Acheter un véhicule d’occasion en situation d’urgence pour terminer l’hiver : à faire et à éviter
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L’hiver, c’est connu, peut être particulièrement difficile pour les véhicules, spécialement ceux plus âgés. Ainsi, il n’est pas rare de voir des modèles rendre l’âme au milieu de la saison froide, forçant du coup leurs propriétaires à agir rapidement pour se trouver une nouvelle monture.
L’auteur de ces lignes est présentement en train d’aider une amie qui voit son VUS de l’année 2008 tomber en ruines. Une véritable course contre la montre vient d’être lancée. Notre objectif : trouver un autre modèle avant que l’actuel cesse de fonctionner pour de bon.
Cette situation n’est pas rare. C’est pourquoi nous avons pensé vous fournir un guide pratique, un guide d’urgence si vous vous retrouvez dans la même situation et devez changer de véhicule très rapidement alors que l’hiver frappe de plein fouet. Acheter un véhicule d’occasion en cette saison représente un défi, mais il cache aussi certains avantages insoupçonnés.
Voici tout ce que vous devez savoir pour faire le bon choix.
Le bon moment ?
Il est difficile d’affirmer qu’un moment de l’année est meilleur qu’un autre pour faire l’achat d’un véhicule d’occasion, mais l’hiver présente ses avantages. Parce que les ventes sont moins élevées pendant la saison froide, vous allez rencontrer des vendeurs plus motivés si vous faites affaire avec un concessionnaire. Même les particuliers qui doivent se débarrasser d’un modèle l’hiver ont hâte de le voir partir pour ne plus avoir à le déneiger ou à le déplacer pour les opérations de pelletage.
Votre pouvoir de négociation est donc excellent.
Maintenant, passons aux éléments concrets à vérifier lors de votre recherche de modèles.
Les pneus d’hiver
Souvent, lorsqu’on fait l’achat d’un véhicule d’occasion l’été, on doit ensuite se procurer des pneus d’hiver. Là, ils sont déjà montés sur le modèle, ce qui vous évite un tracas. Qui plus est, il y a de très fortes chances que les pneus d’été soient inclus dans la vente. Bien sûr, leur état doit être vérifié, car l’hiver est loin d’être terminé. Si la profondeur de leur semelle est inférieure à 6/32, passez votre tour. Idem s’ils sont de marques différentes et présentent des usures inégales. Assurez-vous également que le modèle convoité n’est pas équipé de pneus « quatre saisons » qui ne sont pas homologués pour l’hiver, ou encore des pneus qui sont trop vieux (six ou sept ans).
Batterie et démarrage à froid
Si vous effectuez un essai routier du véhicule recommandé, ce que l’on conseille FORTEMENT, demandez au vendeur ou au concessionnaire de ne pas faire démarrer ledit véhicule avant votre arrivée. Pourquoi ? Parce que vous voulez vérifier la qualité du démarrage à froid, ce qui va vous permettre de constater si la batterie et le système d’allumage font bien leur travail. Idem pour le système de chauffage. Vous verrez combien de temps il met à se manifester pour augmenter la température de l’habitacle. Si l’air est tiède après 15 minutes, ou si les vitres sont toujours embuées, vous saurez que le système est faible et que des réparations seront éventuellement nécessaires. Il en va de votre sécurité.
Lorsqu’on achète un véhicule avant le début de l’hiver, on peut avoir droit à des surprises si ces éléments sont faibles. Là, vous avez droit à un test sous des conditions réelles. Saisissez l’occasion pour faire ces vérifications.
Et méfiez-vous si le vendeur insiste pour faire démarrer le véhicule lui-même, si des câbles de survoltage sont présents dans le coffre, si le moteur tourne lentement au démarrage et également si l’intensité des lumières à bord baisse au moment de tourner la clef.
La rouille
Au-delà des composants mécaniques, l’hiver révèle aussi l’ennemi numéro un des véhicules qui roulent au Québec : la rouille. Selon l’âge du modèle convoité, il sera important de vérifier l’état de la carrosserie, voire de la structure, afin de voir si la rouille et la corrosion sont à un stade trop avancé. Si vous voyez des trous dans les passages de roue, de la rouille et des perforations sur les longerons du châssis (sous les bas de portes, sur les flancs), un châssis percé ou endommagé par la rouille, passez votre chemin, même si l’objectif est de seulement terminer l’hiver (deux mois). De la rouille qui affecte la structure, ça peut mettre votre sécurité en danger.
Cela dit, un peu de rouille de surface sur un modèle plus vieux, c’est tout à fait normal; surveillez les cas graves.
Aussi, prenez le temps de demander si des traitements antirouille ont déjà été effectués. Souvent, ce sera visible en raison d’un état de conservation supérieur, mais posez la question quand même et surveillez la réponse du vendeur.
L’état mécanique
Ce qui est plus difficile à vérifier, c’est l’état général de la mécanique. Bien sûr, si cette dernière fonctionne comme un tracteur, prenez vos cliques et vos claques et déguerpissez. En revanche, un moteur qui tourne bien est un bon signe, mais ça ne dit pas tout. Les changements d’huile peuvent avoir été négligés, tout comme le remplacement des autres liquides du moteur (transmission, frein, refroidissement).
Ainsi, demandez au vendeur des preuves d’entretien. Les gens qui prennent soin de leur modèle ont tendance à conserver les factures et tout ce qui a été fait sur leur véhicule, afin de pouvoir le fournir à un acheteur éventuel. Vérifiez si vous pouvez avoir accès au rapport CarFax sur l’historique d’entretien. Ça vous indiquera aussi si le modèle a déjà été accidenté.
Vous voudrez vous assurer de vérifier l’état des freins, de la suspension, de la direction et de l’échappement.
Toutes ces vérifications sont essentielles, mais rien ne remplace un bon essai routier pour révéler les problèmes cachés.
Ici, il est important de mentionner l’avantage de faire affaire avec un marchand de véhicules d’occasion qui doit vous proposer un modèle en bon état de marche. De courtes garanties sont souvent offertes, ce qui est rassurant. Soyez certains d’être aux aguets sur ce point.
L’essai routier
Enfin, on le mentionnait plus tôt, il est très important de procéder à un essai routier. Essayez d’éviter les balades de 5 minutes. Plutôt, prévoyez un trajet de 20 à 30 minutes qui vous permettra de vérifier la conduite urbaine avec des situations de freinage, mais aussi la conduite sur autoroute. Parfois, certaines vibrations ne sont perceptibles qu’au-delà de 80 ou de 90 km/h.
Aussi, après avoir testé la radio, éteignez-la afin de pouvoir entendre tous les bruits provenant du véhicule, que ce soit des cliquetis, des sons louches provenant du système de ventilation, ou encore de la mécanique ou du système de freinage.
Bref, le moment est sérieux et la concentration est de mise.
L’inspection
Enfin, ce qui est primordial lors de l’achat d’un véhicule d’occasion, que ce soit l’hiver ou à tout moment de l’année, c’est de procéder à une inspection. Oui, vous aurez à débourser 100 $ ou 150 $ pour ce faire, mais dites-vous que l’exercice va peut-être vous faire épargner des milliers de dollars en réparation. Si vous devez faire inspecter quatre modèles avant de trouver le bon, cela va vous coûter 500 $. Nous en sommes conscients.
À long terme, toutefois, ce sera cependant très payant.
Puis, selon ce que vous dira votre expert, vous pouvez ensuite vous servir des informations pour faire baisser le prix. Par exemple, si la suspension avant doit être en partie remplacée au coût de 1000 $, c’est un bon argument pour faire baisser le prix du modèle du même montant.
Idem pour l’état de la batterie, des pneus, etc. En respectant toutes ces étapes, il est possible de faire baisser le prix de 1500 $ ou de 2000 $, facilement, selon l’état du véhicule bien sûr.
Le choix du modèle
Pour ce qui est du modèle, alors là, il faut faire attention. Bien entendu, son état est important, tout comme son historique d’entretien. Un véhicule reconnu comme étant moins fiable peut se montrer plus intéressant qu’un autre qui jouit d’une bonne réputation en matière de fiabilité, mais qui a été mal entretenu.
Cependant, il y a des consensus. Un produit Toyota, Honda ou Mazda, par exemple, risque de vous satisfaire davantage et de vous coûter moins cher en réparation à long terme qu’un produit Ford ou Jeep, ou encore un véhicule de luxe provenant des marques allemandes, réputées moins fiables et plus chères à réparer.
Le mot de la fin
Vous le voyez, il y a des étapes à suivre et à respecter si vous avez besoin de faire rapidement l’acquisition d’un véhicule d’occasion en hiver.
Les impondérables sont nombreux et les vérifications sont multiples. Dites-vous que plus vous serez rigoureux lors de votre processus d’achat, meilleures seront vos chances de mettre la main sur un modèle qui va vous offrir une entière satisfaction.
Soyez certains de consulter les experts nécessaires et indépendants afin d’être bien conseillés.
Bon magasinage.

