Essai routier : Ford Ranger 2019

Le constructeur de Dearborn aura résisté aussi longtemps que possible à cette renaissance de la camionnette intermédiaire, mais voilà, la pression était trop forte. Ford a donc craqué et on assiste ces jours-ci au retour du Ford Ranger, la première génération qui s’était étirée sur plus de trois décennies.

Une camionnette destinée à l’aventure.

Le nouveau modèle, à part le nom, n’a plus rien à voir avec son ancêtre archaïque. Non seulement les dimensions du nouveau Ranger sont celles d’une camionnette intermédiaire au même titre que le duo de GM, le Toyota Tacoma et même le vieillissant Frontier de Nissan.

J’ai pu prendre le volant d’une livrée XLT à cabine SuperCrew du Ford Ranger 2019 dernièrement, ce qui m’a également permis de voir si la plus petite camionnette Ford pouvait jouer le rôle de véhicule familial.

Plus grand que jamais

Comme je viens à peine de le mentionner, le nouveau Ford Ranger délaisse la catégorie des camionnettes compactes, au profit de ce créneau un peu plus accessible pour les familles qui recherchent un véhicule capable de remorquer une charge encore plus imposante que ce qui est offert à bord de ces VUS à trois rangées de sièges par exemple. Et, ce qui est bien, c’est que le Ford Ranger doté de la cabine la plus logeable est capable d’asseoir quatre adultes dans un confort plus qu’acceptable, et un enfant qui accepte de se sacrifier au centre de la banquette arrière.

Cette poussée de croissance oblige également les passagers à « grimper » à bord du Ranger, ce qui n’était pas le cas à bord de l’ancienne génération, beaucoup plus près du sol. Heureusement, dans ce cas-ci, la présence d’un marchepied facilitait grandement les choses, même que mes deux jeunes garçons n’ont eu aucun problème à monter à bord par leurs propres moyens.

Le seul hic avec cette cabine confortable pour une petite famille, c’est que la boîte de chargement doit obligatoirement avoir une longueur de cinq pieds, contrairement aux livrées munies de la cabine double qui vient d’office avec une boîte de six pieds. Ford prend le pari que les consommateurs qui voudront réellement un outil de travail se tourneront vers le F-150, résolument plus versatile lorsqu’est venu le temps de choisir ses options.

La version SuperCrew est-elle (assez) familiale?

Nul doute que l’espace à bord de cette camionnette de loisir suffit amplement à deux adultes et deux enfants, comme j’ai très bien pu le constater. Reste maintenant à déterminer si la boîte de chargement doit également jouer le rôle de coffre, car avec quatre passagers à bord, l’espace commence à manquer pour les bagages ou l’épicerie.

Pas de problème, puisqu’il y a amplement d’espace à l’arrière, me direz-vous! C’est vrai, mais si ce dernier est à ciel ouvert (lire sans couvercle), son contenu est à la merci de Dame nature ou de tout autre facteur extérieur. Peut-être qu’un couvercle ou même une boîte en fibre de verre s’avère la meilleure solution pour jumeler la vie familiale à cette envie de conduire une camionnette au quotidien.

Mais, pour en revenir à l’habitacle, on peut facilement affirmer que le département de design n’a pas pris trop de risques. La planche de bord est sobre, les habitués des produits de la marque qui ne devraient pas être dépaysés. Toutes les commandes du quotidien sont à portée de main, non loin du levier de vitesses qui est décalé vers la droite afin de laisser de l’espace pour le frein à main.

Chapeau aux concepteurs des sièges avant qui sont très confortables pour les trajets prolongés. On ne peut pas en dire autant de la banquette à l’arrière, plus verticale et pas aussi moelleuse qu’à la première rangée. Il y a évidemment beaucoup de plastique à bord, mais si on ne s’attarde pas trop à ce détail, la qualité d’assemblage est au rendez-vous à bord du Ranger.

Une seule mécanique… pour l’instant!

Au moment d’écrire ces lignes, Ford n’a pas encore annoncé la venue d’une livrée Raptor ou de tout autre type de motorisation que le 4-cylindres Ecoboost turbo de 2,3-litres annoncé à 270 chevaux et 310 lb-pi de couple. La seule option de boîte de vitesses est l’automatique à 10 rapports, tandis que notre situation géographique force le constructeur à commercialiser uniquement des versions 4x4 au pays, contrairement à nos voisins au sud de la frontière. Si le Ranger réussit à reprendre sa place au sein du créneau, peut-être qu’à ce moment, on pourra se remettre à rêver à d’autres variantes du pickup intermédiaire.

De toute manière, ce groupe motopropulseur est très bien adapté au châssis du Ranger et n’a pas à rougir devant les autres options de la catégorie. D’ailleurs, la capacité de remorquage de 7 500 lb est la plus élevée de toutes les petites camionnettes.

Mentionnons également que cette livrée XLT essayée pendant quelques jours était équipée de l’ensemble FX4 pour les inconditionnels de conduite hors route. Les amortisseurs monotubes, les pneus tout-terrain, le différentiel arrière à verrouillage électronique, la plaque antichoc avant en acier, sans oublier les autres plaques de protection sous le véhicule, toute cette quincaillerie supplémentaire donne au Ranger un peu plus d’outils pour s’aventurer loin en forêt.

Au volant d’un vrai pick-up

Les camionnettes ont beau s’améliorer, en ce qui a trait au confort du moins, il n’en demeure pas moins qu’un châssis à échelle a encore ses limites. La conduite du Ford Ranger est donc celle d’un pickup, et non celle d’une camionnette monocoque comme le Honda Ridgeline par exemple. Les suspensions ont leur mot à dire sur le confort à l’intérieur de la cabine. Une brève excursion en famille en conduite hors route a révélé que le Ranger était un véhicule « sautillant ». Remarquez, n’importe quel véhicule aurait réagi de la même manière sur ce chemin truffé de trous où j’ose tester les véhicules taillés pour ce type d’utilisation.

Sur route, le représentant de Dearborn se défend plutôt bien, la direction n’est pas la plus précise, mais s’avère juste assez lourde pour aborder un virage avec aplomb. J’ai également ressenti un peu de roulis dans les virages, mais rien de bien grave. L’élément le plus étonnant est sans contredit le rendement de la mécanique 4-cylindres turbo. Non seulement le moteur emprunté à la Mustang émet une belle sonorité – pour un « pickup » –, mais les performances sont vraiment à la hauteur.

En conduite urbaine, le premier rapport de la boîte automatique est un peu trop long à mon goût, mais outre ce détail, j’ai trouvé que l’unité à 10 rapports faisait du bon travail pour une fois. Je n’ai pas toujours été impressionné par le rendement de cette transmission par le passé. Quant à la consommation de carburant, j’ai enregistré une moyenne aux alentours des 13 L/100 km, un résultat causé par trop de kilomètres parcourus en ville. Malgré tout, cette moyenne est trop élevée par rapport à ce que projette Ford sur son site web. En effet, le Ford Ranger devrait obtenir une moyenne de 11,8 L/100 km en ville seulement.

Le mot de la fin

Je n’ai d’autre choix que de répondre oui à mon interrogation du début. Le Ford Ranger à cabine SuperCrew est tout indiqué pour une famille de quatre (deux adultes et deux enfants). L’espace à bord est idéal, tandis que la boîte de chargement peut transporter le matériel. Et pour un transport imperméabilisé, le couvercle ou une boîte auxiliaire constituent d’excellentes options.

Le Ford Ranger est, à l’instar de ces rivaux, une camionnette destinée à l’aventure. Assez confortable pour les voyages et assez costaud pour remorquer une bonne roulotte, le Ford Ranger 2019 mérite d’être considérée par les consommateurs qui souhaitent revenir dans cette catégorie. Encore faut-il être capable de justifier l’achat d’un tel véhicule, car à près de 50 000 $, cette livrée XLT n’est pas exactement une aubaine.

Ford Ranger XLT 2019
Cylindrée: 2,3L
Nb. de cylindres: L4
Puissance: 270 ch @ 5 500 tr/min
Couple: 310 lb-pi @ 3 000 tr/min
Consommation de carburant: 11,8/9,8/10,9 L/100 km ville/route/comb
Volume de chargement: Plateau de 5 pi
Ford Ranger XLT 2019
Prix de base 35 639 $
Taxe climatiseur 100 $
Frais transport et préparation 1 800 $
Prix tel qu’essayé 45 509 $
Équipement en option 7 970 $ – Groupe 302A 3 500 $; Ensemble technologie 850 $; Ensemble FX4 1 400 $; Garde-boues 150 $; Tapis intérieur en caoutchouc 170 $; Marchepieds 700 $; Ensemble remorquage 600 $; Doublure de caisse 600 $
Équipement en option
10 0
Détails de la cote 7,7
8 Stylisme
8 Groupe motopropulseur
8 Qualité
8 Confort
8 Commodité
8 Agrément de conduite
8 Utilisation/Ergonomie
6 Consommation de carburant
8 Caractéristiques
7 Valeur