7,1 / 10
Résumé
Subaru ne lâche pas le morceau en ramenant un troisième Crosstrek à motorisation hybride. Voyons voir s’il est pertinent ou non.

Pour

Confort général
Qualité de fabrication
Excellente motricité

Contre

Consommation élevée en hiver
Écran tactile lent à réagir
Espace de chargement limité
7,110
Ce score est attribué par notre équipe d'examinateurs experts après des tests approfondis de la voiture.
DESIGN8,0 / 10
SÉCURITÉ8,0 / 10
HABITABILITÉ6,5 / 10
CONVIVIALITÉ6,0 / 10
CARACTÉRISTIQUES7,5 / 10
PUISSANCE6,5 / 10
CONFORT8,0 / 10
AGRÉMENT DE CONDUITE7,0 / 10
CONSOMMATION DE CARBURANT7,0 / 10
VALEUR6,5 / 10
Critique détaillée

Chez Subaru, l’électrification ressemble davantage à une obligation réglementaire qu’à une conviction profonde. Pendant que les concurrents multiplient les hybrides rechargeables et démocratisent le tout électrique, la marque japonaise persiste à avancer avec prudence… pour ne pas dire avec réticence. Certes, il y a assurément une dose additionnelle d’électrification cette année avec l’arrivée des deux nouveaux électriques que sont l’Uncharted et le Trailseeker qui se joignent au Solterra, mais pour ce qui est du reste, Subaru propose depuis l’an dernier un Forester hybride et depuis quelques semaines seulement le Crosstrek hybride.

À ce propos, le plus récent Crosstrek électrifié nous revient avec une configuration plus traditionnelle, contrairement à la génération précédente qui allait un peu plus loin avec une architecture hybride rechargeable. Mais, avec une autonomie électrique ridicule (estimée à 27 km par RnC) et une variante trop cossue pour le commun des mortels, le seul Crosstrek à avoir été commercialisé avec un câble de recharge ne s’est vendu qu’au compte-gouttes.

Pour ce troisième opus, le constructeur semble davantage s’aligner sur la tendance du moment, celle qui priorise surtout les véhicules hybrides et un peu moins l’électrique pure. Reste maintenant à savoir si la réaction du public sera la même que pour les deux premiers Crosstrek à assistance électrique. L’ennui, c’est que les stratèges maintiennent cette voie à une seule variante – la plus dispendieuse de la gamme – qui limite l’accessibilité du modèle, contrairement à la gamme au sud de notre frontière qui offre une option légèrement moins coûteuse.

On a récemment conduit le Crosstrek Limited Hybride pendant quelques jours où Dame nature avait décidé de compliquer la vie des Montréalais avec des températures glaciales. Et comme c’est le cas pour tous les véhicules équipés d’une batterie, le rendement de notre véhicule d’essai a perdu quelques points au chapitre de la consommation de carburant. Résumé d’une semaine très froide au volant du Crosstrek Limited Hybride 2026.

Valeur 6,5 / 10

Avec un PDSF de 40 595 $, le Crosstrek Limited Hybride 2026 se place dans une zone dangereuse. Plus cher (que ses concurrents) pour être considéré comme un choix rationnel, pas assez sophistiqué pour séduire les inconditionnels de technologie. Son concurrent le plus proche, le Toyota Corolla Cross Hybride (en version SE 4RM) se détaille quant à lui 36 160 $, ce qui représente toute une économie pour l’acheteur qui recherche une solution fiable et frugale pour les prochaines années. Et comble de malheur pour Subaru, Toyota va même jusqu’à offrir un Corolla Cross Hybride XSE 4RM à un PDSF de 38 985 $, ce qui fait mal paraître le petit nouveau de Subaru.

Il est vrai que l’excellente traction intégrale et la très bonne réputation des produits de Subaru sauvent la mise ici, mais dans la jungle automobile en 2026, chaque dollar économisé a son mot à dire lorsqu’est venu le temps d’apposer sa signature au bas d’un contrat.

Équipement 7,5 / 10

L’équipement livré de série est dans la bonne moyenne du segment, quoique les plus sévères trouveront à redire sur l’absence de quelques gadgets comme l’affichage tête haute par exemple. Le Crosstrek – hybride ou non – figure toujours dans le camp abordable, ne l’oublions pas.

Outre quelques détails techniques, la livrée la plus onéreuse est aussi bien nantie que le Crosstrek Limited « sans hybride ». Et à ce chapitre, le multisegment urbain ne se prive pas avec une sellerie en cuir, des sièges avant chauffants, un volant chauffant, mais pas de sièges arrière chauffants, d’un écran tactile de 11,6 pouces, d’un panneau d’instrumentation de 12,3 pouces (exclusif à ce Crosstrek hybride), de jantes de 18 pouces au design exclusif, de coquilles de rétroviseurs couleur gris foncé et même d’une couleur de carrosserie limitée à ce modèle électrifié, le Jaune agrume nacré.

Design 8 / 10

Subaru n’a jamais été une marque audacieuse sur le plan stylistique, et le Crosstrek Hybride 2026 ne fait rien pour briser cette tradition. Les retouches spécifiques à la version hybride sont si discrètes qu’elles frôlent l’anonymat. À tel point qu’il faut surveiller le coffre ou les flancs pour trouver l’écusson « e-Boxer » qui confirme qu’on a bel et bien affaire à un modèle hybride.

Les habitués du modèle ne sont absolument pas dépaysés, le troisième opus qui reprend les forces des deux premières générations. Ce coloris « Dune de sable nacré » s’agence plutôt bien à ce petit véhicule à l’allure robuste. Pour ce qui est du reste, le Crosstrek hybride se distingue par ces jantes à quatre branches (au lieu de cinq sur les livrées essence). Les plus critiques affirment que le Crosstrek n’a pas vraiment évolué, mais nous pensons plutôt que cette formule fonctionne auprès des amateurs. À quoi bon la changer?

Sécurité 8 / 10

C’est ici que Subaru reprend son sérieux. Le Crosstrek Hybride 2026 demeure un modèle de rigueur en matière de sécurité active. La suite EyeSight continue de faire partie des meilleurs systèmes du segment, quoiqu’en hiver, il arrive que les essuie-glaces ne soient pas suffisants pour balayer la surface de la caméra montée dans le haut du pare-brise. Le système peut ainsi s’arrêter à l’improviste, avec une alerte qui apparaît derrière le volant.

Et on peut dire que le système est particulièrement sensible aux sorties de voies. Résultat : il est possible que le conducteur se tanne de cette réactivité en désactivant certains paramètres à travers l’écran tactile central. Parmi eux, on retrouve l’alerte de démarrage du véhicule de tête, l’assistance au centrage dans la voie, l’assistance au maintien de voie et alerte de louvoiement, l’assistant d’arrêt d’urgence, l’assistant de maintien de voie d’urgence, la fonction de braquage automatique d’urgence, le freinage précollision, la gestion de l’accélération précollision, sans oublier le régulateur de vitesse adaptatif.

Quant à sa prestation lors des tests de collision au sud de la frontière, le Crosstrek Hybride n’a pas réussi à se tailler une place parmi les meilleurs véhicules de son groupe, la mention Top Safety Pick qui ne lui a pas été attribuée, contrairement à la génération précédente. En revanche, l’édition hybride a reçu une mention cinq étoiles de la part de la NHTSA américaine.

Habitabilité 6,5 / 10

C’est ici que le lien avec la Subaru Impreza illustre ses limites. Malgré un format extérieur qui suggère une polyvalence familiale, le Crosstrek Hybride demeure étroit à l’arrière. Les passagers adultes s’y sentent un peu plus à l’étroit, surtout sur de longs trajets. L’intégration du système hybride gruge aussi le volume de chargement, déjà modeste. Subaru n’a clairement pas optimisé l’architecture pour l’électrification, et cela se ressent. À prix équivalent, plusieurs rivaux offrent plus d’espace, plus de flexibilité et moins de concessions. Toutefois, on gage un « vieux deux dollars » que cet aspect ne préoccupe pas trop les acheteurs.

Convivialité 6 / 10

Le système multimédia a beau être de grande taille, ça n’efface pas la lenteur de son contenu. En effet, il n’est pas rare de devoir attendre avant de voir l’application s’afficher. L’affichage est clair et les icônes sont de bonne taille, mais quand on doit patienter quelques secondes, ça finit par devenir agaçant à la longue. Les menus sont parfois trop chargés, et certaines fonctions essentielles demandent encore trop d’attention de la part de l’utilisateur.

Subaru mérite toutefois un réel compliment pour avoir conservé certaines commandes physiques pour la climatisation. Et il y a de l’espoir à l’horizon, car le constructeur a déjà corrigé le tir à bord de sa plus récente génération de l’Outback, dotée de plus de boutons physiques, d’un nouvel écran tactile plus ergonomique et plus rapide.

Confort 8 / 10

Le Crosstrek Hybride demeure fidèle à l’ADN Subaru : confortable sans être mou, ferme sans être pénible. Les suspensions encaissent bien les routes dégradées, et l’insonorisation s’améliore par rapport aux générations précédentes. Au risque de me répéter, le Crosstrek – hybride ou non – est parfait pour les routes usées de la belle province.

Et le poids ajouté par le système hybride n’a pas vraiment d’incidence sur le confort des occupants.

Puissance 6,5 / 10

 

Avec 196 chevaux combinés, le Crosstrek Hybride 2026 n’est pas sous-motorisé… mais il n’est jamais enthousiaste. Les accélérations sont correctes, sans plus, et la transmission CVT — fidèle à elle-même — fait chanter haut et fort le moulin 4-cylindres.

On sent que le groupe motopropulseur a été calibré pour l’économie, pas pour l’agrément. Ce choix est défendable, mais à ce niveau de prix, plusieurs concurrents offrent une réponse plus convaincante, voire franchement plus agréable. Et l’utilisation du système Si-Drive ne change pas grand-chose à la conduite.

Agrément de conduite 7 / 10

Le centre de gravité bas et la traction intégrale symétrique sauvent l’expérience de conduite. Sur chaussée glissante ou en conditions hivernales, le Crosstrek demeure rassurant et prévisible, deux qualités essentielles pour le marché canadien. Nous avons même pu le pousser un peu plus lors d’une accumulation de neige, en désactivant le système antipatinage, l’utilitaire sous-compacte qui demeure très facile à contrôler, que ce soit en ville entre deux bancs de neige ou sur l’autoroute mal déneigée. La garde au sol est vraiment un atout indéniable ici.

On ne peut pas vraiment affirmer que l’électrification ajoute une surdose d’énergie, mais il est vrai que lors des arrêts/départs, on sent ce couple supplémentaire avant que le moteur thermique ne prenne la relève. À ce sujet, nous avons trouvé que ce dernier intervient très souvent. Et vous devinez qu’à froid, le Crosstrek Hybride a besoin de quelques minutes pour retrouver un semblant d’efficacité énergétique. Autrement dit, à -20°C, ne vous attendez pas à pouvoir utiliser le mode « EV » très souvent, car c’est tout simplement impossible.

Ce n’est qu’après avoir été « décongelé » pendant quelques heures dans un stationnement souterrain du centre-ville que le Crosstrek s’est montré plus exemplaire au chapitre de sa moyenne de consommation. Bref, un véhicule qui dort au chaud la nuit sera moins gourmand à la pompe.

Consommation 7 / 10

Oui, le Crosstrek Hybride consomme moins que la version à essence. Mais les gains restent modestes. Avec une moyenne estimée à 6,5 L/100 km (contre 7,1 L/100 km pour le Crosstrek dépourvu d’hybridation), il fait mieux, mais ne révolutionne rien. Et en mode glacial, on parle davantage de 9 litres aux 100 km en moyenne. L’ordinateur de bord a même grimpé à 11 L/100 km pendant une heure ou deux avant de redescendre. Heureusement d’ailleurs, car ce résultat est digne d’un modèle Subaru des années 2000.

Conclusion

Le Subaru Crosstrek Hybride 2026 est un véhicule honnête qui sera assurément plus efficace au retour du beau temps, mais le supplément exigé pour repartir à son volant est trop élevé à notre avis. D’autant plus que le modèle à moteur thermique n’est vraiment pas vilain à la pompe, et ce, sans sacrifier l’agilité et la motricité du baroudeur urbain. Si toutefois, vous voulez absolument un multisegment hybride de taille sous-compacte, le Corolla Cross de Toyota est un meilleur outil pour sauver sur la facture d’essence.

Avec l’état des routes à Montréal et ailleurs au Québec, un Subaru Crosstrek est de plus en plus identifié comme une solution passe-partout pour une majorité d’automobilistes. L’espace intérieur n’est pas aussi impressionnant que dans un Outback ou le plus imposant Ascent, mais le Crosstrek demeure pratique malgré tout. Et si ça déborde, il y a toujours l’option d’installer une boîte de chargement sur le toit, grâce aux longerons de toit.

N’oublions jamais ce dicton qui dit que « dans les petits pots, les meilleurs onguents ». Dans ce cas bien précis, ce n’est pas tout à fait vrai, mais pour le Crosstrek non hybride, vous avez notre bénédiction.

Caractéristiques
Cylindrée
2,5L
Nb. de cylindres
H4 hybride
Puissance
194 ch
Couple
199 lb-pi
Consommation de carburant
6,5/6,5/6,5 L/100 km ville/route/comb
Volume de chargement
564 / 1,549 L
Modèle à l'essai
Subaru Crosstrek Limited Hybride 2026
Prix de base
40 595 $
Taxe climatiseur
100 $
Frais transport et préparation
2 295 $
Prix tel qu’essayé
43 460 $
Équipement en option
Aucune

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Ayant étudié en journalisme à l’Université de Montréal, Vincent Aubé a décidé de joindre l’utile à l’agréable en consacrant sa carrière à couvrir tout ce qui a quatre roues et un volant.