1 250 km dans une boîte à (belles) surprises
POSITIFS
  • Objet d’art sur roues
  • Confort et raffinement étonnants
  • Budget tout compris
NÉGATIFS
  • Moteur turbo non offert au Canada
  • Caméra de recul tarde à s’effacer
  • Trop de commandes tactiles verrouillées en mouvement
Kia Soul 2020 : essai routier

Votre sécurité nous tient à cœur. Cet article a été écrit avant l'urgence sanitaire entourant la pandémie de la COVID-19. Assurez-vous de suivre toutes les précautions sanitaires lors de vos déplacements.

La vague du cubisme en matière de design automobile n’aura pas duré très longtemps. Le Honda Element, conçu pour des surfeurs désœuvrés (sans blague), n’a vécu qu’une seule génération. Le Scion xB et le Nissan Cube, arrivés chez nous en seconde génération de prédécesseurs plus branchés et inspirés, se sont attiré une clientèle âgée à la recherche d’une hauteur d’assise neutre, ce qui a terni l’image jeune ciblée. Reste l’étoile du match : le Kia Soul.

Le Soul a su viser l’âme du marché et son succès a ratissé large chez les hommes et les femmes de tout âge. Fort de publicités enjouées animées par des hamsters extrovertis et cools, le Soul s’est démarqué de la concurrence par son format pratique, ses choix mécaniques, des lignes très design et des couleurs craquantes. La seconde génération a gagné en raffinement et s’est garnie d’une version tout électrique qui fut l’emblème de feu Téo Taxi. Le tout nouveau Kia Soul 2020 ajoute une couche de maturité et devient aussi luxueux que ludique, le tout à un tarif raisonnable et avec la soif modeste… d’un hamster. Et pour casser le mythe de boîte branchée urbaine, on s’est payé à son bord un périple de 1 250 km dans les Berkshires.

Design : 9/10

Oui, le Soul 2020 est inspiré d’une boîte, la même forme qui suit depuis la première génération, avec une ligne de glaces latérales qui pointe à l’arrière pour graduellement descendre linéairement vers l’avant. Une boîte, oui, mais revue et corrigée pendant une maîtrise en design industriel. Des piliers « A » vers le hayon, on voit une évolution du concept d’origine, en plus grand, avec toujours cet îlot peint ceinturé de noir sur le hayon arrière, ce dernier serti de feux à DEL bien verticaux.

Tout à l’avant, la troisième génération marque une rupture avec un nez arrondi finement traversé par de minces feux à DEL donnant au Soul des airs de petit robot méchant. La calandre techno massive du GT en rajoute une couche, et on se demande si on l’aime ou pas; chose sûre, elle ne laisse pas indifférente. On ne parle pas du design du Soul – le Soul est design. Plus qu’un véhicule, c’est un bel objet qu’on verrait sur un podium dans un musée d’art moderne. Au prix de la copie qu’on trouve à la boutique. Chapeau. Les sourires des visiteurs au Massachusetts Museum of Contemporary Art (Mass MoCA), où le Soul a posé pour notre caméra, témoignent du style aussi recherché que réussi.

Agrément de conduite : 7/10

Notre Soul GT disposait de la seule mécanique à essence offerte au Canada, soit un 4-cylindres 2,0-litres à cycle Atkinson et doubles arbres à cames en tête, associé à une boîte automatique à variation continue (CVT) entraînant les roues avant (aucun Soul n’est livrable avec l’intégrale, mais la gamme comprend une fort intéressante version tout électrique). Le groupe propulseur est de loin l’élément le moins « flyé » de notre jolie boîte, mais il accompli le boulot sans trop rechigner. Le mode Sport affute les réglages de la boîte et de la direction, accusant un régime moteur accru de 500 tours pour améliorer la réponse. Le plaisir ici vient surtout de la grande maniabilité du Soul et de sa tenue de route correcte, les routes en lacets étant amusantes depuis son petit volant à base aplatie, l’assistance électrique étant juste ce qu’il faut. En ville, le tandem mécanique a suffisamment de mordant pour plaire, mais sur l’autoroute ou en situation de dépassement, ça manque de vitamines.

Puissance : 6/10

Sur la route des Berkshires, on rencontre la fameuse montée de la I-87 aux abords du village de Lake George. C’est là que la puissance plus juste se fait sentir, la CVT gardant le moulin à près de 4 000 tours pour maintenir la vitesse de croisière dans l’ascension. En dehors de ces montées hors normes, sans être une foudre de guerre, le 2,0-litres se tire bien d’affaire et convient à un véhicule où l’art prime sur l’athlétisme. Le mode manuel de la CVT simule fort bien quelques rapports, pratique pour s’amuser (juste un peu) sur une route en lacets ou pour contrôler la descente depuis le sommet du mont Greylock, la plus haute montagne du Massachusetts, qui compte plus d’un kilomètre d’altitude. Soulignons que si le tandem 2,0-litres / CVT est le seul offert au Canada, hormis l’électrique, nos voisins du Sud eux ont aussi droit à un moteur turbo bien en verve dans le GT-Line – dommage!

Convivialité : 8/10

Loin de vous mettre en boîte, le Soul est diablement convivial au quotidien. La hauteur d’assise, toujours aussi neutre, permet de s’y glisser au lieu d’y monter ou descendre. Depuis le volant, on est assis bien droit avec une vue panoramique vers l’avant. Malgré l’intégration du grand écran tactile de 10,25 pouces dans la planche de bord, cette dernière est tout en courbes (l’exception à la règle équarrie) et ne bloque aucunement la vue sur le capot, dont les limites sont bien visibles, et ce même depuis les 5 pieds 4 pouces de ma tendre moitié.

Côté interfaces, le volant à méplat gainé de cuir cousu est un plaisir à tenir en main, tout comme le levier de vitesses, juste assez haut. Même l’accoudoir central est bien localisé pour servir … d’accoudoir, ce qui n’est pas universel chez les sous-compactes. Le volant présente une disposition logique de plusieurs commandes, intuitives de plus dans leurs actions, et l’ordinateur de bord inséré entre les instruments analogiques fait de pratiques rappels lorsqu’on actionne des commandes, comme les réglages des essuie-glaces.

Parmi les quelques bémols, on note que plusieurs commandes du système d’infodivertissement sont verrouillées si le Soul n’est pas immobilisé sur « Park », agaçant quand un passager tente de pianoter sur le système de navigation. Kia pousse même les verrous sur des accessoires tel l’éclairage d’ambiance. Aussi, la caméra de recul tarde à s’effacer quand on repart en marche avant à basse vitesse, dans un stationnement par exemple, bloquant l’accès au système de navigation, ce qui nous a valu quelques demi-tours lors de notre virée américaine.

Sécurité : 9/10

Si le Soul 2020 est le premier de classe dans les arts plastiques, il l’est aussi au chapitre de la sécurité. L’IIHS lui accorde sa plus haute cote, la convoitée « Top Safety Pick Plus ». Notre élève modèle a bien réussi tous ses essais de collision, et l’électronique embarquée dans le GT-Line permet même d’éviter des collisions efficacement. Les phares à projecteurs de notre modèle haut de gamme viennent sceller cette bonne note. Pour avoir roulé de nuit sur divers types de routes et d’éclairage, on corrobore : le Soul éclaire si bien la nuit que la conduite assistée peut prendre le volant – pour autant que le marquage routier soit en bon état.

On lui retranche un point pour son paranoïaque surveillant d’angles morts, agaçant au point de devoir l’éteindre. Nous n’avons pas vécu d’urgences, heureusement, mais l’avertisseur de circulation transversale arrière est très efficace, de même que l’aide au maintien de voie sur autoroute.

Caractéristiques : 9/10

Vous aimez les forfaits « tout compris »? Alors vous allez adorer le Soul GT-Line Limited. Située au sommet de la gamme, notre jolie boîte rouge y va à fond la caisse avec le catalogue d’équipements, certains inattendus à ce prix. Une fois les tonalités bien réglées, la chaîne audio Harman Kardon livre des prestations dignes d’une bagnole à trois fois la note. La très appropriée chaîne « Chill » du réseau SiriusXM lui pousse des basses de boîte de nuit qui font la joie des haut-parleurs d’ambiance avec éclairage DEL actif. Si les sièges de cuir chauffant sont de plus en plus démocratisés, on se surprend de voir ici qu’ils sont également ventilés mécaniquement.

L’écran du système d’infodivertissement offre un large affichage de fort belle résolution. Parmi les petits luxes, on note un rétroviseur jour-nuit automatisé, une climatisation thermostatique bizone, la recharge sans fil pour appareil mobile et des matériaux de fort belle facture, avec coutures contrastantes véritables. Même le régulateur de vitesse adaptatif est à bord – il ne manque au Soul qu’une mise en mémoire des réglages des sièges pour obtenir un score parfait.

Habitabilité : 8/10

Les déménageurs le savent depuis longtemps : une boîte carrée, c’est diablement plus logeable qu’une boîte ronde. La cabine équarrie fait mentir l’ombre au sol modeste du Soul avec son grand volume, bien éclairé de surcroît par la lumière naturelle. Les baquets avant offrent une assise droite comme dans une fourgonnette, sans coincer les genoux contre portière, tableau de bord ou console. Aucun souci vers le haut, on peut mettre un chapeau sans l’écraser au plafond. À l’arrière, la banquette peut recevoir trois adultes, rare dans un véhicule compact, et ses contours plats sont idéaux pour y installer des sièges d’appoint. Même ici, l’espace pour les jambes et la tête est généreux.

Seul le coffre est un peu court, venant trahir la longueur modeste du Soul. Une valise de cabine couchée sur son long y entre tout juste. Le plancher du coffre est plat et bas, et vu l’arrière très vertical, le pratique couvre-bagages rigide se replie en deux pour vous faciliter le chargement. Le dossier 60/40 de la banquette ne se replie pas tout à fait à plat, mais le plancher du coffre peut être remonté d’un niveau, s’ajustant à la banquette pliée, pour faciliter le chargement de gros objets.

Confort : 8/10

Une fois de plus, Kia a le plaisir de surprendre. Si le Soul de première génération était un « tape-cul » de premier ordre, la troisième génération que Kia nous livre pour 2020 un degré de confort inattendu pour un véhicule sous-compacte. C’est sans courbature que nous avons franchi 1 250 km à bord du Soul, incluant les trajets de cinq heures entre Montréal et les Berkshires. L’insonorisation des bruits de roulement est louable, la mécanique se fait discrète en dehors des montées et, de plus, notre boîte fend l’air sans bruit, signe d’une attention aux détails aérodynamiques. Ajoutons l’excellent support des baquets de cuir avant à support lombaire réglable qui aide à enrayer la fatigue sur les longs trajets. Voilà donc un citadin qui aime prendre le large!

Économie de carburant : 7/10

En ville, avec passablement de circulation, le Soul affichait 8,7 l/100 km, soit environ sa cote RNCan, ce qui est un peu élevé en présence d’un système arrêt-départ du moteur. Sur les routes secondaires, en écoulement libre, le Soul nous a fait des pointes à 5,9 l/100 km après une heure de petits lacets ruraux dans l’état de New York. Au terme de la semaine, avec près de 1 000 km de trajets autoroutiers dans les 120 km/h soutenus, le Soul a livré une moyenne globale de 7,7 l/100km, bien, mais on se serait attendus à un peu mieux en ville vu le gabarit réduit et cette CVT.

Valeur : 9/10

Le Soul 2020 débute à 21 195 $ (LX) et plafonne à 29 595 $ (notre GT-Line Limited), avec pas moins de cinq versions qui s’insèrent entre les deux. Offerte à moins de 30 000 $, notre GT-Line Limited « tout garni » représente une excellente valeur pour l’amateur de gadgets, mais surtout, on retient que toute la gamme présente cette craquante silhouette en sus de la nouvelle maturité du châssis. Même le LX donnera l’impression de s’être payé quelque chose de spécial.

Conclusion

Joli, pratique, ludique et économique, le Kia Soul 2020 pourrait bien être votre âme sœur si l’image des VUS vous donne des boutons et qu’une simple voiture ne colle pas à votre quotidien. Maniable en ville et apte à prendre le large si l’envie vous en prend, le Soul 2020 s’avère plus multidisciplinaire qu’anticipé. Oui, ses performances sont aussi ordinaires que sa mécanique, et le coffre est un peu court pour un usage familial, mais comment résister à cette bouille?

1 250 km dans une boîte à (belles) surprises 2020-06-29 06:30:00

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée 2,0 L   Modèle à l'essai Kia Soul GT-Line Limited 2020
Nb. de cylindres L4   Prix de base 29 595 $
Puissance 147 ch à 6 200 tr/min   Taxe climatiseur 100 $
Couple 132 lb-pi à 4 500 tr/min   Frais transport et préparation 1 795 $
Consommation de carburant 8,6 / 7,1 / 7,9 L/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 31 690 $
Volume de chargement 530 L / 1 758 L sièges rabattus  
Équipement en option
200 $ – Peinture Rouge infernal, 200 $