C’est bien beau le plaisir de conduire, mais…
POSITIFS
  • Agrément de conduite d’une voiture
  • Accélérations impressionnantes
  • Qualité initiale
NÉGATIFS
  • Caméra de recul décevante
  • Système infodivertissement peu intuitif
  • Volume inférieur à la concurrence
Mazda CX-5 2020 : essai routier

Il y a quelques mois à peine, nous prenions, mon collègue William Clavey et moi, le volant des deux livrées les plus dispendieuses de la gamme CX-5 afin d’identifier les différences entre le CX-5 Signature 2.5T et le CX-5 Signature 2.2D. Bien que cette version à moteur turbodiesel puisse intéresser une clientèle très spécifique (à cause de sa capacité de remorquage accrue), notre conclusion de ce match comparatif aux couleurs de Mazda était fort simple : le CX-5 qui carbure à l’essence était celui qu’il fallait privilégier.

J’ai récemment repris le volant d’une livrée 2020 de ce modèle cossu et le moins que je puisse dire avant d’entrer en détail, c’est que nous avions raison sur toute la ligne. Mazda Canada a même retiré l’option 2.2D de son site web officiel, ce qui veut dire qu’il reste assurément quelques copies du VUS diesel ici et là au pays, sans plus. En revanche, le CX-5 le plus puissant est l’un de quatre modèles commercialisés au Canada munis de cette motorisation turbocompressée, le constructeur qui va bientôt ajouter la Mazda3 Turbo et le CX-30 Turbo, en plus du CX-5 et du CX-9 déjà en service depuis quelques années.

Design : 8.5/10

La silhouette du CX-5 ne s’inscrit pas à ce mouvement « hors route » observé depuis quelques mois – je pense notamment au nouveau Ford Bronco Sport ou même au Toyota RAV4 Trail –, le modèle nippon qui préfère s’en tenir à sa philosophie Kodo qui dicte le design des plus récents modèles de la marque. À ce sujet, le Mazda CX-5 GT Signature n’a pas pris une seule ride depuis sa refonte de 2018. Avec ses jantes de 19 pouces, sa finition chromée à l’avant et ce rouge cristal métallisé, le VUS compact ne passe pas inaperçu dans un océan de multisegments aux couleurs ternes. Il serait toutefois intéressant que le modèle le plus sportif de la gamme soit habillé différemment, ne serait-ce que pour justifier le prix demandé.

Sécurité : 8/10

L’aspect sécurité commence tout d’abord par un véhicule qui implique davantage son conducteur. Résultat : un conducteur plus éveillé par l’agrément de conduite de son véhicule est susceptible de mieux se rendre à bon port. Heureusement, il y a plus : le contrôle vectoriel-G Plus (amélioré par rapport à la première version du système) est un dispositif conçu pour réduire la fatigue au volant, mais aussi pour rendre les trajets plus confortables, un détail à peine perceptible pendant la conduite. Le CX-5 vient aussi avec une aide au freinage en ville, une surveillance des angles morts, une alerte de trafic transversal et une caméra de recul qui, ma foi, n’est pas terrible au niveau de la résolution de l’image! L’affichage tête haute est également un gadget qui sécurise la conduite, le conducteur qui n’a pas besoin de baisser la tête aussi souvent.

Habitabilité : 6/10

On s’aperçoit assez rapidement que le CX-5 devra grandir lorsqu’il sera révisé de fond en comble. En effet, le volume du coffre par exemple de 875 litres est bien loin de celui du Honda CR-V qui peut accueillir jusqu’à 1 110 litres. C’est peut-être aussi pour cela que le prochain CX-5 risque de s’appeler CX-50, en réaction à l’arrivée du CX-30 plus tôt cette année.

Convivialité : 5/10

Même si Mazda est enfin passé à l’ère Apple CarPlay et Android Auto à bord de la plupart de ses véhicules – c’est le cas à bord du CX-5 2020 –, ça ne garantit pas une expérience sans faille de la part du système d’infodivertissement. Déjà, à la base, je ne suis pas le plus grand fan de la disposition des menus, ni même de la qualité graphique d’ailleurs, mais quand en plus ce dernier me force à attendre plusieurs secondes, voire plusieurs minutes avant d’entrer en fonction, c’est loin d’être convivial! À plusieurs reprises, l’écran nécessitait quelques instants pour revenir à la vie. Est-ce un cas isolé? J’ose espérer que oui, mais bon, disons que la première impression est ratée.

Je peux au moins applaudir les concepteurs de l’environnement du conducteur, car les boutons du quotidien sont judicieusement disposés, même ceux qui permettent de naviguer à travers les menus de l’écran central.

Confort : 7/10

La sportivité du CX-5 Signature nuit quelque peu au confort du véhicule. En effet, la fermeté de la suspension et des sièges fait en sorte qu’on ne se sent pas aussi en confort à bord de ce dernier. En revanche, lorsque la route se tortille quelque peu, le CX-5 est un premier de classe pour la tenue de route. J’y reviens justement.

Agrément de conduite : 9/10

C’est l’arme secrète du Mazda CX-5, et c’est encore plus vrai avec le moteur turbo. Le grondement qu’il émet lorsque le pied droit en redemande est plus près de celui d’une voiture sport que d’un VUS conçu pour transporter la marmaille. Les accélérations – et même les reprises – impressionnent sur l’autoroute ou sur une route secondaire, le sifflement du turbo qui arrive parfois à se frayer un chemin dans l’habitacle au plus grand plaisir du conducteur.

Certes, la boîte automatique accomplit un boulo honnête, les rétrogradations qui s’accompagnent toutefois de petits « à-coups ». J’aimerais bien voir une unité à double embrayage avec ce moteur, mais bon, pour l’instant, cette option n’existe pas.

Le châssis est rigide à souhait, tout comme la suspension calibrée pour une conduite sportive. N’allez pas croire que le CX-5 est « inconduisible » sur nos routes cabossées, mais sachez qu’il existe des options plus moelleuses sur le marché. La direction est elle aussi lourde et relativement précise, un plus lorsqu’il faut effectuer un virage serré. Bref, le CX-5 est à mon avis le plus aiguisé de la catégorie au chapitre de l’agrément de conduite, mais cet avantage se fait au détriment du confort des passagers.

Puissance : 9/10

Dans la catégorie des VUS compacts, seul le Toyota RAV4 Prime supplante de beaucoup le représentant de Mazda. Avec 250 chevaux et 320 lb-pi de couple (avec de l’essence Super rappelons-le), le CX-5 Signature n’a rien à envier aux autres livrées turbocompressées de la catégorie, à part peut-être le 2,0-litres turbo, boulonné dans le Jeep Cherokee. Pour ce qui est du couple toutefois, le CX-5 est dans une classe à part.

Économie de carburant : 8/10

Il y a quelques années à peine, le talon d’Achille des produits Mazda était de consommer passablement plus que la concurrence. Cette époque est heureusement dernière nous, la philosophie SkyActiv qui a réglé cette problématique. L’EnerGuide parle d’une moyenne combinée de 9,8 L aux 100 km, un résultat acceptable vu le tempérament sportif du véhicule. Pour ma part, j’ai obtenu une moyenne qui tourne autour des 11 L/100 km, une statistique due à l’enthousiasme de mon pied droit… probablement!

Caractéristiques : 8/10

Situé au sommet de la gamme, le CX-5 Signature est donc le plus équipé de son groupe. On ne peut pas dire en effet qu’il manque beaucoup d’éléments à bord. L’affichage tête haute est l’un de mes favoris, ce dernier qui a la particularité de prévenir le conducteur de la présence d’un véhicule dans l’un ou l’autre des angles morts… une belle touche à mon avis!

Il manque certainement une sellerie ventilée à la première rangée et des sièges chauffants aux deux extrémités, tandis que le système d’infodivertissement se doit d’être révisé dans un avenir rapproché.

L’écran 360 degrés est un autre avantage lorsqu’est venu le temps de se stationner, tandis que les palettes logées derrière le volant contribuent à rendre le véhicule plus amusant à conduire.

Valeur : 7/10

À 41 900 $, le Mazda CX-5 Signature 2020 n’est pas le plus onéreux VUS de la catégorie, mais disons qu’il se trouve dans le peloton de tête. Autrement dit, le « gros » CX-5 s’aligne avec les autres modèles fortement équipés du segment. À ce chapitre, c’est vraiment une question de goût ou de sensation au volant. Sachez toutefois que le CX-5 n’est pas au top pour la valeur de revente, et ce, malgré sa qualité de construction et l’agrément de conduite qu’il procure.

Conclusion

Comment expliquer l’impopularité du Mazda CX-5 face à des ténors comme le Toyota RAV4, le Honda CR-V et même le Nissan Rogue? Plusieurs facteurs doivent être pris en considération ici, comme le fameux volume intérieur – le CX-5 qui est désavantagé à ce chapitre – ou le piètre rendement de l’écran central, un bidule devenu essentiel de nos jours. On peut aussi lancé l’hypothèse de la valeur de revente inférieure ou carrément l’attrait des autres VUS plus logeables et plus confortables que le CX-5. C’est sur ces points que le remplaçant du CX-5 devra s’améliorer. De nos jours, le plaisir de conduire n’est plus un facteur déterminant… surtout dans une catégorie si cruciale.

C’est bien beau le plaisir de conduire, mais… 2020-09-24 06:30:00

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée 2,5L   Modèle à l'essai Mazda CX-5 Signature 2020
Nb. de cylindres L4 turbo   Prix de base 41 900 $
Puissance 250 ch @ 5 000 tr/min   Taxe climatiseur 100 $
Couple 310 lb-pi @ 2 000 tr/min   Frais transport et préparation 1 950 $
Consommation de carburant 10,8 / 8,7 / 9,8 L/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 44 400 $
Volume de chargement 875 / 1 687 L sièges rabattus  
Équipement en option
450 $ – Rouge cristal métallisé, 450 $