C’est comme une Cooper S… avec un E!
POSITIFS
  • Agilité d’une Mini Cooper S
  • Étonnantes accélérations
  • Qualité d’exécution
NÉGATIFS
  • Faible autonomie
  • Mode régénératif un peu intense
  • Espace intérieur limité
Mini Cooper SE 2021 : essai routier

Notre essai de la toute première Mini Cooper entièrement électrique devait avoir lieu quelque part au printemps, mais comme plusieurs modèles fraîchement débarqués en 2020, la pandémie a tout chamboulé. C’est donc à la fin du mois d’août que j’ai pu découvrir cette première incursion dans le créneau tout électrique de l’industrie pour Mini.

On devine que l’apport de BMW y est pour beaucoup dans l’élaboration du premier « VÉ » de Mini, le constructeur à l’hélice qui est déjà présent sur le marché depuis quelques années déjà avec l’i3. La bonne nouvelle – pour les inconditionnels de la division d’origine britannique du moins –, c’est que l’essence de la Mini Cooper semble être intouchée dans l’élaboration de cette très lointaine descendante du concept d’Alex Issigonis, celui à qui on doit cette icône de l’automobile. Portrait d’une Mini Cooper S avec un « E » sur le bout du coffre!

Design : 9/10

Je dois tout de suite me confesser : j’adore les jantes asymétriques de cette livrée Premier+, la plus chère de la gamme. À elles seules, elles justifient le groupe optionnel Premier+ d’une valeur de 8 000 $, un non-sens sur une citadine aussi peu pratique. Mais, que voulez-vous, l’achat d’une Mini Cooper S n’a rien de cartésien. On acquiert ce jouet urbain pour « flasher », pour ne plus jamais fréquenter les pompes à essence et pour s’amuser un peu au volant. Pour le reste, la Mini Cooper SE ne change pas beaucoup par rapport à ses consœurs à essence, à part ce bouclier flanqué d’un panneau plein tatoué d’une bande jaune fluo avec le logo spécialement conçu pour la ligne électrique de la marque. On l’avait d’ailleurs déjà aperçu sur le Countryman SE cet écusson qui prend la forme d’une fiche électrique. Notez également la trappe du côté droit qui reçoit le fameux « E » des véhicules électrifiés de la marque.

Sécurité : 9/10

Puisqu’il s’agit de la version la plus équipée, l’aspect sécurité est également très complet à bord de cette puce électrique. Même si la planche de bord de la voiture n’est pas très haute, l’affichage tête haute est un plus qui garantit que le conducteur garde son attention sur la route et non sur les deux écrans logés devant lui. La suite de systèmes d’aide à la conduite fait aussi partie de la fiche technique et l’énumération de ces systèmes avancés serait simplement trop longue pour cet exercice.

Habitabilité : 5/10

Ici, la Cooper SE perd des points à cause de sa configuration à trois portières seulement. Disons seulement que pour attacher deux jeunes enfants à la deuxième rangée, il faut accepter de jouer au contorsionniste. De plus, l’espace derrière est symbolique, un commentaire qui s’applique aussi au nombre de litres disponibles derrière cette banquette. Une petite commande à l’épicerie (pour deux adultes) et le coffre est plein! Heureusement, à l’avant, la Cooper électrique est fidèle aux autres livrées à essence.

Convivialité : 7.5/10

Les concepteurs de la Cooper SE n’ont pas cherché à modifier grandement l’intérieur. La planche de bord est donc la même que dans les autres versions, à une ou deux exceptions comme ce petit écran arrondi derrière le volant ou pour quelques touches propres au modèle électrique. J’aime bien cette nouvelle jauge d’instrumentation derrière le volant, tout comme l’écran inséré au centre de ce cercle central. On peut naviguer à travers les différents menus du système infodivertissement soit par le toucher ou avec ce régiment de boutons installés non loin du levier de la transmission. On finit par s’habituer à ce dernier, même si je trouve qu’il y a encore trop de menus.

Confort : 7.5/10

La mode de propulsion électrique ne change rien non plus au comportement de la voiture. La Mini Cooper SE a toujours ce petit côté « go-kart » qui plaît aux amateurs. Autrement dit, sur une belle surface lisse, la Cooper SE n’a rien à se reprocher, mais lorsque l’asphalte devient aussi bosselé qu’une épreuve de la Coupe du Monde en ski de bosses, la citadine se fait beaucoup plus sautillante. Ce n’est pas la faute des ingénieurs si les routes de la belle province sont en si mauvais état!

Agrément de conduite : 9/10

Parce que la perfection n’existe pas en ce bas monde, j’attribue la note de 9/10 à cette version électrique de la Cooper. Comme je l’espérais en prenant le volant de l’électrique Mini, la Cooper SE est essentiellement une Cooper S avec un groupe motopropulseur électrique. Les accélérations sont silencieuses et électrisantes, tandis que la tenue de route est toujours aussi impressionnante. De son côté, la direction donne encore l’heure juste sur la surface qui se retrouve sous les pneus. Jusqu’ici, la Cooper SE se comporte comme une Cooper S sans les montées en régime du moteur 4-cylindres turbo ou les changements de la boîte de vitesses automatique.

Or, il y a aussi le système régénératif qui entre en ligne de compte ici et, à ce niveau, cet aspect de la Cooper SE me dérange. Ce n’est pas une faute grave, mais quand même, je préfère le mentionner. En effet, au démarrage, le système de récupération d’énergie au freinage est toujours placé au mode le plus agressif. Bref, au premier arrêt, on se rend compte assez vite que la voiture ralentit ses ardeurs par elle-même de manière soutenue. Le freinage se traduit par un mouvement des occupants vers l’avant. Il y a certainement une période d’adaptation au niveau du pied droit pour mieux doser les ralentissements, mais je préfère faire appel au mode le plus conservateur du système.

Puissance : 8.5/10

Avec 181 chevaux et un couple de 199 lb-pi de couple, la Mini Cooper SE arrive tout juste derrière la Cooper S (189 ch et 207 lb-pi) en termes de chiffres. Pour une voiture qui risque d’être confinée en ville au fil de son existence, ce niveau de puissance est tout à fait adéquat. On verra d’ici quelques années si Mini a l’intention d’inclure la magie JCW (pour John Cooper Works) à sa stratégie électrique, mais pour le moment, la Cooper SE a tout ce qu’il faut pour accrocher un sourire au visage de son conducteur.

Consommation : 8/10

Vu le type de carburant requis pour faire avancer cette boîte britannique, on ne peut que lancer des fleurs à cette Cooper SE; elle ne rejette aucune émission toxique dans l’atmosphère après tout! Le fait qu’elle puisse être rechargée (jusqu’à 80 %) sur une borne de recharge ultrarapide en 35 minutes ou plus est également un avantage de cette petite.

En revanche, l’autonomie théorique de 177 km est en deçà des attentes. La Volkswagen e-Golf qui ne sera plus offerte en 2021 proposait une distance entre les recharges de 201 km, alors pourquoi diable Mini s’obstine à commercialiser une voiture aussi dispendieuse dotée d’une autonomie aussi courte? Bien évidemment, le format réduit de la voiture a certainement limité les avancées technologiques, mais il est permis de croire que Mini va remédier à ce détail lorsque le Countryman sera pleinement électrifié. Il y a plus d’espace à bord de l’utilitaire, ce qui devrait faciliter les choses pour implanter une batterie de capacité supérieure.

Caractéristiques : 10/10

Comme je l’indiquais plus tôt, cette livrée Premier+ trône au sommet de la gamme. Son équipement est donc le plus étoffé de la gamme avec son toit panoramique, son assistance au stationnement, son affichage tête haute, sa chaîne audio Harman Kardon, sa recharge sans fil pour appareil intelligent et j’en passe.

Valeur : 7/10

Il y a toutefois un prix à toute cette abondance et ce dernier est assez salé. Le prix de base d’une Cooper SE est de 39 990 $. Avec les 8 000 $ exigés pour passer au niveau Premier+, le prix de cette voiture de poche électrique grimpe à 47 990 $ avant les frais de livraison. Certains diront qu’une Cooper SE achetée au Québec se vend 13 000 $ de moins grâce aux rabais gouvernementaux, mais il est permis de croire que si Mini maintient une telle échelle de tarifs pour sa gamme de véhicules électriques, l’engouement pour la Cooper SE va rapidement s’estomper. Mais bon, au moment d’écrire ces lignes, les programmes des gouvernements du Canada et du Québec sont toujours en vigueur, ce qui s’avère une situation favorable pour le constructeur.

Conclusion

Ce premier contact en territoire canadien s’est avéré une belle surprise pour l’amateur de conduite sportive que je suis. La Mini Cooper SE n’a certainement pas la sonorité rauque de la version à essence, mais pour le reste, c’est une belle réussite, malgré les petits défauts.

C’est comme une Cooper S… avec un E! 2020-09-14 06:30:00

Caractéristiques

Cylindrée Moteur AC Synchrone à aimants permanents   Modèle à l'essai Mini Cooper SE Premier+ 2021
Nb. de cylindres n/d   Prix de base 39 990 $
Puissance 181 ch   Taxe climatiseur 100 $
Couple 199 lb-pi   Frais transport et préparation 2 135 $
Consommation de carburant 2,0 / 2,3 / 2,2 Le/100 km ville/route/comb; 18,2 / 20,9 / 19,4 kWh/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 50 225 $
Volume de chargement 212 / 731 L sièges rabattus  
Équipement en option
8 000 $ – Groupe Premier+, 8 000 $