Essai routier : Nissan Murano 2019

Le constructeur Nissan a été l’un des premiers à se doter d’une gamme très variée de véhicules utilitaires, contrairement à d’autres qui tardent encore à se tourner vers un alignement « surélevé ». À une autre époque, le seul véhicule utilitaire digne de l’appellation chez Nissan s’appelait Pathfinder, mais depuis l’an 2000, Nissan a multiplié son offre à une cadence démesurée, ce qui explique pourquoi en 2019, le constructeur compte six modèles, du lilliputien Kicks au très « américain » Armada.

Au centre de cette lignée se trouve le Nissan Murano, un véhicule plus traditionnel dans son approche intérieure, mais qui se démarque grandement de ses pairs par sa silhouette un peu plus osée. En fait, on peut même affirmer que le Murano est l’instigateur du design Nissan renouvelé ces dernières années. C’est à ce dernier qu’on doit notamment le toit flottant, le fait de « noircir » le pilier C à l’arrière qui donne cette impression. D’ailleurs, cette idée, désormais répandue à l’ensemble de la gamme du constructeur, a été reprise à plusieurs reprises ailleurs dans l’industrie.

Pour 2019, le concurrent direct du Ford Edge, du Jeep Grand Cherokee et du tout nouveau Honda Passport, reçoit sa part d’ajustements de mi-parcours, ne serait-ce que pour demeurer compétitif dans un créneau de plus en plus peuplé.

Ce qu’il y a de nouveau en 2019

Commençons par la robe qui conserve sa silhouette étirée de la troisième génération du Murano, apparue en 2015. Pour 2019, le bouclier adopte une grille de calandre agrandie, le fameux « V » chromé qui change légèrement de forme, idem pour le grillage, la forme des blocs optiques ainsi que cette bande chromée qui traverse dorénavant la portion inférieure du museau. Comme c’est très souvent le cas, une refonte de mi-parcours vient aussi avec un nouveau dessin des jantes, celles de cette livrée Platine (Platinum dans la langue de Shakespeare) qui sont exclusives au modèle le plus cossu avec cette coloration hyper argent foncée.

À l’arrière, les modifications se limitent quant à elle à un nouveau design des feux de position. Notez également que cette couleur Soleil couchant s’ajoute au catalogue des options cette année en compagnie de l’autre nouvelle palette Bleu nacré profond.

Même constat dans l’habitacle, alors que les sièges en cuir semi-aniline présentent une insertion piquée en losanges, ainsi que des garnitures contrastantes en microtubes, cette finition étant exclusive au modèle Platine.

Nissan se positionne de plus en plus comme un constructeur qui mise beaucoup sur la sécurité des occupants, mais aussi sur une conduite de plus en plus automatisée. Le bouclier de sécurité à 360 degrés de Nissan, qui comprend pas moins de six systèmes actifs de sécurité et d’aide à la conduite (système de freinage d’urgence intelligent avec détection de piétons, système d’avertissement sur l’angle mort, système d’alerte de trafic transversal, système de détection de sortie de voie, phares à assistance aux feux de route et système de freinage d’urgence intelligent en marche arrière), s’ajoute au carnet des options du VUS.

Le constructeur bonifie l’équipement de série avec plus de coussins gonflables latéraux à la deuxième rangée, ainsi qu’un coussin supplémentaire pour les genoux du passager. De plus, les systèmes d’alerte de portières arrières – ça, c’est très bien pour éviter de laisser un enfant, un animal ou même un gâteau à la crème glacée par une journée de canicule sur la banquette arrière – et d’alerte intelligente vigilance conducteur qui surveille le moindre signe de somnolence du conducteur, se greffent à l’équipement de série.

Voilà pour les améliorations 2019 du Murano.

La qualité et la finition

J’ai souvent décrié l’assemblage un peu en retrait des produits Nissan dans le passé et, croyez-moi, certains des véhicules de la marque nipponne ont encore besoin d’aide à ce chapitre. Heureusement dans les véhicules les plus récents du groupe, j’ai pu observer une nette amélioration dans le choix des matériaux et même la rigueur en général. Bon, il reste encore du travail à faire pour atteindre le seuil de certains modèles allemands par exemple, mais pour le moment, Nissan livre la marchandise avec son Murano.

S’il y a un aspect que maîtrisent les ingénieurs de la marque, c’est bien le confort. Non seulement le Murano est doté d’une suspension guimauve, mais la mollesse de sa sellerie zéro gravité me surprend chaque fois que je pose mon postérieur dans le siège du conducteur. S’il ne manque pas d’espace à la première rangée, il n’en manque pas non plus à l’arrière et c’est très bien ainsi! C’est la beauté de ces VUS à deux rangées de sièges seulement. Qui plus est, le coffre du Murano est très logeable. C’est vrai qu’il n’a pas la troisième banquette pour dépanner à l’occasion, mais ce n’est pas sa vocation.

Au volant

Le véhicule utilitaire du milieu a certainement un design intéressant, mais pour le côté sportif, on repassera. Le Nissan Murano est vraiment un modèle concurrent du Ford Edge qui joue aussi la carte du confort douillet avant tout. En plus de la sellerie molle, la direction de l’utilitaire est légère, voire floue, tandis que les suspensions sont pensées pour que les occupants aient l’impression de flotter sur la route. Ce n’est pas une critique, mais plutôt une constatation!

Le vénérable V6 de 3,5-litres, également connus sous l’acronyme VQ, fait encore équipe avec une boîte CVT qui s’occupe d’acheminer les 260 chevaux aux quatre roues motrices. Il est vrai que ce groupe motopropulseur a fait ses preuves au fil des saisons, mais en revanche, le côté plus luxueux du Murano ne se marie pas aussi bien avec les montées en régimes typiques des véhicules équipés de boîtes de vitesses à variation continue. Je suis bien conscient que cette transmission est répandue à l’ensemble des produits de la marque, mais bon, je fais partie de ceux qui souhaiteraient voir une bonne vieille unité automatique à la place de la CVT.

Autre point non négligeable : la consommation de carburant en ville qui tourne souvent au-delà des 13 L/100 km n’est pas idéale pour les automobilistes urbains. Toutefois, la CVT fait en sorte que les escapades sur l’autoroute sont plus frugales, avec une moyenne qui frôle celles d’une voiture compacte, non loin des 9 L/100 km.

Le mot de la fin

Lancé en 2015, le Nissan Murano se devait d’être révisé, surtout avec l’arrivée du rival Honda dernièrement. Le style et le groupe cible du Honda Passport n’a rien à voir avec la stratégie derrière le Murano, mais n’empêche, les véhicules proposent des motorisations similaires.

Je n’ai pas le choix de penser à lnfiniti lorsque je regarde le Nissan Murano. Le confort du VUS est indéniable, tout comme la qualité générale de l’habitacle. Il manque toutefois cette étincelle présente à bord des modèles les plus récents de l’aile luxueuse du groupe. Le Murano est plus sage à ce niveau, un commentaire qui s’applique aussi à sa mécanique éprouvée au fil des années. C’est peut-être à cause de ses chiffres de ventes stables que Nissan préfère jouer de prudence avec son VUS le plus stylisé.

Nissan Murano Platine 2019
Cylindrée: 3,5L
Nb. de cylindres: V6
Puissance: 260 ch @ 6 000 tr/min
Couple: 240 lb-pi @ 4 000 tr/min
Consommation de carburant: 11,7/8,5/10,3 L/100 km ville/route/comb
Volume de chargement: 1 121 / 1 979 L sièges abaissés
Nissan Murano Platine 2019
Prix de base 46 198 $
Taxe climatiseur 115 $
Frais transport et préparation 1 815 $
Prix tel qu’essayé 48 428 $
Équipement en option 300 $ – Couleur Soleil couchant 300 $
Équipement en option
10 0
Détails de la cote 7,4
8 Stylisme
7 Groupe motopropulseur
7 Qualité
8 Confort
8 Commodité
6 Agrément de conduite
8 Utilisation/Ergonomie
7 Consommation de carburant
8 Caractéristiques
7 Valeur