt des consommateurs pour les modèles coréens à cause de cette surenchère à la liste des équipements.

Valeur : 7/10

Je maintiens ma position de décembre 2019 : le Mazda CX-30 est un véhicule qui mérite d’être comparé aux ténors de la catégorie. Son agrément de conduite, sa qualité d’exécution initiale et son niveau de sécurité confèrent au plus récent multisegment Mazda une valeur supérieure aux modèles plus anciens de la gamme. Toutefois, il ne faut pas oublier que les véhicules de la marque souffrent encore de cette valeur de revente inférieure à certaines divisions comme Toyota, Honda ou même Subaru par exemple. À un prix assez salé de 33 850 $ avant les frais de livraison, le CX-30 GT est stratégiquement bien placé entre les plus dispendieux et certains modèles plus âgés vendus quelques centaines de dollars moins chers.

Conclusion

Le « juste milieu » est une expression qui s’applique parfaitement au CX-30. Le CX-3, malgré toutes ses qualités de véhicule urbain capable de se faufiler dans la circulation n’est pas le plus pratique. Plus haut dans la gamme, le CX-5 sera appelé à grandir lors de la refonte qui ne saurait tarder. C’est justement là qu’entre en scène le CX-30, juste assez grand pour accommoder un peu plus de marchandise et juste assez compact pour conserver ses attributs de voiture compacte agile et sportive. Après tout, sous cette architecture de multisegment se cache une Mazda3.

Même s’il n’est pas aussi pratique que le CX-5, le CX-30 est, à mon avis, le véhicule le plus intéressant de la gamme Mazda, si on ne tient pas compte de l’incroyable MX-5. 2020-12-21 10:00:00

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée 2,5L   Modèle à l'essai Mazda CX-30 GT 2021
Nb. de cylindres L4   Prix de base 33 850 $
Puissance 186 ch @ 6 000 tr/min   Taxe climatiseur 100 $
Couple 186 lb-pi @ 4 000 tr/min   Frais transport et préparation 1 950 $
Consommation de carburant 9,9 / 7,7 / 8,9 L/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 35 900 $
Volume de chargement 572 / 1 280 L sièges rabattus  
Équipement en option
Aucune