La pionnière
POSITIFS
  • Bonne qualité de fabrication générale
  • Sentiment de solidité
  • Accélérations très amusantes
NÉGATIFS
  • Deux roues motrices avant en hiver avec autant de couple!
  • Confort des sièges à revoir
  • Assise très verticale
Chevrolet Bolt EV 2020 : essai routier

Au moment d’écrire ces lignes, il fait tempête dehors, la Chevrolet Bolt Premier 2020 de couleur Bleu oasis que vous apercevez en ce moment sur votre écran est de retour à la concession au nœud papillon et si on se fie aux dires de General Motors, l’avenir électrique chez GM passe par Cadillac et même GMC. Cette division 100% utilitaire vient de divulguer, il y a quelques jours à peine, les premiers détails entourant l’arrivée du Hummer EV par GMC, un pickup exclusivement propulsé par l’énergie propre.

Mais qu’en est-il de la Chevrolet Bolt EV, celle qui a pavé la voie à cette offensive majeure de GM? Eh bien, pour le moment, le constructeur de la Camaro et de la Corvette poursuit certainement cette aventure, la Bolt qui est arrivée sur nos routes en 2016 en tant que modèle 2017. D’ailleurs, pour l’année-modèle 2020, la seule voiture électrique de la gamme a droit à quelques ajustements ici et là, ceux-ci étant plus que nécessaires dans un créneau électrique qui évolue chaque jour.

Pour 2020, la Bolt voit son autonomie (entre les recharges) passer de 383 à 417 km, chose rendue possible notamment par le rehaussement de la capacité du bloc de batteries qui passe de 60 à 66 kWh.

Design : 8/10

Bien qu’il aurait été tout à fait logique pour les amateurs de s’attendre à un remodelage en règle, la Chevrolet Bolt 2020 ne change absolument pas à l’extérieur pour ce millésime. Pour les habitués de la chose, la coloration Bleu oasis constitue une nouveauté pour 2020, ce choix qui s’ajoute aussi à l’Orange cayenne métallisé dans le catalogue des options.

Du reste, cette livrée Premier est flanquée de ses jantes deux tons, de son bouclier fermé et de cette impression de toit flottant à cause de cette bande noire qui traverse la voiture d’une extrémité à l’autre. Plus verticale que large, la Bolt a toujours cette silhouette associée à celle d’une pure citadine. Fait à noter, je n’ai rien à redire sur la qualité d’assemblage à l’extérieur. Bravo Chevrolet!

Sécurité : 9/10

L’écart est important entre une version LT et la plus cossue Premier (comme c’est le cas avec le véhicule d’essai), mais au-delà des ajouts esthétiques de la Premier, c’est au niveau de la sécurité que la Bolt la plus dispendieuse se distingue, grâce notamment à la vision périphérique haute définition, l’alerte de changement de voie avec système de détection d’obstacles sur les côtés, l’alerte de circulation transversale arrière, le radar de stationnement arrière et même le rétroviseur à affichage de l’image de la caméra arrière. Et ce n’est pas tout, car avec le groupe 2LZ (795 $) qui ajoute une panoplie de systèmes de sécurité additionnels, cette Bolt est très bien nantie côté sécurité.

Habitabilité : 7/10

À cause de sa carrosserie plus étroite que large, la Chevrolet Bolt n’est pas la plus généreuse en ce qui a trait à l’habitabilité disponible. Ne craignez rien, la Bolt n’a rien à voir avec la diminutive Spark non plus. S’il ne manque pas d’espace pour la tête des occupants, c’est un peu plus serré à la deuxième rangée où celui ou celle qui prend place au centre pourrait trouver le temps long. Heureusement, le plancher plat fait en sorte que tous les passagers à l’arrière ont amplement d’espace pour les jambes. L’assise est également très verticale derrière. Le coffre, en revanche, est non seulement étonnant, mais il renferme même une cachette idéale (sous le plancher surélevé) pour ranger le câble de recharge ou tout autre objet qu’on souhaiterait cacher des curieux.

Convivialité : 8/10

En bonne voiture « techno », la Chevrolet Bolt vient d’office avec ce large écran tactile étrangement incliné vers le haut, une orientation due à l’assise assez haute du siège du conducteur. Je l’ai répété maintes fois et je vais continuer de le faire : le système d’infodivertissement de GM est l’un des plus faciles à utiliser dans l’industrie. Les graphiques sont clairs et les menus, simples d’utilisation. Parfois, il faut se pencher pour lire ce qui est écrit (je pense aux statistiques de conduite), mais bon, chapeau (une fois de plus) aux concepteurs de ce système!

Confort : 6/10

L’une des principales critiques entendues au sujet de la Bolt concerne sa sellerie jugée trop dure par ses usagers. Malheureusement, c’est encore le cas, que ce soit à l’avant ou à l’arrière. Peut-être est-ce aussi à cause de cette fameuse position droite au possible? Peu importe quelle en est la cause, Chevrolet devra corriger le tir pour la suite de l’histoire, une suite qui devrait normalement prendre la forme d’un multisegment inspiré par la Bolt. Le côté sportif de la voiture n’aide pas non plus, la suspension qui est assez ferme, je dois l’admettre.

Agrément de conduite : 8/10

En hiver, lorsque les conditions sont plus corsées, une Chevrolet Bolt ne serait pas mon premier choix pour la seule et unique raison que la voiture est laissée à elle-même avec ses deux roues motrices avant. Un rouage intégral rendrait la vie à bord de la Bolt tellement plus facile, c’est certain. Mais, quand on y pense plus longuement, une voiture ne doit pas seulement être achetée en fonction des conditions hivernales difficiles. La très grande majorité du temps, une Chevrolet Bolt est tout ce que ça prend pour se déplacer adéquatement sans dépenser une seule goutte d’essence.

Même si la Bolt n’est pas perçue comme une voiture sport, les accélérations qu’elle procure sont ahurissantes, surtout en mode Sport où les réactions de la mécanique sont plus vives! Le centre de gravité est bas (à cause du bloc de batteries), ce qui contribue à une bonne tenue de route en général. La hauteur de la caisse force le conducteur à corriger sa trajectoire quelques fois lorsque le vent latéral s’en mêle. Bien entendu, avec une chaussée glissante, chaque fois que le pied droit s’enfonce dans le plancher, la Bolt se met à patiner de manière excessive, surtout lorsque le système antipatinage est débranché.

Puissance : 9/10

Avec 200 chevaux et 266 lb-pi de couple disponible dès le départ, la seule Chevrolet électrique n’a rien à envier aux autres voitures électriques de sa catégorie. Franchement, il sera intéressant de voir ce que l’avenir nous réserve quant à la possibilité de voir un deuxième moteur se greffer à l’équation. On sait déjà que Nissan travaille sur un rouage à deux moteurs, tandis que la Model 3 de Tesla l’offre déjà… à un prix supérieur toutefois! Une Bolt à deux moteurs est probablement la prochaine étape, à moins que cette configuration ne soit réservée au futur multisegment électrique au nœud papillon?

Autonomie : 9/10

En temps normal, ce paragraphe est consacré à l’économie de carburant, mais puisque la Bolt s’approvisionne en électricité, il est plus juste de parler d’autonomie. Sans surprise, les 417 km promis par Chevrolet ne se sont jamais matérialisés dans mon cas pour deux raisons : par temps froid, la distance théorique fond comme neige au soleil et l’absence de borne adéquate à mon domicile rend toute recharge d’une longueur inimaginable. J’aurais bien pu faire passer la voiture en mode 12 A (au lieu des 8 A), mais l’âge du circuit électrique de mon domicile m’a convaincu de rester avec le mode de base. Malgré l’autonomie franchement réduite à cause de la saison froide, la Chevrolet Bolt constitue une voiture idéale pour quiconque n’a pas à parcourir plus de 300 km par jour en hiver. De toute manière, l’acheteur de voiture électrique est déjà au courant des contraintes associées à la recharge. Et puis, en été, la Bolt ne fera qu’une bouchée du fameux Montréal-Québec.

Caractéristiques : 10/10

Équipée au possible, la Chevrolet Bolt Premier 2020 n’a pas vraiment besoin de quoi que ce soit d’autre à bord. Certes, deux roues motrices supplémentaires ne feraient pas de tort, tandis qu’une sellerie plus moelleuse aiderait grandement, mais pour le reste, la voiture électrique est très bien équipée, même à l’arrière où les sièges de droite et de gauche sont chauffés.

Valeur : 8/10

À 51 093 $ (avant les taxes et frais de préparation), la Bolt Premier essayée n’est pas exactement une voiture accessible à tous. Toutefois, un résident du Québec peut soustraire 13 000 $ à cette somme vertigineuse, à cause du programme de rabais gouvernementaux du fédéral, sans oublier celui en vigueur dans la belle province. Autrement dit, une Chevrolet Bolt très bien équipée peut être dénichée pour moins de 40 000 $ (avant les frais et autres taxes en vigueur) dans la province la plus francophone au pays. Reste maintenant à déterminer quelle sera la valeur de revente d’une voiture électrique dans quelques années.

Conclusion

General Motors travaille activement sur son virage électrique en ce moment. Pour y arriver, la Chevrolet Bolt aura servi de pionnière, après l’histoire positive de la Chevrolet Volt. Dans une dizaine d’années, on se rappellera à quel point la Chevrolet Bolt a marqué notre paysage automobile et pourquoi cette première électrique au nœud papillon est importante dans l’histoire très jeune de la propulsion électrique automobile. Après tout, la Bolt a même battu la Tesla Model 3 au fil d’arrivée sur nos routes.

La pionnière 2020-04-16 06:30:00

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée Moteur synchrone à courant alternatif   Modèle à l'essai Chevrolet Bolt EV Premier 2020
Nb. de cylindres n/d   Prix de base 50 298 $
Puissance 200 ch   Taxe climatiseur 100 $
Couple 266 lb-pi   Frais transport et préparation 1 800 $
Consommation de carburant 1,9 / 2,2 / 2,0 Le/100 km ville/route/comb; 16,5 / 19,5 / 17,8 kWh/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 52 993 $
Volume de chargement 179 / 1 603 sièges rabattus  
Équipement en option
795 $ – Groupe 2LZ, 795 $