Mercedes-Benz A 250 2019 : essai routier

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Mercedes-Benz est sorti de sa zone de confort avec cette petite Classe A. Nous sommes très loin de l’image ostentatoire de la marque. Hier encore, les petites voitures de luxe étaient une denrée rare chez nous. Avec un niveau d’acceptation en hausse, on voit les modèles se multiplier et le constructeur occupe le haut du podium dans ce domaine. Il est aussi intéressant de constater que Mercedes-Benz a aussi renversé la vapeur sur un principe qui lui a longtemps été cher, celui de diffuser la plus récente technologie dans ses modèles les plus luxueux. Dans le cas de la Classe A, cette dernière innove en apportant l’intelligence artificielle dans un modèle d’entrée de gamme. Pour une fois, Mercedes vise la bonne technologie avec la bonne clientèle.

Style sympathique

Si la Classe A est nouvelle chez nous, elle existe déjà depuis 1997 en Europe où elle ressemblait plus à ses débuts à une petite familiale. Deux refontes plus tard (2004 et 2014), la Classe A prend enfin des allures plus près de la voiture. Elle est arrivée en 2019 en deux versions, berline et cinq portes. Notre essai d’aujourd’hui porte sur le modèle A 250 à hayon. Comme tous les constructeurs automobiles le font en ce moment, on veut donner une image globale rapidement reconnaissable. On note, du devant, des influences qui proviennent de la plus récente CLS dans le dessin du capot et les flancs élargis. En matière de proportions, vous avez un format comparable à celui d’une Golf chez Volkswagen. En cas d’impact, le capot assez long se relève de huit centimètres pour amortir le choc et offrir une meilleure protection aux piétons. Les proportions générales sont bonnes grâce à l’arrière aux formes ovoïdes et à une calandre plus large à l’avant pour refroidir le moteur turbo. Les phares DEL sont de série pour le Canada. Sans être spectaculaire, cette Classe A est plus expressive qu’une Audi A3, mais moins extravertie qu’une Série 2 de BMW.

Intérieur avant-gardiste

Vous entrez de plain-pied dans le 21e siècle à bord de la Classe A. La voiture vous accueille avec deux écrans côte à côte entièrement numériques existant en deux formats de sept pouces dans les modèles de base et 10,25 dans les versions haut de gamme comme notre modèle d’essai. Ces deux écrans plats peuvent être utilisés de diverses manières. L’écran de droite est tactile et le contenu personnalisable rend les combinaisons presque infinies. Il faut aussi noter l’extrême clarté de l’écran, qui surpasse la concurrence. Même en plein soleil, l’information est clairement lisible. Il faut aussi mentionner le système MBUX (Mercedes-Benz User Experience) qui a fait sa première apparition dans ce modèle et commence depuis à s’étendre à d’autres modèles chez Mercedes. Partiellement conçu à Montréal, ce système intègre l’intelligence artificielle qui permet à la voiture d’apprendre les habitudes de son conducteur. Par exemple, si vous écoutez toujours la même station de radio, la voiture sera capable de détecter cette habitude et de syntoniser cette station quand vous prenez place à bord. À la manière de Google Home, vous pouvez aussi converser avec la voiture. En commençant votre phrase par « Hey Mercedes », vous disposez d’un assistant vocal pouvant communiquer en 37 langues. À la manière de Siri ou d’Alexa, cet assistant peut effectuer un certain nombre d’actions à la demande du chauffeur. Ainsi, si vous dites « Hey, Mercedes, où se trouve la station-service la plus près ?», vous obtiendrez votre réponse. Il faut toujours débuter par « Hey Mercedes » et poser ensuite votre question. Vous pouvez même jumeler votre Google Home et le système Mercedes et une fois l’opération terminée, vous pouvez demander des renseignements sur votre voiture à votre Google Home, du genre « Hey Google, combien d’autonomie me reste-t-il avant de faire le plein? ». Le reste de l’habitacle ne fait pas bon marché, ce qui brise une certaine tradition implantée dans les modèles abordables des constructeurs de véhicules de luxe. La Classe A comprend un équipement sophistiqué et des matériaux de qualité. Le silence à bord est excellent et quatre adultes seront à l’aise. De plus, le hayon dégage un espace cargo tout à fait respectable.

Assez nerveuse

Mercedes offre dans sa version cinq portes une version 250 et 35 AMG. Notre modèle d’essai était une version 250. Son 4-cylindres 2,0-litres turbo offre 221 chevaux et 250 lb-pi de couple jumelé à une boîte automatique à double embrayage à sept rapports. En version d’entrée de gamme, le modèle est doté de deux roues motrices et du 4MATIC en option comme sur notre modèle d’essai. Le sentiment de conduite le plus proche que nous pouvons associer à cette nouvelle Classe A est celui éprouvé dans la Volkswagen Golf GTI. Le ressenti que nous donne la suspension, c’est assez de fermeté, mais pas d’inconfort. La puissance et le couple sont pratiquement les mêmes tout comme l’espace intérieur, qui est comparable. La direction est précise, les freins répondent bien et vous aurez besoin de seulement 6,1 secondes pour faire un 0–100 km/h. L’insonorisation aux bruits de roulement et de vent est sans faute, à l’exception des pneus Pirelli de 19 pouces qui laissent filtrer un peu de bruit dans l’habitacle, mais c’est tout à fait endurable, tandis que les suspensions filtrent bien les terrains plus difficiles. Le poids d’une GTI avec boîte DSG est de 1403 kilos contre 1455 pour la Classe A, un léger avantage pour Volkswagen. Mais, lors de notre semaine d’essai, le mauvais état de nos routes n’a pas réussi à rendre la Classe A inconfortable. Son petit format est assez grand pour quatre adultes, mais assez petit pour en faire un excellent véhicule urbain. Ajoutons aussi que nous avons bien aimé la position de conduite basse, l’excellent maintien des sièges et la rigidité de la caisse, qui assure une excellente précision dans la conduite.

Conclusion

Une de nos belles surprises de l’année 2019, cette Classe A, contrairement à bien des modèles d’entrée de gamme qui ne faisait pas le poids chez Mercedes, montre qu’elle est accessible au chapitre du prix et très pertinente tant en conduite qu’en technologie. Un modèle pour les gens branchés… sur la technologie qui auront aussi du plaisir au volant.

Nouvelle approche 2019-11-25 10:00:00