Avis d'expert

Mercedes-Benz EQS VUS 2023 : essai routier

8,1
10
SCORE AutoHebdo
Ce score est attribué par notre équipe d’experts après des tests approfondis de la voiture
  • DESIGN
    6/10
  • Sécurité
    9/10
  • HABITABILITÉ
    7/10
  • CONVIVIALITÉ
    7/10
  • CARACTÉRISTIQUES
    9/10
  • PUISSANCE
    9/10
  • CONFORT
    10/10
  • AGRÉMENT DE CONDUITE
    7/10
  • CONSOMMATION DE CARBURANT
    9/10
  • VALEUR
    8/10

Il y a quelques mois à peine, les gens de la marque à l’étoile d’argent me confiaient cette Classe S nouveau genre ou, si vous préférez, la première véritable voiture électrique de la marque de Stuttgart à poser ses pneus chez nous. La Mercedes-EQS 580 4MATIC 2022 m’avait charmé à plusieurs égards, et ce, même si mon cœur était encore sous l’emprise de la Classe S, celle qui sort de l’usine avec un moteur V8 sous le capot.

Cette fois, je reprends le volant du cousin plus lourd de la berline EQS, j’ai nommé le VUS EQS, ou EQS SUV dans la langue de Shakespeare. Les liens avec la catégorie des grands véhicules sont plutôt clairs chez Mercedes-Benz. Le « S » dans l’appellation « EQS » signifie qu’il s’agit d’une Classe S à motorisation électrique et on fait facilement le lien avec l’utilitaire GLS qui fait aussi quant à lui partie de la gamme thermique de la marque.

C’est une fois de plus au volant d’une livrée 580 4MATIC que cet essai s’est déroulé, quoique pour l’occasion, le multisegment électrique allait devoir se battre avec des conditions hivernales. Et compte tenu de l’intérêt des consommateurs canadiens pour la marque allemande, le constructeur a intérêt à livrer la marchandise lorsqu’il est question de résister à nos conditions capricieuses.

Portrait d’un VUS électrique hyper confortable, lourd et assurément trop avancé pour votre humble serviteur.

Design : 6/10

L’an dernier, j’accordais la note très ordinaire de 6 sur 10 à la berline EQS, la voiture qui n’offre pas la même élégance que celle de la bonne vieille Classe S à essence à mon humble avis. Et je n’ai d’autre choix que de tenir le même discours pour le VUS EQS. Je l’admets, un véhicule électrique doit être aérodynamique au possible et l’EQS haut sur pattes respecte cette affirmation, mais ça manque de panache à mon humble avis.

On retrouve d’ailleurs la même ambiance que sur la berline, ainsi que sur les autres VÉ fort attendus en Amérique du Nord, ceux qui porteront le nom EQE. Ce bouclier lisse essaye tant bien que mal de séduire avec son motif à trois pointes, sans oublier l’étoile d’argent et cette bande lumineuse qui traverse la devanture pour se jeter par-dessus les blocs optiques.

Derrière, c’est la même histoire avec ce feu de position qui traverse le véhicule de gauche à droite. Disons seulement que pour un VUS dont le prix de base est de 136 000 $ (dans sa livrée la plus abordable), le design est un trop sobre à mon goût. C’est le prix à payer pour gagner quelques kilomètres d’autonomie, j’imagine!

Sécurité : 9/10

Je n’étonnerai personne en affirmant que ce VUS est fortement équipé pour assurer la sécurité de ses passagers. La présence du groupe optionnel Haut de gamme ajoute d’emblée la direction arrière à angle plus prononcé, les roues qui peuvent tourner sur un angle de 10 degrés, tandis que l’affichage tête haute constitue certainement un autre outil pour garder les yeux sur la route et non sur cet univers digital à la première rangée. En fait, il y a tellement d’options dans cet écran central ou même celui réservé pour le passager que je recommanderais un copilote pendant la conduite. Vous voulez un exemple?

Je cherche encore le fameux bouton pour le volant chauffant, une fonction que j’ai heureusement pu activer avec la reconnaissance vocale MBUX. Pour moi, la complexité de cet écran nuit à l’expérience de conduite. Après seulement quelques jours d’utilisation, je ne m’étais pas encore habitué à l’écran tactile central.

Mentionnons tout de même qu’il y a aussi l’aide au stationnement, le régulateur de vitesse intelligent avec aide à la conduite et maintien dans la voie, l’aide au changement de voie automatisée, la surveillance des angles morts, le freinage automatique avec détection des piétons et des cyclistes, la surveillance de l’attention du conducteur et bien plus encore.

Habitabilité : 7/10

Le VUS EQS peut être commandé avec une troisième rangée de sièges, mais cette banquette d’une valeur de 2 400 $ brillait par son absence pour ce premier contact en sol canadien. Notez aussi que pour chauffer le postérieur des passagers de cette troisième rangée, il faut ajouter 1 500 $ à l’équation. Bref, la troisième rangée à bord d’un VUS EQS n’est pas donnée.

L’EQS appartient peut-être à la catégorie des utilitaires pleine grandeur, disons que l’espace intérieur ne semble pas aussi impressionnant que dans les gros véhicules à essence par exemple. Bon, n’allez pas croire un seul instant que les passagers sont à l’étroit, mais pour l’espace des jambes, il y a de meilleures options. C’est peut-être la présence des deux écrans de divertissements à l’arrière qui nuit à cette impression de grandeur.

À l’avant, les passagers nagent dans le luxe, mais cette imposante console centrale jumelée à cette planche de bord vitrée remplit le volume à la première rangée. Et dans le coffre, le nombre de litres disponibles n’équivaut pas à ce qui est disponible dans le GLS, avec 645 L avec la deuxième banquette en place et 1 209 L lorsque la banquette de deuxième rangée est en place dans le GLS. Il y a quand même un bon coffre à l’arrière de ce vaisseau amiral et il y a même de l’espace sous le plancher de ce dernier… pour les objets qu’on ne veut pas laisser à la vue des passants.

Convivialité : 7/10

À l’instar de la berline EQS, le VUS du même nom reçoit lui aussi cet immense panneau de verre qui recouvre les trois écrans de la planche de bord. Il faut tout de même préciser que cette option n’est pas la seule disponible, puisque le constructeur propose aussi une option simplifiée avec un écran logé derrière le volant et un autre, plus vertical qui est directement lié à la console centrale.

Mais, dans ce cas-ci, c’était le fameux MBUX Hyperscreen qui était placardé devant les occupants de la première rangée. Le système d’infodivertissement propose des graphiques très clairs, ainsi qu’une bonne réactivité aux commandes tactiles, mais il s’avère complexe et nécessite une période d’acclimatation. Certaines commandes sont difficiles à exécuter, comme la désactivation du système antipatinage qui est cachée dans un sous-menu ou le fameux bouton pour le volant chauffant mentionné plus tôt. À ce chapitre, la reconnaissance vocale a sauvé la mise, mais clairement, il y a du travail à faire pour rendre ce système plus simple à utiliser.

Confort : 9,5/10

En bon VUS pleine grandeur électrique, l’EQS dorlote ses occupants avec des sièges moelleux avec fonctions de massage et même des oreillers d’appoint sur les appuie-têtes. La suspension à air s’occupe quant à elle d’isoler les passagers de ces énormes trous aperçus sur la chaussée à cette période de l’année – l’essai a été réalisé au début du mois de mars – ; le VUS EQS est une Classe S avec une silhouette utilitaire après tout.

Bref, il règne une ambiance sereine à l’intérieur du multisegment électrique avec comme seul bruit de fond le roulement des pneus d’hiver… et les querelles de mes enfants à la deuxième rangée!

Puissance : 9/10

Plus lourd que la berline EQS, l’utilitaire a droit à quelques chevaux de plus sous le pied droit. En effet, au lieu des 516 purs-sangs de la voiture, c’est plutôt 536 chevaux qui sont extirpés des deux moteurs à aimants permanents. Le couple, quant à lui, est fixé à 631 lb-pi. Franchement, ces chiffres sont suffisants pour mouvoir ce véhicule de plus de deux tonnes et demie, mais on ne parle pas ici d’un monstre qui rive ses passagers à leurs sièges lors des fortes accélérations. Disons seulement que le poids du VUS a son mot à dire dans l’équation.

Agrément de conduite : 7/10

Au risque de me répéter, le VUS EQS est un cocon sur roues qui mise surtout sur le confort de ses passagers. Et il est rassurant de voir qu’il n’y a aucun écusson AMG sur les flancs de cette livrée 580, car la sportivité n’est pas la priorité ici.

Il y a bien quelques modes de conduite qui raidissent les ajustements du châssis et de la mécanique, mais le VUS EQS 580 4MATIC n’est pas un maître de l’agilité. Le poids, encore lui, vient miner les distances de freinage, tandis que la direction n’est pas la plus précise et lorsque le véhicule est placé en mode Confort, il y a du roulis dans les virages abordés avec trop de vélocité.

Néanmoins, pour les balades interminables sur l’autoroute – ou sur une route panoramique par exemple – l’EQS est un excellent choix pour voyager en plein confort. Pour les émotions fortes, il faudra attendre la livrée AMG.

Économie de carburant : 9/10

Dans son calcul de consommation, l’ÉnerGuide canadien (de RnC : Ressources naturelles Canada) annonce une moyenne de 27,3 kWh/100 km. Pour ma part, cette balade sur l’autoroute a gonflé la consommation d’électrons, puisque j’ai terminé ma semaine avec un résultat de 29,1 kWh/100 km. En privilégiant une conduite urbaine et plus de récupération d’énergie au freinage, il serait plus facile de frôler les prédictions du ministère fédéral.

Quant à l’autonomie, Mercedes-Benz annonce une distance possible de 459 km, mais avec le froid du mois de mars, cette distance descend bien en-deçà des kilomètres promis, davantage aux alentours de 375 km. Il faut dire que la température a été plus clémente pendant ces quelques jours de conduite.

Caractéristiques : 9/10

Le Mercedes-Benz EQS 580 4MATIC est un VUS fort bien nanti à la base, mais pour profiter d’un maximum d’options, il faut accepter de débourser quelques dollars supplémentaires.

Dans le véhicule prêté pour quelques jours, le groupe optionnel Réalité augmentée dans l’Affichage tête haute dans l’univers MBUX (3 100 $), l’ensemble haut de gamme de divertissement aux places arrière (5 000 $), le groupe Haut de gamme (8 000 $) et la sellerie haut de gamme à l’arrière (4 000 $) viennent se greffer au prix de départ de 158 500 $.

Valeur : 8,5/10

La valeur des véhicules électriques grimpe en flèche, et avec raison d’ailleurs. Le prix de l’essence en est la cause principale, mais l’opinion publique se veut de plus en plus favorable à l’électricité comme source d’énergie à bord de l’automobile. Avec un prix de base de 158 500 $, l’utilitaire nouveau genre de Mercedes-Benz n’est vraiment pas un véhicule abordable. L’EQS VUS vise les acheteurs du Tesla Model X ou ceux qui ont arrêté leur choix sur l’Audi e-tron par exemple. Son prix n’est donc pas si farfelu quand on y pense.

Conclusion

L’ajout du VUS EQS dans les rangs de la marque est une bonne nouvelle pour les stratèges, mais aussi pour les consommateurs en moyens qui préfèrent le format utilitaire. Toutefois, je persiste à croire que le design un peu trop effacé du véhicule pourrait refroidir quelques consommateurs voulant s’afficher au volant d’un nouveau modèle électrique dernier cri.

Mais, pour les autres, le plus gros des EQS vient cimenter l’offensive électrique de la marque en sol canadien qui, au cas où vous ne le sauriez pas, sera bientôt rejoint par l’EQB ainsi que le duo EQE (avec une berline et un multisegment).

Les concurrents
Caractéristiques
Cylindrée 400 kW
Nb. de cylindres 2 moteurs électriques
Puissance 536 ch
Couple 631 lb-pi
Consommation de carburant 3,0 / 3,2 / 3,1 Le/100 km, 26,1 / 28,0 / 27,3 kWh/100 km ville/route/comb; 459 km autonomie (est.)
Volume de chargement 651 / 2 010 / 2 095 L derrière la 3e/2e/1re rangée
Modèle à l'essai Mercedes-Benz EQS VUS 580 4MATIC 2023
Prix de base 158 500 $
Taxe climatiseur 100 $
Frais transport et préparation 2 995 $
Prix tel qu’essayé 181 695 $
Équipement en option
20 100 $ – Groupe Affichage Tête Haute Réalité Augmentée, 3 100 $; Groupe Système de divertissement arrière haut de gamme, 5 000 $; Ensemble Haut de gamme, 8 000 $; Groupe sièges arrière haut de gamme, 4 000 $