Tout simplement l’un des meilleurs
POSITIFS
  • Le meilleur rouage intégral du segment
  • Qualité de construction
  • Consommation de carburant raisonnable
NÉGATIFS
  • Système EyeSight intrusif
  • Mécanique un peu juste (à quand le 2,5-litres?)
  • Direction un peu lourde
Subaru Crosstrek 2020 : essai routier

Il s’agit d’une recette parfaitement maîtrisée par le constructeur Subaru : prendre une coquille de voiture, l’habiller de plastique noir un peu partout, lui confier une suspension surélevée et terminer le tout avec des pneus plus imposants montés sur des jantes exclusives. Cette idée fait partie de l’ADN de la marque depuis le dévoilement du tout premier Subaru Outback en 1993 (en tant que modèle 1994) et à entendre les représentants du constructeur, l’usine d’assemblage n’arrive même pas à suffire à la demande.

Les automobilistes nord-américains adorent cette mutation entre une voiture et un « camion », tellement en fait que Subaru a appliqué la recette à sa petite Impreza dès la première génération du modèle, apposant l’écusson Outback Sport à la voiture compacte. Depuis 2013 toutefois, Subaru préfère commercialiser un modèle à part de l’Impreza, et ce, même si tout le monde sait que le Crosstrek n’est rien d’autre qu’une Impreza à hayon à l’allure plus robuste!

J’ai pu reprendre le volant de ce fameux véhicule à succès – une livrée Limited avec EyeSight pour être plus précis – , ne serait-ce que pour mieux comprendre cet engouement de la part du public. Voici ce que j’ai retenu.

Design : 8/10

Le département de design de Subaru n’a pas réinventé la roue avec le Crosstrek de deuxième génération. Le multisegment se base toujours sur une Impreza cinq portes, avec une surdose de plastique noir autour des ailes et des bas de caisse, tandis que le support de toit ajoute au côté utilitaire du modèle. Puisqu’il s’agit d’une version Limited (la plus dispendieuse), le diamètre des jantes est de 18 pouces, un détail qui donne plus de prestance au multisegment, surtout avec des pneus d’hiver à la semelle plus agressive. En fait, tout ce qu’il manque à la gamme Crosstrek, c’est une version plus sportive potentiellement munie d’une entrée d’air sur le capot pour gaver une mécanique turbocompressée, mais avec autant de succès du côté des ventes, l’ajout d’une livrée plus pointue n’est assurément pas au sommet des priorités du constructeur.

Sécurité : 8/10

Le mot clé ici est EyeSight, Subaru qui démocratise de plus en plus cette batterie de dispositifs de sécurité depuis quelques années. À titre d’exemple, le Crosstrek Commodité est disponible avec le système, cette livrée qui se détaille tout de même 8 000 $ de moins que cette édition Limited plus riche en équipement. Mais revenons au système EyeSight si vous le voulez bien, ce dernier qui intègre notamment le régulateur de vitesse adaptatif, le freinage précollision, la gestion de l’accélération précollision et l’alerte de louvoiement et de déviation de trajectoire, tout ceci étant possible grâce à ces deux petites caméras intégrées au haut du pare-brise. Je dois tout de même mentionner qu’un peu de saleté devant les caméras empêche un fonctionnement optimal du système, et ce n’est pas la première fois qu’un tel scénario se produit avec un véhicule Subaru avec EyeSight.

Habitabilité : 7/10

Avec 588 litres disponibles dans le coffre, le Subaru Crosstrek se situe dans la bonne moyenne du segment. Avec le changement de plateforme il y a deux ans, le véhicule a également gagné au niveau de l’espace réservé aux occupants à la deuxième rangée, tandis qu’à l’avant, il n’y a rien à signaler. L’habitabilité du Crosstrek est donc identique à celle d’une Impreza cinq portes, une compacte qui a prouvé maintes fois son côté pratico-pratique.

Convivialité : 7.5/10

Le Crosstrek, même en livrée Limited, n’a pas droit au nouvel écran tactile vertical implanté à bord de la Legacy et de l’Outback, mais bon, il faut rappeler que le Crosstrek a des origines plus modestes, l’Impreza sur laquelle il est basé qui s’adresse à un public moins fortuné. L’absence du gros écran tactile n’est vraiment pas une faute, d’autant plus que celui du Crosstrek est relativement facile à utiliser au quotidien, surtout grâce aux touches logées de part et d’autre de l’écran. Je fais également partie de ceux qui préfèrent les bonnes vieilles molettes pour la climatisation, une solution vieille comme le monde qui ne cause aucune confusion.

Confort : 7/10

Les sièges rembourrés du Crosstrek sont confortables à souhait pour les expéditions prolongées. C’est plutôt au niveau de l’insonorisation que le Crosstrek pourrait recevoir un peu d’aide. Malgré ce détail sonore, le VUS de poche a l’avantage d’être équipé d’une boîte de vitesses à variation continue, ce qui réduit au minimum les vrombissements du moteur boxer à vitesse d’autoroute. À l’accélération toutefois, il faut accepter d’entendre un peu plus la mécanique, mais à ce chapitre, la boîte CVT de Subaru s’occupe d’abaisser le régime-moteur assez rapidement.

Agrément de conduite : 7/10

Voilà l’une des raisons qui expliquent la popularité du Crosstrek : le véhicule est amusant à conduire. La rigidité du châssis inspire la confiance, la direction est lourde (peut-être un peu trop par moments) et assez précise et la suspension se fait assez ferme pour assurer une tenue de route sans failles. J’ai malgré tout dû effectuer quelques corrections du volant sur l’autoroute à cause du vent latéral, rien d’anormal là-dedans!

Le seul hic avec le Crosstrek, c’est qu’il compte sur un moteur un peu juste. Disons que les accélérations à l’emporte-pièce ne font pas partie du quotidien d’un propriétaire de Crosstrek. En revanche, il est très à l’aise sur un chemin accidenté (pas trop quand même!) grâce au bouton X-Mode qui ajuste les paramètres pour la conduite hors route. J’ai d’ailleurs pu en faire l’essai sur un terrain vacant recouvert de neige et de glace et, outre ce bref instant où j’ai cru que je devais appeler une dépanneuse pour me sortir du pétrin, tout s’est bien déroulé.

Puissance : 6/10

En effet, avec 152 chevaux et 145 lb-pi de couple optimal, le petit véhicule sympathique gagnerait à recevoir le bloc de 2,5-litres sous le capot. D’ailleurs, l’aile américaine a annoncé quelques jours avant cet essai routier qu’elle allait boulonner le moteur en question à partir de l’an prochain dans les livrées plus cossues du modèle. Au moment d’écrire ces lignes, Subaru Canada étudiait encore la question. Viendra, viendra pas? Il faudra attendre encore un peu avant d’en savoir plus. Pour revenir au Crosstrek, il est possible d’améliorer la réponse de la mécanique grâce au système Si-Drive, le bouton « S » sur le volant qui donne un peu de tonus à la pédale d’accélération.

Consommation : 7/10

Comme c’est souvent le cas en conduite hivernale, la moyenne de consommation augmente quelque peu par rapport aux chiffres annoncés. Au lieu des 7,9 L/100 km prévus par l’EnerGuide canadien, ma moyenne a plutôt oscillé autour des 9 L/100 km, un résultat qui grimpe plus rapidement en ville, je dois l’admettre. Un moteur plus puissant calmerait peut-être les ardeurs de celui qui tient le volant à l’accélération. Je l’avoue, mon pied droit s’est souvent retrouvé au plancher!

Caractéristiques : 8/10

L’histoire se répète avec cette livrée entièrement équipée. Il ne manque de rien à bord du Crosstrek Limited 2020. Il est vrai que le système EyeSight ne propose pas d’assistance au maintien de voie comme c’est le cas à bord de la nouvelle Legacy et, à ce prix, un afficheur tête haute serait de mise, mais outre ces détails anodins, le multisegment n’a rien à envier aux autres véhicules de la catégorie.

Valeur : 7/10

Ici, ça se corse, car à 33 895 $ avant tous les frais – la facture grimpe juste au-dessus des 40 000 $ avec les taxes en vigueur –, le Crosstrek Limited n’a rien d’une aubaine. À ce prix, il est possible de mettre la main sur une berline 2,0LWRX de base, un bolide résolument plus intéressant à conduire. Mais bon, la berline de performance consomme passablement plus, est moins confortable et risque de coûter plus cher à assurer, sans parler des potentielles contraventions!

Face aux autres VUS de poche toutefois, le Crosstrek Limited se compare avantageusement bien, surtout quand on pense à l’efficacité de son rouage intégral, le meilleur de son groupe à mon avis.

Conclusion

Cet autre contact avec l’un des best-sellers de la marque me suffit pour comprendre l’engouement autour de cette Impreza haute sur pattes. Le véhicule a de la gueule, sa motricité est excellente en hiver et il ne manque de rien à bord. Et il y a un « je-ne-sais-quoi » qui se dégage de ce multisegment sous-compact, quelque chose qui s’explique aussi par cette garde au sol supérieure qui autorise une manœuvre de stationnement dans un banc de neige ou même une petite escapade sur un chemin de gravier loin du bitume. Le Subaru Crosstrek n’est pas parfait, mais selon moi, il est tout simplement l’un des meilleurs de son groupe.

Tout simplement l’un des meilleurs 2020-03-20 06:30:00

Les concurrents

Caractéristiques

Cylindrée 2,0L   Modèle à l'essai Subaru Crosstrek Limited 2020
Nb. de cylindres H4   Prix de base 33 895 $
Puissance 152 ch @ 6 000 tr/min   Taxe climatiseur 100 $
Couple 145 lb-pi @ 4 000 tr/min   Frais transport et préparation 1 725 $
Consommation de carburant 8,5/7,0/7,9 L/100 km ville/route/comb   Prix tel qu’essayé 35 933 $
Volume de chargement 588 / 1,565 L sièges rabattus  
Équipement en option
Aucune